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Hippisme
Grant Van Niekerk : le rythme de la course au cœur de l’appel
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Grant Van Niekerk : le rythme de la course au cœur de l’appel
L’appel du jockey Grant Van Niekerk contre la sanction de huit semaines de suspension et de Rs 50 000 d’amende qui lui avait été infligée par les commissaires pour sa monte sur Bounceback lors de la 11e journée a été entendu le mercredi 7 octobre après-midi. À l’issue d’une audience de plus de trois heures et demie, le comité d’appel a réservé son jugement.
Le panel du comité était composé du Chairperson, Ravi Bhookhun, et de ses deux assesseurs, le Dr Abdullah Atchia et Gilles Etienne. La Gambling Regulatory Authority était représentée par Mᵉ Yahia Nazroo et le Chief Stipe, Stephane de Chalain, tandis que le jockey Van Niekerk était défendu par Mᵉ Mikash Hassamal.
Pour rappel, les commissaires avaient reproché au jockey de l’écurie Awotar pour n’avoir pas monté Bounceback à leur satisfaction à deux moments de la course, soit peu après le départ et à partir du 700 m.
Ils avaient estimé que le cavalier sud-africain ne s’était pas rapproché davantage de la tête de la course alors qu’il en avait eu l’occasion peu après le départ. Ils lui avaient également reproché de ne pas avoir monté Bounceback avec sa vigueur habituelle à partir du 700 m. Le coursier de l’écurie Awotar avait terminé à la troisième place, à plus de quatre longueurs du vainqueur, Brave Bomber.
Van Niekerk avait plaidé non coupable lors de l’enquête initiale. À la lumière des débats auxquels nous avons pu assister, le sort du jockey repose principalement sur une question : à quelle allure la course a-t-elle été disputée ? Était-elle lente ou rapide ? Il convient de rappeler que Brave Bomber avait couvert les 1 600 m en 1 min 37,08 s, sur une piste avec false rails à 3,50 m.
Les avis divergent sur cette question. Si les commissaires ont estimé que la course manquait de rythme, la défense n’a pas partagé cette analyse.
Me Hassamal a notamment soutenu que les sectional times des 400 premiers mètres étaient rapides. Il a également insisté sur le fait que, contrairement à ce qu’avançaient les commissaires, le rythme n’avait pas ralenti dans la descente. Il a souhaité présenter un tableau comparatif des chronos enregistrés sur 1 600 m au cours de la saison écoulée afin d’étayer son argumentation, mais Mᵉ Nazroo s’est opposé à cette démarche.
Lors de l’enquête initiale, l’entraîneur Jevin Awotar avait déjà pris comme référence les sectional times publiés dans le magazine officiel du MTCJC, Racetime, pour démontrer que la course avait été rapide.
À la suite des écarts constatés entre les sectional times publiés dans Racetime et ceux dont disposait la Horse Racing and Integrity Division (HRID) lors de l’enquête, les commissaires avaient sollicité l’avis du Racing Analyst, Pascal Meyepa, qui assure également le chronométrage pour l’instance régulatrice.
Alors que Stephane de Chalain avait affirmé à plusieurs reprises, au cours de l’enquête, que la course était «slow», Pascal Meyepa s’était montré plus nuancé, estimant que le rythme avait été «medium to fast» sur la partie initiale.
Mᵉ Nazroo a insisté pour que le Racing Analyst dépose devant le comité d’appel mercredi. Selon lui, il était important que le board comprenne la méthodologie utilisée pour déterminer l’allure d’une course.
Pascal Meyepa a expliqué qu’il ne se fondait pas uniquement sur les sectional times, mais examinait plutôt les chronos enregistrés par chaque cheval depuis le départ jusqu’aux différents poteaux (1 200 m, 1 000 m, 800 m, 600 m et 400 m). Il comparait ensuite ces données à celles d’autres courses disputées précédemment sur une distance similaire afin de catégoriser les allures respectives.
Interrogé avec insistance par le Dr Atchia, Pascal Meyepa a également révélé qu’il était lui-même à l’origine de cette méthodologie.
Tout en affirmant que des instances prestigieuses telles que la British Horse Racing Authority ou France Galop s’appuient principalement sur les sectional times pour déterminer le rythme d’une course, le Dr Atchia s’est étonné que la HRID utilise une méthodologie qu’il a qualifiée d’«unknown methodology», conçue par un Racing Analyst, comme référence dans le cadre de ses enquêtes.
Il a également jugé anormal que la HRID écarte les sectional times fournis par l’organisateur, alors que ce dernier possède plus de deux siècles d’expertise dans ce domaine.
Mᵉ Yahia Nazroo a alors expliqué que, selon les Rules of Racing, les commissaires devaient se baser sur les chronos fournis par le chronométreur de la HRID.
Abordant la vitesse à laquelle la course avait été disputée, le Dr Abdullah Atchia a conforté la position de la défense en affirmant que les 400 premiers mètres, tout comme les 400 derniers, avaient été couverts en environ 24 secondes, ce qui était, selon son expérience, relativement rapide.
Sur un autre point, les commissaires avaient estimé, lors de l’enquête, que Brave Bomber avait bénéficié d’un «soft lead» dans la partie initiale de la course. Mᵉ Hassamal a contesté cette conclusion, vidéo à l’appui. Selon lui, Manoel Nunes n’avait pu se rabattre à la corde qu’aux abords du poteau des 1 200 m, soit après près de 400 m de course.
Concernant le manque de vigueur reproché à Van Niekerk à partir du 700 m, Mᵉ Hassamal a estimé qu’il était difficile de retenir un tel reproche. En s’appuyant sur les images de la précédente victoire de Bounceback, lors de la quatrième course de la 7ᵉ journée, également examinées par les commissaires pendant l’enquête, il a soutenu que le jockey avait pratiquement monté le cheval de la même manière lors des deux courses.
Le Dr Atchia a abondé dans le même sens, affirmant qu’il avait l’impression que «Bounceback was not the same horse as he did not show the same turn of foot as on his previous runs…».
Par ailleurs, Mᵉ Hassamal a soutenu, à la lecture du transcript, que le Chief Stipe, Stephane de Chalain, avait outrepassé ses prérogatives en donnant des instructions précises à Van Niekerk sur la manière de monter Bounceback.
En effet, à la suite des importants paris enregistrés sur Brave Bomber, de Chalain craignait que ce dernier ne bénéficie d’un soft lead. Il avait donc demandé à Van Niekerk de veiller à ce que Bounceback ne se retrouve pas trop loin du groupe de tête dans la partie initiale. Il se serait également permis de donner d’autres guidelines au jockey sud-africain, une démarche que Me Hassamal a jugée tout à fait inconvenante.
Mᵉ Nazroo a réfuté cet argument, soutenant que le Chief Stipe avait agi dans le cadre de ses fonctions. Selon lui, Bounceback étant le favori de la course, de Chalain cherchait uniquement à protéger les intérêts du racing public.
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