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Tensions à travers le pays
Grand-Gaube : Blessé à coups de bouteille et de brique, un policier raconte son agression
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Tensions à travers le pays
Grand-Gaube : Blessé à coups de bouteille et de brique, un policier raconte son agression
■ Le policier blessé à Grand-Gaube lors de son hospitalisation au SSRN.
Il était environ 23 h 30, le lundi 12 octobre, lorsqu’un policier affecté au poste de Grand-Gaube et ses collègues ont été appelés à intervenir à Bâti, une sous-localité du village. Une route était obstruée et des tensions avaient été signalées. Pour ce policier comptant plus de dix années de service au sein des forces de l’ordre, cette intervention allait prendre une tournure dramatique.
Depuis plusieurs jours, la crise de l’eau provoquait des manifestations et des barrages routiers dans différentes régions du pays. Face à cette situation, la police avait mis en place des patrouilles afin de maintenir l’ordre, de dégager les routes et d’assurer la sécurité des automobilistes.
Ce soir-là, plusieurs véhicules de police sillonnaient le nord de l’île. Le policier et son équipe avaient traversé différentes localités où la situation était relativement calme. Mais, vers 23 h 30, ils ont reçu l’ordre de se rendre à Bâti. À leur arrivée, la scène était inquiétante. Plusieurs individus étaient armés de sabres et d’autres armes offensives. Des débris jonchaient la chaussée et certains avaient été incendiés. Devant l’hostilité de la foule, le policier a immédiatement demandé à ses collègues de se replier pour attendre des renforts.
Le véhicule de police a été repositionné à environ 300 mètres des lieux. Les agents ont alors commencé à dévier la circulation afin d’empêcher les automobilistes de s’approcher du barrage et des individus présents.
Deux policiers surveillaient le véhicule et les mouvements de la foule, tandis que leurs collègues régulaient la circulation. Pendant une quinzaine de minutes, l’opération s’est poursuivie. Puis, soudain, tout a basculé.
Alors qu’il dirigeait les véhicules, le policier a été frappé en plein visage par une bouteille en verre. Quelques instants plus tard, une brique l’a atteint à la tête. La violence des impacts l’a fait saigner abondamment. Selon son témoignage, il a perdu connaissance pendant plus de 20 secondes. Lorsqu’il a repris ses esprits, il pouvait à peine tenir debout. L’éclairage insuffisant de la zone n’a pas permis à ses collègues de mesurer immédiatement la gravité de ses blessures.
Mais le danger était toujours présent. D’autres projectiles ont commencé à pleuvoir sur les policiers. Malgré son état, l’agent a réussi à prévenir ses collègues qu’il était blessé et qu’ils devaient tous quitter les lieux pour leur sécurité. L’équipe s’est alors repliée avant de prendre la direction de l’hôpital Sir Seewoosagur Ramgoolam National (SSRN), à Pamplemousses. Pendant le trajet, le policier a appris qu’un de ses collègues avait également été blessé et que leur véhicule avait subi des dégâts lors de l’incident.
À l’hôpital, il a été admis pour des soins. Contrairement à ses collègues, autorisés à repartir après leur traitement, il est resté sous surveillance médicale. À sa sortie, un congé médical lui a été accordé afin de poursuivre son traitement et de récupérer.
Marqué par cette agression, le policier rappelle que les membres des forces de l’ordre sont quotidiennement exposés à des situations difficiles. Il reconnaît que leurs interventions ne sont pas toujours parfaites, mais insiste sur leur engagement à protéger la population.
Il déplore particulièrement les insultes, les jets de projectiles et les agressions visant ceux qui assurent la sécurité publique. Malgré ces épreuves, affirme-t-il, les policiers continuent d’exercer leurs fonctions avec courage et détermination.
«Nous risquons notre vie pour protéger les autres, mais nous méritons, nous aussi, d’être protégés, respectés et de rentrer sains et saufs auprès de ceux qui nous aiment...»
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