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Mamy Ravatomanga maintenu en détention
La «Bail and Remand Court» pointe les failles de l’enquête
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Mamy Ravatomanga maintenu en détention
La «Bail and Remand Court» pointe les failles de l’enquête
Le magistrat Farook Nathire de la Bail and Remand Court (BRC) a de nouveau rejeté la demande de libération sous caution de Mamy Ravatomanga, hier.
Arrêté le 24 octobre 2025 et détenu depuis le 2 décembre, l’homme d’affaires malgache demeure sous le coup de deux accusations provisoires de blanchiment d’argent et d’une accusation de conspiration liée au trafic d’influence. Pour le magistrat Nathire, les risques de fuite et d’interférence avec l’enquête restent trop élevés pour être ramenés à un niveau acceptable par des conditions de caution. De plus, la fortune attribuée à Ravatomanga, ses actifs dans plusieurs juridictions et les ramifications internationales du dossier pèsent dans cette appréciation. Selon les éléments présentés à la cour, les quelque Rs 7 milliards évoqués dans les deux chefs d’accusation de blanchiment ne représenteraient qu’une partie de ses avoirs.
Cependant, le jugement relève aussi des lacunes dans l’avancement des investigations. Près d’un an après l’arrestation, plusieurs accusations et pièces n’auraient toujours pas été présentées à l’intéressé pour qu’il puisse y répondre. Sa version n’a notamment pas encore été recueillie dans les volets concernant l’importation de blé et le projet autoroutier Samcrete. Certains documents liés au projet ferroviaire Madarail doivent aussi lui être soumis. Le magistrat a également relevé que la déclaration d’un complice présumé dans le dossier des Boeing 777 et les transactions identifiées dans le volet de l’exportation de litchis n’ont pas encore été intégralement portées à sa connaissance.
La FCC a justifié la durée de l’enquête par son ampleur. Selon son enquêteur, les investigations avaient permis de cartographier environ 105 comptes bancaires, quelque 20 000 transactions et près de 100 entités liées à Mamy Ravatomanga.
Les enquêteurs doivent également traiter un volume considérable de documents numériques et obtenir des éléments auprès de juridictions étrangères dans le cadre de demandes d’entraide judiciaire. La cour a estimé que cette complexité internationale explique une partie du temps écoulé. Elle considère toutefois que le droit d’être jugé dans un délai raisonnable implique aussi de réduire autant que possible l’incertitude qui pèse sur un accusé. Elle a ainsi exhorté la FCC à achever l’enquête dans les meilleurs délais.
La défense avait notamment plaidé que l’état du dossier ne justifiait plus la détention. Le magistrat n’a pas retenu cet argument. La décision ne préjuge pas de la culpabilité de Mamy Ravatomanga. Elle fixe néanmoins une double exigence : préserver l’enquête face aux risques jugés sérieux, sans laisser sa durée s’étirer indéfiniment.
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