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Tensions à travers le pays
Groupe WhatsApp «The Burning Paradise» : Qui tiraient les ficelles ?
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Tensions à travers le pays
Groupe WhatsApp «The Burning Paradise» : Qui tiraient les ficelles ?
Les enquêteurs cherchent à identifier les administrateurs d’un groupe WhatsApp de 634 membres, soupçonné d’avoir relayé des appels à la violence. Un document policier circule à ce sujet, mais il n’a pas été authentifié officiellement.
Qui animait les conversations, et qui a lancé les appels à descendre dans la rue ? Ces deux questions guident désormais l’enquête. Après avoir arrêté plusieurs personnes soupçonnées d’avoir pris part aux violences, les policiers veulent remonter jusqu’à ceux qui ont organisé les appels et administré les espaces de discussion, et vérifier si les échanges en ligne ont un lien avec les incidents. Le Central Criminal Investigation Department et la Police IT Unit sont chargées du dossier.
Dans ce genre d’affaire, les enquêteurs commencent généralement par figer ce qui peut disparaître en un instant : captures d’écran, médias partagés, liste des membres, date de création du groupe. Chaque pièce doit être datée et tracée pour être recevable devant un juge.
Vient ensuite la recherche des auteurs. WhatsApp chiffre les conversations et ne peut pas en livrer le contenu, si bien que la police doit passer par les téléphones saisis avec l’accord d’un magistrat, par les captures d’écran que des membres acceptent de remettre, et par les données des opérateurs de téléphonie.
Reste l’essentiel : distinguer les rôles. Sur 634 personnes, la plupart se sont probablement contentées de lire. Être dans un groupe n’est pas un délit. Seuls les administrateurs et les auteurs de messages litigieux intéressent vraiment les enquêteurs, et chaque message doit être examiné séparément : un simple échange ne constitue pas nécessairement une infraction, tandis qu’un appel à attaquer, une menace ou une liste de cibles peuvent tomber sous le coup de la loi, notamment du Criminal Code et de la Cybersecurity and Cybercrime Act. Les images de vidéosurveillance et les témoignages serviront enfin à vérifier si un message a précédé un pillage ou un incendie précis.
Le groupe, qui affiche la devise Mauritius: No Fear, No Surrender, est cité dans une note datée du 14 octobre et attribuée au bureau du commissaire de police. Ce texte signale des menaces contre la sécurité publique : des cocktails Molotov et des cagoules auraient été distribués à Flacq ; la Cybercité d’Ébène pourrait être visée et le groupe ferait l’objet d’une surveillance. Une liste de cibles et les noms de meneurs présumés y seraient annexés.
La note arrive après des nuits agitées. Les violences ont démarré dans la nuit du 12 au 13 octobre à Abercrombie avant de gagner d’autres régions. Sur les réseaux, des rumeurs évoquent des «têtes pensantes» et un financement lié au trafic de drogues. Le Premier ministre a lui-même affirmé que des trafiquants financeraient des groupes pour entretenir la violence. Une piste financière supposerait une enquête distincte, fondée sur des traces bancaires et des témoignages. Toute personne citée ou arrêtée est présumée innocente et l’identité des mineurs doit rester protégée.
De lourdes sanctions avec la PoTA
Le gouvernement envisage de recourir à la Prevention of Terrorism Act (PoTA) contre certaines personnes arrêtées lors des récentes violences à travers le pays. Le Conseil des ministres a précisé mercredi que cette loi pourrait être appliquée «lorsque cette loi est applicable». Mais dans quelles circonstances ?
Adoptée en février 2002, après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, la PoTA vise les actes terroristes, mais également leur préparation, leur financement et leur organisation. Pour qu’une infraction soit qualifiée d’acte terroriste, trois conditions doivent être réunies : un dommage grave, une intention d’intimider la population ou de déstabiliser l’État et le recours à des moyens violents, notamment des armes, des explosifs ou des incendies mettant des vies en danger.
Ainsi, brûler des pneus, bloquer une route, vandaliser un commerce ou violer le couvre-feu ne constitue pas automatiquement un acte terroriste. Ces agissements restent toutefois punissables sous d’autres dispositions légales.
En revanche, les récentes violences soulèvent des interrogations. Des individus cagoulés et armés, des cocktails Molotov et des attaques présumées contre des postes de police pourraient, selon les circonstances et les preuves recueillies, justifier l’application de la PoTA.
Cette législation prévoit de lourdes sanctions, pouvant atteindre 35 ans de servitude pénale. Elle vise également ceux qui financent, recrutent ou facilitent la préparation d’actes terroristes.
Toute poursuite sous cette loi nécessite néanmoins l’accord du Directeur des poursuites publiques, chargé d’examiner chaque dossier individuellement.
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