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Dette publique : les estimations seront revues à la baisse

14 octobre 2026, 07:05

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Dans sa dernière livraison, Statistics Mauritius a recalculé la valeur du produit intérieur brut (PIB) au prix du marché. Ce, sur la base du Census of Economic Activities de 2023 et du rapport d’assistance technique du Fonds monétaire international (FMI) portant sur le System of National Accounts. La publication de ces nouvelles données macroéconomiques alimente ces jours-ci le débat sur l’état de l’économie et la gestion des finances publiques sous l’ancien régime. D’ailleurs, l’ancien Premier ministre, Pravind Jugnauth, est rapidement monté au créneau pour remettre en question le State of the Economy publié à peine un mois après l’installation au pouvoir de l’administration Ramgoolam.

Posons d’abord le contexte. Dans le sillage de la publication du State of the Economy, le FMI a été sollicité pour revoir la méthodologie pour la réconciliation des comptes nationaux et de la balance des paiements. Ces deux rapports sont compilés par Statistics Mauritius et la Banque de Maurice respectivement. Cela était devenu nécessaire car il y avait un manque de clarté, notamment sur la question de comptabilisation des revenus générés par les activités des entités de global business dans le PIB. En mai dernier, l’AFRITAC Sud, une émanation du FMI, rend public son rapport technique et recommande, entre autres, que la marge bénéficiaire tirée des activités des GBC par rapport au commerce de transit (merchanting) et les services de soutien requis par les GBC soient comptabilisés dans les comptes nationaux, soit à l’item de l’exportation des biens et des services, à partir du mois de septembre.

Les enseignements qu’on peut en tirer sont multiples. D’abord, le System of National Accounts rend caduque la partie des données réactualisées dans le State of the Economy concernant le calcul du PIB en valeur nominale. En révisant drastiquement à la baisse le montant enregistré sous l’exportation des services de Rs 84,5 milliards à Rs 40,08 milliards, le State of the Economy recalculait le PIB nominal de Rs 662,9 milliards à Rs 641,29 milliards en 2023. Pour 2024, le PIB était recalculé à Rs 698,5 milliards contre des estimations initiales de Rs 734,8 milliards.

Sans doute par prudence, le State of the Economy mentionnait que l’expertise technique du FMI allait être recherchée pour améliorer le processus de compilation et d’intégration des «GBC services» dans les statistiques sur les comptes nationaux et la balance des paiements. Avec recul, on peut se demander si le Trésor public n’aurait pas dû rechercher l’avis du FMI avant de charcuter Rs 44 milliards à l’item de l’exportation des services.

Sur la base du nouveau calcul approuvé par le FMI, les nouveaux chiffres publiés par Statistics Mauritius révèlent un écart considérable au niveau de l’estimation du PIB nominal. Celui-ci est désormais calculé à Rs 695,2 milliards en 2023 au lieu de Rs 637 milliards, à 756,6 milliards au lieu de Rs 693,3 milliards en 2024 et à Rs 810,3 milliards au lieu de Rs 743 milliards en 2025.

Par déduction, la dette publique, qui est calculée en pourcentage du PIB, devrait logiquement fortement baisser suite à la révision du PIB nominal. Il faut savoir qu’en novembre 2024, la dette publique était calculée à 79,2 % du PIB. Sur la base des estimations du State of the Economy, la dette publique sera revue à 87,6 % en décembre 2024, selon les chiffres officiels.

Sur la base des nouvelles estimations du PIB nominal par l’institut des statistiques, techniquement, la dette publique devrait être revue à 80,3 % en 2024 et autour de 81,5 % au lieu de 88,9 % en 2025. Selon toute vraisemblance, ces chiffres seront confirmés lors de la publication du prochain rapport sur la dette publique ce 10 novembre.

L’autre question qui se pose est : qu’en sera-t-il de la note souveraine de Moody’s ? L’on se rappellera qu’en janvier 2025, suite à la publication du State of the Economy, l’agence a maintenu la note souveraine de Maurice à Baa3, tout en abaissant ses perspectives de «stables» à «négatives». Outre l’état du déficit budgétaire, Moody’s pointait surtout du doigt le niveau inquiétant de la dette publique. Aujourd’hui encore, si nous restons au bord du précipice et que nous risquons de perdre notre statut de pays investissable (Investment grade), c’est parce que la dette publique tutoie les 90 %. Avec une dette publique plus proche des 80 %, la pression devrait se relâcher. Et c’est tant mieux !

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