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Interview
Shiam Thannoo : «Le peu d’eau qui nous reste, nous devons le gérer de façon responsable»
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Interview
Shiam Thannoo : «Le peu d’eau qui nous reste, nous devons le gérer de façon responsable»
Shiam Thannoo, directeur général de la Central Water Authority (CWA).
Alors que plusieurs régions ont subi jusqu’à quatre jours sans eau potable, le directeur général de la CWA revient sur les causes de ces perturbations, les mesures d’urgence et les solutions envisagées, dans un contexte de sécheresse et de conduits vieillissants.
⚫ Comment expliquer que certaines régions puissent rester jusqu’à quatre jours sans eau potable, sans qu’un système d’alerte efficace permette à la CWA de détecter rapidement la situation et d’intervenir ?
C’est inacceptable, je l’ai dit à plusieurs reprises. Avec la baisse du niveau du réservoir de Mare-aux-Vacoas, la quantité d’eau traitée par La Marie Filter Bed a diminué à son tour : de 110 000 m³ par jour en temps normal, on est descendu à 51 000 ou 52 000 m³. Les réservoirs qui desservent les régions où il y a eu des manifestations n’ont donc pas atteint leur capacité habituelle, d’où une baisse de pression au départ. Cette configuration est exceptionnelle : depuis juin, avec un régime de restriction d’environ six heures par jour, nous n’avions eu aucun souci.
⚫ Quelles mesures concrètes la CWA compte-telle prendre pour rétablir un approvisionnement régulier dans les régions les plus touchées ?
Nous allons mettre en place un nouveau régime de distribution dans les régions les plus affectées, principalement Curepipe, Vacoas et probablement Moka–Saint-Pierre. La distribution se fera un jour sur deux, afin d’assurer une pression suffisante dans le circuit et que les habitants chez qui l’eau ne coule pas du tout en reçoivent avec une pression et un débit raisonnables. Nous renforçons aussi l’équipe de la hotline 170. Sur le terrain, des personnes qui demandent un camionciterne n’ont pas de tank ; d’autres ont leur réservoir au premier ou deuxième étage, où l’eau ne monte pas quand la pression est faible. Parmi les mesures annoncées par le Conseil des ministres, j’invite ceux qui n’ont pas de tank à se rendre à la DBM. Nous subissons une sécheresse : si la pluie ne tombe pas dans les prochaines semaines, la situation va se détériorer. Le peu d’eau qui nous reste, nous devons le gérer de façon responsable, avec les consommateurs et la CWA ensemble.
La CWA pa pe res lebra krwaze : nous mettons en service des boreholes supplémentaires et pompons l’eau de Rivière-Papaye et de Rivière-Pétrin pour l’envoyer directement à la station de traitement de La Marie. Nous surveillons aussi de très près nos autres réservoirs, comme La Nicolière.
⚫ Combien de camions-citernes appartiennent actuellement à la CWA, et combien sont loués ou mis à disposition par des opérateurs privés ?
La CWA dispose de 31 camions-citernes, dont 25 à 26 en service à tout moment ; les autres sont en réparation. Pour la région de Mare-aux-Vacoas, 18 camions sont disponibles, notamment pour Upper et Lower. La CWA fait aussi appel à des opérateurs privés, dont des camions de 25 à 30 m³ qui servent de points stratégiques de ravitaillement. Comme les gros camions ne peuvent pas circuler dans les petites rues, nous avons aussi des camions de 8 000 à 10 000 litres.
La Mauritius Fire and Rescue Service a en outre mis six camions-citernes supplémentaires à la disposition de la CWA. Cette coopération entre les différents secteurs et les opérateurs privés est essentielle pour répondre aux besoins de la population.
⚫ La CWA a annoncé le recours aux eaux de rivière pour renforcer l’approvisionnement. Comment garantit-elle que cette eau est propre à la consommation avant sa distribution ?
À Rivière-Pétrin et à Rivière-Papaye, l’eau est pompée et arrive directement à La Marie pour y être traitée : environ 4 000 m³ supplémentaires par jour. Nous avons aussi un CPF (Containerized Pressure Filter) au bord de la rivière : nous pouvons y pomper l’eau, la traiter et y injecter du chlore pour la rendre potable. C’est donc de l’eau traitée, qui peut être injectée dans le réseau de la CWA.
⚫ Vous êtes directeur de la CWA depuis fin mai 2025. Une crise majeure touche actuellement le pays, avec des remplacements nécessaires dans l’infrastructure d’eau. Quelle est votre analyse globale ?
Malheureusement, nous sommes à la merci de Dame Nature. Quant au remplacement des tuyaux, nous avons un programme financé par le gouvernement indien : environ 113 à 114 km de conduits de gros diamètre, vieillisants, seront remplacés par des tuyaux susceptibles de durer 50 ans.
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