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Au lendemain d’une mobilisation contre la vie chère, des villes dévastées par les violences et les pillages
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Au lendemain d’une mobilisation contre la vie chère, des villes dévastées par les violences et les pillages
Pillage d'un magasin Picard à Paris, le 17 octobre (Photo : GEOFFROY VAN DER HASSELT-© AFP)
Au lendemain de la mobilisation nationale du samedi 17 octobre contre la vie chère, la France découvre, ce dimanche, l’ampleur des dégâts provoqués par une journée marquée par des violences, des pillages et des affrontements avec les forces de l’ordre. À six mois de l’élection présidentielle, ces débordements ont éclipsé les revendications sociales des manifestants.
Selon des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) présents sur le terrain, les scènes de violence, parfois accompagnées de slogans révolutionnaires, ont semblé plus intenses et plus étendues que celles observées lors des émeutes de 2023 et des mobilisations des gilets jaunes entre 2018 et 2019.
Des bâtiments publics et des commerces pris pour cible
À Paris et dans plusieurs grandes villes françaises, des centaines de bâtiments publics, d’institutions et de commerces ont été vandalisés ou pillés. Des rues entières se sont retrouvées couvertes de débris, tandis que des deux-roues incendiés jonchaient certaines artères des centres-villes.
À Marseille, Lille, Angers et Bordeaux, des manifestants ont pénétré dans des mairies et des préfectures pour y commettre des dégradations. À Lyon, une antenne de l’office de tourisme a été incendiée. À Limoges, l’Hôtel de Ville, édifice datant du XIXe siècle, aurait été en grande partie détruit par les flammes.
Dans la capitale, le maire socialiste Emmanuel Grégoire a dénoncé des destructions systématiques dans plusieurs rues. Avec ses homologues de Lyon et de Marseille, il a demandé une rencontre avec le Premier ministre Sébastien Lecornu dès le début de la semaine.
Face à ces violences, le président Emmanuel Macron a condamné les actes de vandalisme et promis des poursuites contre leurs auteurs. Dans un message publié sur X, il a assuré que les responsables des attaques contre les commerces, les préfectures et les mairies seraient sanctionnés, appelant à défendre les institutions républicaines.
Selon le bilan communiqué par l’exécutif, 1 200 personnes ont été interpellées samedi et 150 policiers et gendarmes ont été blessés. Plusieurs manifestants ont également subi des blessures, parfois graves. À Saint-Étienne, un adolescent de 17 ans aurait notamment perdu une main après l’explosion d’une grenade utilisée par les forces de l’ordre.
Après une visite nocturne auprès des policiers et gendarmes mobilisés, Sébastien Lecornu a estimé que le bilan humain aurait pu être bien plus lourd. Il a également interpellé La France insoumise (LFI), appelant le mouvement de Jean-Luc Mélenchon à choisir entre le soutien aux institutions républicaines et celui aux auteurs des violences.
De son côté, le ministre du Commerce, Serge Papin, a assuré que les services de Bercy étaient mobilisés pour accompagner les commerçants touchés par les dégradations.
La mobilisation sociale au cœur des tensions politiques
Initialement organisée pour dénoncer la hausse du coût de la vie, cette journée de protestation devait rassembler différents mouvements sociaux, notamment des lycéens mobilisés depuis plusieurs semaines et d’anciens gilets jaunes. La flambée des prix des carburants figurait parmi les principales préoccupations des participants.
À Strasbourg, Régine Monfroid, une éducatrice interrogée par l’AFP, a expliqué être descendue dans la rue pour dénoncer les faibles salaires et l’augmentation constante des loyers.
Présent dans le cortège parisien, Jean-Luc Mélenchon a condamné les pillages et les saccages, affirmant que ces actes n’avaient pas leur place dans le mouvement qu’il soutient. Il a toutefois accusé le Premier ministre d’avoir laissé la situation se détériorer et critiqué la stratégie de maintien de l’ordre, particulièrement à Paris.
Marine Le Pen a, pour sa part, vivement attaqué La France insoumise, accusant les députés proches de Jean-Luc Mélenchon de contribuer à légitimer la violence et le désordre par leurs prises de position.
À six mois de l’élection présidentielle, cette crise sociale accentue ainsi les tensions entre le Rassemblement national (RN) et La France insoumise. Selon plusieurs sondages récents cités dans le contexte de cette mobilisation, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon pourraient se retrouver face à face au second tour du scrutin.
Un lourd bilan économique attendu
Alors que les violences se sont poursuivies jusque tard dans la soirée de samedi, notamment à Paris, les autorités redoutent désormais des conséquences financières considérables.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a averti que le coût des dégradations serait particulièrement élevé dans l’ensemble du pays. Le président de la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), Alexandre Bompard, a également exprimé ses inquiétudes concernant les répercussions économiques et financières pour les entreprises du secteur.
À Angers, le maire Christophe Béchu a regretté que les fonds publics nécessaires à la réparation des dégâts ne puissent être consacrés à d’autres priorités.
Au-delà des destructions matérielles, cette journée du 17 octobre laisse ainsi la France confrontée à une double crise, sociale et politique, sur fond de pouvoir d’achat en baisse, de tensions sécuritaires et de campagne présidentielle.
Source : AFP
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