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Journée mondiale : Et si on arrêtait le gaspillage alimentaire ?

16 octobre 2026, 16:45

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Journée mondiale : Et si on arrêtait le gaspillage alimentaire ?

Célébrée chaque 16 octobre, la Journée mondiale de l’alimentation nous rappelle que manger à sa faim est un droit, mais aussi que protéger nos ressources et éviter le gaspillage sont l’affaire de tous.

Manger, un besoin essentiel, mais pas pour tous !

Imagine une table remplie de bons petits plats. Maintenant, imagine qu’à quelques kilomètres de là, un enfant se couche le ventre vide. Difficile de comprendre ce contraste, n’est-ce pas ? Pourtant, en 2026, la faim et le gaspillage alimentaire coexistent encore dans le monde. Chaque année, le 16 octobre, la Journée mondiale de l’alimentation attire l’attention sur ces inégalités. Elle a été instaurée pour marquer la création de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le 16 octobre 1945. Son objectif est de sensibiliser la population à la faim, à la malnutrition et à la nécessité de garantir à chacun une alimentation suffisante et nutritive.

Cette année, le thème retenu par la FAO est Innover aujourd’hui. Nourrir demain. Il met en avant les solutions nouvelles ou traditionnelles capables d’améliorer notre système alimentaire, tout en préservant la planète. Le problème ne se résume pas seulement à produire davantage. Les aliments doivent aussi pouvoir être accessibles, abordables et distribués équitablement. Les conflits, les phénomènes climatiques extrêmes, la pauvreté et les difficultés économiques peuvent empêcher des familles de se nourrir correctement. Paradoxalement, alors que des millions de personnes souffrent de la faim, une quantité considérable de nourriture finit à la poubelle.

Un milliard de tonnes d’aliments jetés

Le gaspillage alimentaire est l’un des grands défis de notre époque. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement, environ 1,05 milliard de tonnes de nourriture ont été gaspillées dans le monde en 2022, soit près d’un cinquième des aliments disponibles pour les consommateurs. Les ménages représentaient à eux seuls 60 % de ce gaspillage. Derrière ces chiffres se cachent aussi des ressources perdues : de l’eau pour arroser les cultures, des terres pour produire les aliments, de l’énergie pour les transporter et du travail fourni par les agriculteurs.

De plus, lorsque les déchets alimentaires se décomposent dans les décharges, ils produisent des gaz à effet de serre, qui contribuent au réchauffement climatique. Gaspiller une assiette de riz, des légumes ou un morceau de pain, ce n’est donc pas seulement jeter de la nourriture : c’est aussi gaspiller les ressources qui ont permis de la produire.

La Terre a-t-elle une date limite ?

As-tu déjà entendu parler du Jour du dépassement de la Terre ? Cette année, c’était le 30 juillet. Cette date symbolique marque le moment où l’humanité a consommé davantage de ressources naturelles que la planète ne peut en régénérer au cours de l’année. Selon le Global Footprint Network, notre consommation mondiale correspond actuellement à celle de 1,73 planète Terre. Attention, cela ne signifie pas que la Terre n’a plus de nourriture après cette date ! Il s’agit d’un indicateur global qui prend en compte différentes ressources comme les forêts, les poissons, les terres et la capacité des écosystèmes à absorber le dioxyde de carbone. Mais l’alimentation est directement concernée : l’agriculture dépend de sols fertiles, d’eau disponible, de la biodiversité et de conditions climatiques favorables. Pour continuer à nous nourrir demain, il faut donc apprendre à produire et à consommer autrement.

Maurice veut produire davantage localement

Notre île fait également face à un défi important : sa dépendance aux importations alimentaires. Selon les chiffres communiqués dans le cadre du projet 25 by 35, la facture alimentaire de l’île est passée de Rs 57 milliards en 2024 à Rs 61 milliards en 2025. Pour renforcer la sécurité alimentaire, le gouvernement a annoncé, dans le Budget 2026-2027, le projet 25 by 35. Son objectif est de permettre au pays de produire localement au moins 25 % de ses besoins alimentaires d’ici 2035. Les autorités prévoient notamment de doubler la superficie des terres consacrées à la production alimentaire pour atteindre 25 000 arpents.

Le projet prévoit aussi des mesures visant à renforcer les réserves alimentaires et la coopération régionale. Pourquoi est-ce important ? Produire davantage de nourriture à Maurice pourrait contribuer à réduire notre dépendance envers les marchés étrangers. Cela permettrait également de mieux préparer le pays aux perturbations des chaînes d’approvisionnement internationales. Les agriculteurs, les consommateurs et les jeunes ont tous un rôle à jouer dans cette transition.

Cinq gestes pour devenir un champion de l’anti-gaspillage

Pas besoin d’être agriculteur ou cuisinier pour agir ! Voici quelques habitudes faciles à adopter au quotidien.

⚫ Se servir raisonnablement : mieux vaut prendre une petite portion et se resservir si l’on a encore faim.

⚫ Donner une seconde vie aux restes : les légumes cuits peuvent agrémenter une omelette, tandis que le riz conservé correctement peut servir à préparer un nouveau repas.

⚫ Ranger intelligemment le réfrigérateur : placer les aliments à consommer rapidement bien en vue aide à éviter les oublis.

⚫ Comprendre les dates : la mention «à consommer jusqu’au» concerne généralement la sécurité alimentaire. La mention «à consommer de préférence avant» indique plutôt une date de qualité optimale. Il faut toujours respecter les consignes de conservation et ne pas consommer un produit présentant un risque.

⚫ Composter les déchets adaptés : les épluchures de fruits et de légumes peuvent, si les conditions le permettent, être transformées en compost pour enrichir la terre.

Les jeunes aussi ont leur mot à dire

La Journée mondiale de l’alimentation nous invite à réfléchir à notre manière de consommer. À la maison, à la cantine ou lors d’une sortie entre amis, chacun peut faire des choix plus responsables. La prochaine fois que tu t’apprêtes à jeter un aliment encore consommable, pose-toi cette question : pourrais-je l’utiliser autrement ? Ce petit réflexe peut sembler insignifiant, mais répété par des milliers de personnes, il peut contribuer à réduire le gaspillage. Protéger l’alimentation de demain commence aujourd’hui, avec nos choix, notre créativité et notre respect pour la nourriture. Car chaque repas compte, et chaque geste aussi. C

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Le savais-tu? La nourriture perdue avant même d’arriver dans ton assiette

Le gaspillage alimentaire ne commence pas toujours dans la cuisine. Selon la FAO, environ 13,3 % des aliments sont perdus après la récolte, lors du stockage, du transport, de la transformation ou de la distribution, avant même d’atteindre les commerces. Les fruits et légumes sont particulièrement concernés, car ils sont fragiles et se détériorent rapidement. Les Nations unies ont fixé un objectif ambitieux dans le cadre des Objectifs de développement durable : réduire de moitié, par personne, le gaspillage alimentaire au niveau des commerces et des consommateurs d’ici 2030. Il s’agit également de diminuer les pertes tout au long de la chaîne de production et de distribution.

Dans plusieurs pays, des commerces proposent des fruits et légumes imparfaits à prix réduit. Une carotte tordue ou une pomme présentant une forme inhabituelle reste parfaitement consommable si elle est saine. À Maurice, certaines enseignes vendent également à prix réduit des produits proches de leur date limite, tandis que des associations telles que Foodwise récupèrent les invendus encore propres à la consommation pour les redistribuer. Réduire les pertes alimentaires permet aussi de limiter les émissions de gaz à effet de serre. À l’échelle mondiale, les pertes et le gaspillage alimentaires représentent environ 8 à 10 % des émissions de gaz à effet de serre.

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