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Après les tension à travers l’île

«The Burning Paradise» : un groupe WhatsApp de plus de 630 membres dans le viseur

15 octobre 2026, 14:00

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«The Burning Paradise» : un groupe WhatsApp de plus de 630 membres dans le viseur

Derrière les pneus incendiés, les projectiles lancés contre les forces de l’ordre et les postes de police pris pour cible, les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si les violences qui ont secoué plusieurs régions du pays ont été alimentées, coordonnées ou encouragées dans des groupes numériques. Un groupe WhatsApp baptisé The Burning Paradise, qui compterait plus de 630 membres et plusieurs administrateurs, figure désormais dans le viseur de la police.

Remonter la chaîne

Les interpellations de ces derniers jours ne constituent peut-être que le premier volet d’une enquête appelée à s’élargir. Après avoir interpellé plusieurs personnes soupçonnées d’avoir participé directement aux actes de violence, les enquêteurs entendent désormais remonter la chaîne des responsabilités. Qui se trouvait derrière les appels à la mobilisation? Qui administrait les espaces de discussion dans lesquels les événements étaient commentés, relayés ou éventuellement organisés ? Et, surtout, les violences observées sur le terrain relevaientelles d’une colère spontanée ou d’une dynamique entretenue par des acteurs encore à identifier ?

C’est dans cette perspective que le groupe The Burning Paradise retient l’attention des policiers. Avec un nombre aussi important de membres et plusieurs administrateurs, il constitue une piste d’investigation.

L'enjeu est désormais de distinguer ceux qui ont pris part matériellement aux débordements de ceux qui auraient pu les encourager, les organiser ou en tirer avantage. Les numéros de téléphone associés aux administrateurs du groupe WhatsApp devraient ainsi faire l’objet de vérifications afin d’en identifier les titulaires et de reconstituer, dans le respect du cadre légal, les échanges susceptibles d’éclairer le déroulement des événements.

La police entend notamment déterminer si des liens peuvent être établis entre les discussions numériques et les incidents. Toute conclusion dépendra des éléments recueillis, de leur authenticité et de leur recoupement avec les autres pièces du dossier.

De nouveaux développements sont donc à prévoir. Mais entre l’appartenance à un groupe WhatsApp, la diffusion d’un message et la participation effective à des actes criminels, la distinction est essentielle. La seule présence dans un groupe ne saurait justifier une arrestation ou une condamnation.

Dans un climat marqué par les tensions sociales, une autre question se pose: certains acteurs auraient-ils cherché à instrumentaliser la colère pour déstabiliser le pays ou fragiliser le nouveau gouvernement? Si cette hypothèse est examinée par les enquêteurs, elle devra être étayée par des preuves concrètes. À ce stade, elle ne peut être présentée comme un fait établi.

Le défi des autorités est double : rétablir l’ordre public et établir les responsabilités individuelles sans transformer l’enquête en instrument de règlement de comptes. La gravité des violences appelle une réponse ferme, mais celleci doit s’inscrire dans le respect des garanties judiciaires.

Le message «Mauritius No Fear No Surrender», attribué au groupe, s’inscrit également dans ce contexte de mobilisation. Sa portée réelle, comme celle des échanges entre les membres, devra être appréciée à la lumière du contenu intégral des messages et de leur contexte.

La justice appelée à suivre

L’intervention de la police ne constitue que le début du processus judiciaire. Les enquêteurs devront réunir des éléments recevables, établir les faits reprochés à chaque personne mise en cause et transmettre les dossiers aux autorités compétentes. Le Directeur des poursuites publiques aurait, pour sa part, indiqué qu’il n’entendait pas tarder à faire avancer les affaires en cours, selon les informations disponibles.

La suite dépendra donc moins du nombre de personnes inscrites dans le groupe que de la solidité des preuves permettant d’établir une éventuelle participation aux violences. Si des responsabilités individuelles sont démontrées, les personnes concernées devront répondre de leurs actes devant la justice.

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