Publicité

Monde syndical

Deepak Benydin : «La State Trading Corporation doit servir la population, pas rechercher le profit à tout prix»

13 octobre 2026, 16:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Deepak Benydin : «La State Trading Corporation doit servir la population, pas rechercher le profit à tout prix»

■ Deepak Benydin, président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions, plaide pour que la STC reste fidèle à sa mission de service public.

Face aux interrogations sur ses stocks, sa gestion et son rôle dans la stabilisation des prix, Deepak Benydin, président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions, plaide pour davantage de transparence, de responsabilité et une vision qui privilégie l’intérêt général. Les débats autour de la State Trading Corporation (STC) ne doivent pas se résumer à une question de performance financière.

Ainsi, il soutient que «la STC doit demeurer l’un des piliers de notre État-providence». Il rappelle qu’en 1982, les objectifs affichés étaient notamment d’assurer l’approvisionnement en produits de première nécessité, leur distribution régulière et équitable à des prix raisonnables, tout en faisant contrepoids aux pratiques monopolistiques. Une philosophie résumée à l’époque par une formule : la STC devait fonctionner «for public good, not profit».

Dans ce contexte, les informations faisant état de 1 038 tonnes de riz ration, soit environ 26 jours de consommation, sont, selon lui, préoccupantes. Le riz ration étant un produit essentiel pour de nombreuses familles, il estime que les responsables de la STC doivent expliquer clairement la situation, notamment en ce qui concerne les stocks, les commandes et les délais d’approvisionnement. «Il ne s’agit pas d’accuser pour le plaisir d’accuser, mais de comprendre ce qui se passe», fait-il valoir.

Pour Deepak Benydin, les mécanismes de protection des consommateurs doivent également être évalués à l’aune de leurs résultats concrets. Price Mark-Up, contrôle des prix, observatoires et autres dispositifs ne suffisent pas si le consommateur ne constate aucune amélioration dans son quotidien.

Même constat concernant les interventions budgétaires. L’allocation de Rs 2 milliards annoncée dans le Budget 2026-2027 constitue certes une intervention importante, mais, selon lui, ce sont les effets réels sur le pouvoir d’achat qui doivent être mesurés : «Ce qui intéresse le citoyen, c’est ce qu’il paie lorsqu’il fait ses courses, lorsqu’il remplit le réservoir de sa voiture ou lorsqu’il doit faire vivre sa famille jusqu’à la fin du mois.»

La question énergétique s’inscrit dans cette même logique. Face aux tensions internationales et à la hausse des prix pétroliers, plusieurs pays ont choisi d’intervenir pour soutenir leur population. Pour Maurice, Deepak Benydin estime qu’un débat doit être ouvert sur la fiscalité des carburants, tout en appelant à davantage de transparence sur la structure des prix.

Miser davantage sur la région

Au-delà des mesures immédiates, il plaide pour une stratégie de long terme. Maurice pourrait, selon lui, mieux exploiter ses relations avec l’Inde, la Chine, Madagascar, les Seychelles et les pays de la Southern African Development Community et du Common Market for Eastern and Southern Africa. La constitution de réserves stratégiques de carburants, le développement de partenariats régionaux et une meilleure utilisation des possibilités offertes par la Zone de libreéchange continentale africaine (ZLECAf) font partie des pistes évoquées.

Il insiste également sur la nécessité de réduire certaines dépendances à travers l’agriculture, l’énergie renouvelable et l’économie bleue. Pour lui, sécurité alimentaire et sécurité énergétique sont directement liées à la souveraineté du pays.

Reste la question de la gouvernance. Deepak Benydin estime que les responsabilités doivent être clairement établies entre le gouvernement, la direction et le conseil d’administration. Si des manquements graves sont établis, les responsables doivent en répondre. «Les consommateurs ne doivent pas payer le prix de l’inefficacité, du manque de transparence ou de mauvaises décisions», insiste-t-il.

Pour autant, il ne réclame pas une gestion moins rigoureuse de la STC. Au contraire, les fonds publics doivent être utilisés avec sérieux. Mais, prévient-il, «il ne faut pas confondre bonne gestion et recherche du profit à tout prix»

***** 

Permis de conduire numérique : Le Mauritius Labour Congress inquiet de la surcharge de travail dans les postes

Dans un courrier au ministre des Technologies de l’information, de la communication et de l’innovation, Avinash Ramtohul, le président du Mauritius Labour Congress (MLC), Haniff Peerun, aborde les difficultés que pourrait entraîner la procédure actuelle, pour les usagers et le personnel des bureaux de poste. Prévu pour janvier 2027, le permis de conduire numérique implique que les usagers se déplacent à la poste pour des formalités et la mise à jour de leur permis, dans le cadre notamment de la procédure «Know Your Customer». Pour le MLC, cette nouvelle responsabilité risque de mettre davantage sous pression des bureaux déjà confrontés à un manque de personnel pour la multitude de services proposés. Conséquence redoutée de l’ajout de démarches liées au permis numérique : des files d’attente qui s’allongent, des délais supplémentaires et des usagers peut-être contraints de revenir un autre jour faute d’avoir pu être servis. Le MLC soulève également le fait, à sa connaissance, qu’aucune compensation n’est actuellement prévue pour cette nouvelle tâche. Autre préoccupation : l’accès au service numérique lui-même. Les usagers doivent disposer d’un forfait Internet actif sur leur téléphone portable. Une exigence qui pourrait, selon le MLC, constituer un obstacle pour une partie de la population. L’organisation pointe également les difficultés rencontrées après ces formalités, particulièrement pour les personnes peu à l’aise avec les outils numériques. Face à ces préoccupations, Haniff Peerun demande au ministre Ramtohul de revoir la procédure avant sa mise en application : simplifier les démarches, prévoir une alternative permettant d’effectuer certaines formalités sans passer systématiquement par la poste et mettre en place des solutions ne nécessitant pas un forfait Internet personnel.

***** 

Camp-Levieux : La NTUC plaide pour une police responsable

Narendranath Gopee, président de la National Trade Unions Confederation (NTUC), estime que l’incident de Camp-Levieux soulève des interrogations sur les pratiques et le contrôle au sein de la force policière. Il s’interroge, sans généraliser, sur le comportement de certains policiers confrontés à des situations tendues. Selon lui, le respect de la population et la maîtrise de soi doivent demeurer au cœur de l’action policière, particulièrement lorsqu’une arme à feu est impliquée. Il réclame qu’il n’y ait pas «de “cover-up” dans cette affaire». Au-delà de ce cas précis, Narendranath Gopee plaide pour davantage de formation et d’éducation civique au sein de la police afin de renforcer le respect des citoyens et la confiance du public envers les forces de l’ordre.

Publicité