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COP17 en Arménie

La biodiversité face à l’urgence de passer aux actes

19 octobre 2026, 08:30

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La biodiversité face à l’urgence de passer aux actes

Le complexe sportif et de concerts Karen Demirchyan à Erevan, la capitale arménienne, le 15 octobre. (Crédit photo : AFP)

Près de 200 pays se retrouvent à partir de ce lundi 19 octobre à Erevan, en Arménie, pour la 17ᵉ Conférence des Parties (COP) à la Convention sur la diversité biologique. Pendant deux semaines, les délégations vont tenter de relancer une protection de la nature qui peine à avancer, alors que la déforestation, les pollutions et la surexploitation des ressources continuent de détruire les écosystèmes. Les organisateurs attendent jusqu’à 15 000 participants.

Un bilan intermédiaire préoccupant

Cette COP intervient quatre ans après l’adoption du cadre mondial de Kunming-Montréal, souvent présenté comme l’équivalent de l’accord de Paris pour le climat. Ce texte fixait 23 objectifs à atteindre d’ici la fin de la décennie. Le premier bilan, dévoilé jeudi dernier, est sévère : presque tous les objectifs accusent du retard. Cela concerne notamment la protection des aires terrestres et marines, la réduction des subventions nuisibles à la nature et la défense des peuples autochtones.

Le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a reconnu que le monde n’était «pas encore sur la bonne voie». Il a appelé les États à transformer leurs engagements en actions concrètes. Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres, a pour sa part demandé «plus d’actions, plus de rapidité et plus de volonté», dénonçant une «guerre contre la nature» qui se poursuit.

Le nerf de la guerre : l’argent

Le retard est particulièrement marqué sur les aides publiques aux activités nocives pour l’environnement, dont les énergies fossiles. Elles sont évaluées à USD 2 600 milliards par an, alors que l’accord prévoit de les réduire d’au moins USD 500 milliards annuels d’ici 2030. António Guterres a été catégorique : subventionner les énergies fossiles revient, selon lui, à «subventionner le suicide».

Les engagements financiers sont eux aussi dans le rouge, en particulier l’aide des pays riches vers les pays en développement. Le ministre chinois de l’Environnement, Huang Runqiu, a évoqué un «énorme déficit de financement». Les pays développés, Union européenne en tête, souhaitent que la Chine et les grands pays émergents contribuent davantage. Ces discussions se déroulent dans un contexte tendu : l’aide publique au développement a nettement diminué ces trois dernières années et le multilatéralisme traverse une crise profonde depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Le sujet des financements devrait aussi peser sur la COP31 sur le climat, prévue trois semaines plus tard en Turquie.

Quels critères de réussite ?

Pour le président de la COP17, le ministre arménien de l’Environnement, Hambardzum Matevosyan, le succès se mesurera à la capacité de la conférence à traduire les engagements politiques en «mesures concrètes» et en progrès mesurables. Adil Najam, président du World Wildlife Fund International, a résumé l’enjeu : le monde n’a pas besoin d’une nouvelle vision, mais d’actions. Sébastien Moncorps, de l’Union internationale pour la conservation de la nature France, estime que la COP serait réussie si elle permettait d’accélérer sur les 23 objectifs et de progresser sur les financements, qu’il s’agisse des subventions néfastes ou des flux publics et privés.

Avec les extinctions d’espèces, la dégradation des forêts et des récifs coralliens et la multiplication des catastrophes naturelles, l’urgence ne fait plus de doute. Reste à savoir si Erevan sera le lieu d’un véritable sursaut.

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