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Un pouvoir fragilisé sur tous les fronts !

18 octobre 2026, 08:30

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Un climat d’incertitude, un gouvernement sous pression et une démission qui affaiblit davantage une majorité encore sonnée par les événements de ces derniers jours ! Après le départ du trio Bérenger père-fille-Baboolall, c’est le député du no 19 (révoqué en juillet par Ramgoolam) qui choisit ce moment particulièrement délicat pour claquer la porte du PTr, rejoignant ainsi les rangs de l’opposition, en exposant davantage la fragilité d’une équipe de la majorité, attendue plus que jamais au tournant !

Après une semaine marquée par des scènes de désordre, des vols, des pillages et des actes de violence, l’opinion publique attend des réactions concrètes de la part d’un gouvernement dont l’écrasante victoire de 2024 est à la hauteur de son impopularité, seulement deux ans plus tard !

Quels enseignements Ramgoolam et les siens tireront-ils de ces débordements qui ont inquiété les Mauriciens, perturbé les transports et conduit à l’instauration de couvre-feux étalés sur plusieurs jours ? En marge du rétablissement de l’ordre, après quelques jours de troubles, quelle stratégie adopteront les autorités afin de mieux identifier les facteurs ayant conduit à cette escalade qui, malgré le retour des jours plus calmes, laisse perdurer un sentiment de malaise dans l’air ?

L’analyse de ces causes est d’autant plus pertinente que, derrière les images de pneus incendiés, de cocktails Molotov lancés sur des postes de police et des scènes de troubles – suivies d’une série d’arrestations, dont celles de plusieurs mineurs –, les motivations sont toujours floues, entre les différentes interprétations, les hypothèses contradictoires et autres interrogations persistantes.

Alors que pour certains, cette colère trouve ses racines dans une frustration collective, nourrie par les pénuries d’eau, le coût de la vie, la hausse des prix des carburants et accentuée par le tir d’un sergent de police sur Élodie Thomas, d’autres pensent que ces débordements relèveraient davantage d’une instrumentalisation de la violence dirigée par des acteurs agissant dans l’ombre, sur fond de manipulation d’une jeunesse en manque de perspectives !

Est-ce que l’implication de ces mineurs ne traduit pas également l’échec d’un système éducatif dont l’alternance tous les cinq ans équivaut à un inlassable recommencement ? N’est-il pas temps que tous les gouvernements successifs placent l’éducation au rang d’enjeu national, en acceptant de se mettre à la même table pour élaborer un plan à long terme, sans que chaque nouvelle prise de pouvoir ne change la donne et jette des milliers d’adolescents vulnérables hors de l’école, sans aucun plan d’avenir ?

Pendant que chacun y va de son analyse et de sa lecture des événements, pendant que les débats sur l’exclusion, l’équité et la stigmatisation envers certaines régions reviennent sur le tapis, le Premier ministre met directement en cause des barons de la drogue, accusés d’être derrière ces scènes de violence. L’accusation – relayée par Laurette – est suffisamment sérieuse et inquiétante pour que les citoyens s’attendent à des suites concrètes, dans le respect de la loi et de notre État de droit.

Est-il vrai que des groupes WhatsApp, portant semble-t-il les noms de The Burning Paradise et Gen Z, ont été utilisés pour inciter des jeunes, en mal de repères, à descendre dans la rue contre paiement ?

Si les Mauriciens s’attendent à des révélations rapides émanant des enquêtes policières, c’est parce que nous avons vécu cette dernière semaine dans une ambiance saturée de fake news, de provocations, de rumeurs, brouillant ainsi la frontière entre les informations vérifiées et les interprétations, tout en alimentant une méfiance qui a contribué à entretenir une tension collective autour du sort d’Élodie Thomas.

On aura vu des posts irresponsables, on aura entendu des messages vocaux véhiculant des mensonges, certains allant même jusqu’à annoncer le décès de la jeune maman ! On aura assisté à la réaction des sceptiques, quand on ne nous faisait pas croire à une théorie du complot mettant en cause les bonnes nouvelles sur le rétablissement progressif de la jeune femme. Tant et si bien qu’une vidéo circulée en guise de preuve de vie a fini par créer une énième polémique inutile !

Au-delà de ce que ces réactions témoignent sur nos ressentis, au-delà de notre (in)capacité à prendre du recul et à faire preuve de discernement devant une actualité qui s’emballe, demeure le sentiment général d’une crise de confiance entre la population et un gouvernement ; lequel est davantage fragilisé après le départ d’un premier élu travailliste, qui rejoint les rangs de l’opposition, en ajoutant une pression supplémentaire sur la majorité dans un climat d’incertitude !

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