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Messe pour la paix

Mgr Jean Michaël Durhône : «La paix demande aussi de travailler pour la justice sociale»

18 octobre 2026, 20:30

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Mgr Jean Michaël Durhône : «La paix demande aussi de travailler pour la justice sociale»

Mgr Jean Michael Durhône a lors de la messe pour la paix célébrée en l’église de Saint-Pierre-ès-Liens, samedi, appelé au retour au calme, au dialogue et à une réflexion collective sur la justice sociale.

À peine rentré de Rome, Mgr Jean Michael Durhône s’est rendu, samedi matin, au chevet d’Élodie Thomas, hospitalisée depuis une semaine. Quelques heures plus tard, lors de la messe pour la paix célébrée en l’église de Saint-Pierre-ès-Liens, l’évêque de Port-Louis a dans son homélie, lancé un appel au calme, au dialogue et à la responsabilité collective. «J’ai été frappé par sa détermination. Nous avons prié ensemble», a-t-il confié à propos de sa rencontre avec la jeune femme.

Mgr Durhône a également dénoncé le «voyeurisme» qui s’est exprimé sur les réseaux sociaux autour de son état de santé. «Certains l’avaient déjà envoyée six pieds sous terre», a-t-il déploré, appelant à une réflexion sur le pouvoir des images et des informations à influencer les consciences. Pour lui, la crise que traverse le pays ne peut toutefois être dissociée d’un malaise social plus profond.

Le pasteur catholique condamne les violences et les destructions, tout en estimant qu’elles doivent interpeller sur les blessures qui traversent la société. «Cela ne veut pas dire que nous cautionnons cela», a-t-il précisé, évoquant notamment les dégâts causés aux biens communs, au métro ou encore aux infrastructures. «Quand une personne s’exprime par la violence, cela veut dire qu’il y a quelque chose en elle qui est blessé et cassé.»

Pour l’Église, a-t-il poursuivi, il s’agit aussi d’être présente «dans les cœurs blessés» et de favoriser le dialogue entre les différentes communautés religieuses et culturelles. La question de la justice sociale a donc été au cœur de son message. «Un développement d’un pays passe par l’attention aux plus pauvres», a-t-il affirmé, s’interrogeant sur l’écart persistant entre les plus riches et les plus vulnérables et sur la place de la classe moyenne.

La violence ne résout pas l’injustice

La violence, insiste-t-il, ne peut constituer une réponse à la souffrance ou à l’injustice. La voie à privilégier passe, selon lui, par la solidarité, le dialogue et une prise de conscience collective. «La paix, c’est une absence de guerre et de violence, mais c’est aussi une œuvre de justice», a-t-il rappelé. L’évêque a également pointé du doigt le rôle des réseaux sociaux dans l’escalade des tensions. Fake news, images sorties de leur contexte et messages pouvant attiser le communalisme sont, selon lui, susceptibles de fragiliser davantage le tissu social. Tant les médias que les influenceurs et les responsables politiques ont donc une responsabilité particulière dans la manière dont l’information est relayée. «Il ne faut pas attiser la violence, mais travailler avec les autorités par un chemin de communion», a-t-il insisté, tout en appelant chacun à mesurer la portée de ses paroles et de ses actes.

Au lendemain d’une semaine marquée par de fortes tensions, Mgr Durhône a aussi dit penser aux enfants et à ce qu’ils ont pu voir. Un rappel que, derrière les images de colère et de désordre, se joue également la transmission d’une société à la génération suivante.

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