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Affaire Mamy Ravatomanga
Les enquêteurs malgaches à Maurice sur la piste des avoirs
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Affaire Mamy Ravatomanga
Les enquêteurs malgaches à Maurice sur la piste des avoirs
Près d’un an après l’arrivée controversée du jet privé de l’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga à Maurice, les investigations connaissent une nouvelle accélération. Une délégation du Pôle anti-corruption (PAC) de Madagascar effectue actuellement une mission dans l’île afin de renforcer la coopération judiciaire entre les deux pays.
Cette démarche s’inscrit dans un contexte où les autorités malgaches multiplient les initiatives pour retracer les avoirs et les capitaux soupçonnés d’avoir été transférés hors de la Grande île. La ministre malgache de la Justice, Fanirisoa Ernaivo, s’est récemment exprimée dans la presse de son pays. Selon elle, des investigations approfondies sont désormais menées sur des comptes bancaires, des biens immobiliers et d’autres actifs localisés dans plusieurs pays étrangers.
À Maurice, l’affaire demeure active sur plusieurs fronts. Les enquêteurs continuent de s’intéresser aux circonstances de l’atterrissage du jet, dans la nuit du 11 au 12 octobre 2025, à l’aéroport international sir Seewoosagur Ramgoolam. Plusieurs responsables ont déjà été entendus, dont le directeur de l’Aviation civile, Iswarduth Pokhun. Des représentants de Jet Prime Limited ont également été appelés à fournir des précisions sur les démarches effectuées avant l’arrivée de l’appareil. Le rapport de l’enquête officielle présidée par le secrétaire au Cabinet, Suresh Seebaluck, confirme par ailleurs que l’atterrissage à Plaisance était entièrement préplanifié.
Détenu à la prison de Melrose, Mamy Ravatomanga a récemment comparu devant la Cour suprême dans le cadre d’une procédure d’entraide judiciaire sollicitée par les autorités malgaches. Ses réponses à une série de questions portant sur les enquêtes ouvertes à Madagascar ont été consignées dans un affidavit remis à la justice mauricienne.
Mais c’est surtout à Madagascar que le dossier prend une dimension plus vaste. Selon Fanirisoa Ernaivo, l’objectif est de détecter d’éventuels flux financiers illicites, de vérifier la provenance des fonds et de renforcer les mécanismes de lutte contre le blanchiment d’argent. Pour y parvenir, les enquêteurs du PAC suivent des formations spécialisées en traçage financier, en analyse comptable et en collecte de renseignements économiques. La ministre estime que la criminalité financière moderne exige des outils d’investigation plus sophistiqués, capables de suivre les mouvements de capitaux au-delà des frontières. Les autorités malgaches veulent aussi se doter d’un arsenal juridique permettant, lorsque les éléments le justifient, le gel préventif d’avoirs, la saisie de biens ou des procédures de recouvrement d’actifs à l’échelle internationale.
Dans ce contexte, la venue des enquêteurs du PAC à Maurice est perçue comme une étape importante de la coopération entre les deux juridictions. Les investigations dépassent désormais le cadre de l’arrivée de l’appareil pour s’étendre aux flux financiers, aux actifs détenus à l’étranger et aux mécanismes ayant permis leur circulation. Une nouvelle phase s’ouvre ainsi dans un dossier dont les ramifications dépassent largement les frontières de l’océan Indien.
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