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Coup de feu tiré à Camp-Levieux

Deux nouveaux chefs d’accusation contre le sergent

13 octobre 2026, 10:30

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Deux nouveaux chefs d’accusation contre le sergent

■ Le sergent Gautam Singh Taukoor, hier, au tribunal de district de Rose-Hill. © Dev Ramkhelawon

Attendu au tribunal de district de Rose-Hill hier dès 10 heures, il n’y a comparu qu’à 17 heures, après des consultations entre la police et le bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP). Le sergent Gautam Singh Taukoor est désormais sous le coup de deux nouvelles accusations provisoires.

L’accusation provisoire de possession of firearm with intent to endanger life a été radiée. Deux nouvelles charges ont été retenues contre lui : using firearm to intimidate, en infraction à l’article 37(1) de la Firearms Act, et involuntary wounds and blows by imprudence, prévue à l’article 239(1) du Criminal Code. À l’issue de sa comparution, il a été reconduit en cellule policière. La police s’oppose à sa libération sous caution.

Un dispositif de sécurité renforcé était déployé aux abords du tribunal, où il est arrivé vers 17 heures. Plus d’une vingtaine de policiers étaient mobilisés, tandis que journalistes et photographes attendaient derrière une barrière. Cette mobilisation contrastait avec le déroulement habituel d’une comparution et soulignait la sensibilité d’une affaire dans laquelle un policier est soupçonné d’avoir grièvement blessé une jeune femme par balle.

Au-delà de la qualification juridique des faits, c’est désormais le déroulement de l’intervention policière qui est scruté. Pourquoi le coup de feu a-t-il été tiré ? Que s’est-il passé dans les minutes qui ont suivi ? Et les secours sont-ils intervenus sans délai ? Autant de questions auxquelles l’enquête devra répondre.

Le sergent a été interdit de fonctions, tout comme trois autres policiers présents au moment des faits. Parallèlement, la famille d’Élodie Thomas a saisi l’Independent Police Complaints Commission, réclamant une enquête indépendante. Les déclarations recueillies par la commission mettent notamment en cause la prise en charge de la victime et les vérifications effectuées après le tir.

L’enjeu dépasse désormais la seule responsabilité du tireur présumé : il porte aussi sur la transparence de l’enquête et sur la capacité des institutions à établir les faits sans laisser subsister de doute sur le traitement de cette affaire.

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D’autres charges pourraient être retenues contre les forces de l’ordre

Le Directeur des poursuites publiques (DPP) n’exclut pas une évolution de l’accusation dans cette affaire. Hier, son bureau précisait qu’à ce stade, les éléments recueillis par la police ne permettent pas de retenir des infractions plus graves, notamment l’attempt at manslaughter, envisagée lors des consultations avec les enquêteurs.

Après avoir demandé des éclaircissements supplémentaires sur la chronologie des faits et les preuves disponibles, le bureau du DPP a recommandé deux nouvelles charges contre le sergent Gautam Singh Taukoor : using a firearm to intimidate à l’encontre de Tirvassen Soobrayen, en vertu de l’article 37 de la Firearms Act, et involuntary wounds and blows sur la personne d’Élodie Thomas, sous l’article 239(2) du Code criminel. Ces infractions prévoient différentes peines, pouvant aller jusqu’à 15 ans d’emprisonnement. Le DPP a également recommandé que la police s’oppose à la libération sous caution du sergent pendant la poursuite de l’enquête.

Son bureau souligne toutefois que les investigations n’en sont qu’à leurs débuts. Les rapports médico-légaux sont toujours attendus et la version des faits de certains témoins, dont un passager de la fourgonnette considéré comme important pour l’enquête, n’a été livrée qu’hier.

Les autres policiers et membres de la Special Mobile Force présents lors de l’incident devront également faire l’objet d’investigations afin de déterminer s’ils ont éventuellement commis une culpable omission, soit la non-assistance à personne en danger.

Le DPP a annoncé qu’il continuera à suivre les éléments recueillis auprès de la police et de l’IPCC. Il a prévenu enfin qu’en l’absence de progrès significatifs, il envisagera de solliciter l’ouverture d’une enquête judiciaire devant le tribunal de district de Rose-Hill. Une mise en garde qui place désormais la conduite de l’enquête sous une exigence accrue de diligence et de transparence.

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À l’Independent Police Complaints Commission la famille Thomas réclame la transparence

«Nou espere ki PM gard so parol, ki pa pou ena cover-up.» Le message de Me Rama Valayden est clair. Hier, l’avocat s’est rendu à l’Independent Police Complaints Commission (IPCC) avec Me Assad Peeroo et Jonathan Thomas, l’époux d’Élodie, pour réclamer une enquête indépendante sur les circonstances du tir. Une première plainte avait été déposée en ligne dimanche. Une lettre officielle a ensuite été remise à la commission.

Tirvassen Soobrayen, aussi connu comme Rody, le chauffeur de la fourgonnette, a également consigné sa version des faits. Il aurait aperçu le sergent muni d’un bouclier avant que celui-ci n’ouvre la portière et ne pointe son arme dans sa direction. Il aurait ensuite pris la fuite avant de constater qu’Élodie était blessée. Il affirme avoir sollicité de l’aide et contacté les secours.

Deux autres déclarations soulèvent des questions sur la suite de l’intervention. Marie Mélanie Laeticia Thomas, belle-sœur d’Élodie, dénonce, sur la base des informations qui lui ont été communiquées, l’absence d’assistance immédiate des policiers présents. Dulloo, un ami du chauffeur, affirme pour sa part avoir demandé des tests complémentaires d’alcoolémie et de dépistage de drogues sur le sergent. Selon sa déclaration, ces demandes n’auraient pas toutes été satisfaites. Il réclame également la préservation des images de vidéosurveillance du poste de police de Camp-Levieux.

Mᵉ Rama Valayden déplore par ailleurs que les avocats ne sachent toujours pas qui, au sein du CCID, dirige l’enquête depuis le transfert du dossier. Ils souhaitent que les circonstances du tir, l’assistance apportée à la victime et les vérifications effectuées sur le policier soient examinées indépendamment. L’avocat appelle le Premier ministre à respecter ses engagements contre toute tentative d’étouffement de l’affaire et demande au Directeur des poursuites publiques de traiter le dossier avec diligence.

Ces éléments proviennent des déclarations des plaignants, et devront être confrontés aux autres témoignages et aux preuves disponibles. C’est précisément cette vérification indépendante que réclame la famille.

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