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Plateforme syndicale

Les syndicats dénoncent un «malaise social» et appellent à manifester le 31 octobre

16 octobre 2026, 18:20

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Les syndicats dénoncent un «malaise social» et appellent à manifester le 31 octobre

Face aux tensions sociales et aux récents actes de violence, plusieurs représentants syndicaux plaident pour des réponses aux difficultés économiques et sociales de la population. Réunis en conférence de presse à la Fédération des travailleurs unis (FTU) à Port-Louis, hier, le vendredi 16 octobre, ils ont réaffirmé leur opposition à la violence, tout en appelant le gouvernement à assumer ses responsabilités. La plateforme syndicale donne rendez-vous aux citoyens, le samedi 31 octobre, devant le centre Marie Reine de La Paix, Port-Louis, à partir de 10 h 30, pour une manifestation pacifique.

Pour les représentants syndicaux, les récents événements ne peuvent être dissociés des difficultés accumulées par les ménages. Coût de la vie, précarité d’emploi, inquiétudes autour des pensions et sentiment d’injustice sociale figurent parmi les préoccupations soulevées lors de cette rencontre. Les intervenants estiment que ces facteurs alimentent la frustration d’une partie de la population et appellent les autorités à s’attaquer aux causes profondes du malaise.

Le président de la Fédération des travailleurs unis (FTU), Atma Shanto, a notamment exprimé ses inquiétudes concernant le recours au Prevention of Terrorism Act (POTA). Il a rappelé que cette législation suscite depuis longtemps des désaccords parmi des partis politiques et des organisations syndicales. Selon lui, la situation actuelle exige une vigilance particulière, notamment face aux mesures susceptibles d’avoir des conséquences sur les libertés publiques.

Ashwin Gudday, négociateur de la General Workers Federation (GWF), a, pour sa part, insisté sur l’accumulation des difficultés économiques et sociales. Il a évoqué les licenciements, la disparition de certaines allocations et les inégalités qu’il estime persistantes. Il a également appelé à une solidarité entre les Mauriciens, tout en précisant que les initiatives citoyennes en matière de sécurité doivent respecter la loi.

La question des pensions au cœur des revendications

La réforme des pensions a occupé une place importante dans les interventions. Ashwin Gudday a réitéré la revendication syndicale en faveur du rétablissement de l’âge de la retraite à 60 ans, sans réduction de la pension. Il a notamment évoqué les quelque 16 000 personnes qui, selon ses déclarations, seraient concernées par une baisse de Rs 2 000 de leur pension et ils ont perdu Rs 202 000. Les modalités de la réforme et ses conséquences pour les futurs retraités restent, selon les syndicalistes, des sujets de préoccupation.

Le président de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), Reeaz Chuttoo, a également remis en question le projet de pension réduite avant l’âge de 65 ans. Il demande au gouvernement de préciser les garanties offertes aux travailleurs qui choisiraient de prendre leur retraite plus tôt, ainsi que les économies attendues de ce dispositif. Il a, par ailleurs, dénoncé les disparités qu’il observe entre travailleurs mauriciens et étrangers en matière de contrats et de possibilités d’emploi.

Les conditions de travail dans la Fonction publique ont également été abordées. Vijay Bundhun, président de la Federation of Public Sector and Other Unions (FPSOU) et du Conseil des syndicats (CDS), a dénoncé ce qu’il considère des pratiques de répression syndicale, notamment en matière de promotions et de participation aux activités syndicales. Il a appelé les ministères et les responsables d’organismes publics à renforcer le dialogue avec les représentants des travailleurs.

Appel à la mobilisation pacifique

Les intervenants ont condamné les actes de violence et les dégradations, tout en réclamant davantage de transparence et de responsabilité de la part des autorités. Reeaz Chuttoo a averti que le malaise social pourrait s’aggraver si les difficultés persistantes ne sont pas prises en compte.

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