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Chine

Mobilité verte : le vélo partagé s’impose dans les trajets du quotidien

8 octobre 2026, 22:00

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Mobilité verte : le vélo partagé s’impose dans les trajets du quotidien

Une distance trop longue à pied, mais trop courte pour prendre un autre moyen de transport : à Beijing, le vélo partagé occupe cet entre-deux. Présent autour des stations de métro, des commerces et dans les rues de la capitale, il est devenu un mode de déplacement quotidien. Jaunes, bleus ou verts selon l’opérateur, les vélos en libre-service se trouvent facilement dans les rues de Beijing. Près des stations de métro, devant les commerces ou regroupés dans des espaces réservés, ils font partie du quotidien.

Leur usage ne se limite toutefois pas aux déplacements sur la route. On les retrouve aussi, par exemple, sur les grands campus universitaires. À la Renmin University of China, où les distances entre les différents bâtiments et installations peuvent être importantes, les vélos permettent aux étudiants et aux autres usagers de se déplacer d’un point à l’autre du campus.

Le fonctionnement passe par des applications mobiles. Une fois le vélo choisi, il suffit d’ouvrir l’application correspondante sur son smartphone, de scanner le code QR placé sur le vélo et de le déverrouiller. Sur le guidon de certains modèles, un support permet ensuite de placer le téléphone pour suivre l’itinéraire en cas de besoin. À l’avant, un panier permet de déposer un sac ou quelques affaires. L’application permet notamment de consulter la carte, de suivre le déplacement et de régler la course.

Le coût est l’un des arguments de cette mobilité. Meituan, l’un des opérateurs de vélos en libre-service, propose à titre d’exemple un tarif de 1,5 yuan (Rs 10) pour 30 minutes. Les prix peuvent toutefois varier selon l’opérateur et les offres proposées. Une distance qui paraît trop longue à parcourir à pied peut être effectuée en quelques minutes à vélo, sans avoir à attendre le bus ou à chercher un taxi. Le vélo devient ainsi une solution intermédiaire, particulièrement pratique pour les déplacements courts. Une fois arrivé, il suffit de verrouiller le vélo et de le laisser dans un espace prévu à cet effet.

L’ampleur de cette pratique apparaît dans les chiffres de la Beijing Municipal Transport Commission. En 2025, les vélos partagés ont enregistré 1,138 milliard de trajets, soit une moyenne de 3,116 millions de trajets par jour. Fin 2025, environ 848 000 vélos partagés étaient en circulation dans la capitale. Le vélo partagé est apparu à Beijing en août 2016 avec l’arrivée de Mobike, avant une expansion rapide du secteur. En moins d’un an, 15 entreprises sont entrées sur le marché et 2,35 millions de vélos ont été déployés dans la ville, selon le portail du Beijing Municipal Government. Cette croissance a aussi fait apparaître plusieurs problèmes : déploiement excessif de vélos par les opérateurs, stationnement désordonné et accumulation de vélos, notamment autour des stations de métro, des arrêts de bus et des zones commerciales.

Face à ces difficultés, Beijing a adopté, le 15 septembre 2017, les Guiding Opinions on Encouraging and Regulating the Development of Shared Bicycles in Beijing, destinées à encadrer le développement du secteur. La municipalité a notamment prévu un contrôle du nombre de vélos mis en circulation, une meilleure organisation du stationnement et une responsabilité accrue des opérateurs dans la gestion et l’entretien des vélos. Le vélo partagé s’est depuis installé dans les habitudes de mobilité de la capitale, tout en restant soumis à des règles d’utilisation et de stationnement.

Selon la Beijing Municipal Transport Commission, 37 200 cas de stationnement irrégulier de vélos partagés ont été recensés en 2025. La même source indique que 1 071 utilisateurs ont fait l’objet de restrictions communes appliquées par les trois principaux opérateurs en raison de problèmes de stationnement.

Les infrastructures

Beijing dispose de voies réservées aux cyclistes, dont certaines sont séparées de la circulation automobile. Le plan de gestion des transports de la ville pour 2025 prévoyait 11,36 kilomètres supplémentaires de voies indépendantes pour les véhicules non motorisés, ainsi que 11,02 kilomètres de voies existantes à élargir, selon la Beijing Municipal Transport Commission. Dans les rues observées, la circulation est toutefois plus diverse. Certains cyclistes restent sur les voies qui leur sont destinées, mais celles-ci ne sont pas toujours dégagées. Lorsqu’une voiture s’y arrête ou y stationne, il faut parfois se déporter pour poursuivre son chemin. À d’autres endroits, des vélos circulent également sur les espaces longeant les trottoirs, où ils doivent composer avec les piétons.

Activité physique

Au-delà de la facilité d’utilisation, le vélo permet aussi d’intégrer davantage d’activités physiques aux déplacements quotidiens. Dans ses lignes directrices publiées en 2020 sur l’activité physique et les comportements sédentaires, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande aux adultes de pratiquer entre 150 et 300 minutes d’activité physique aérobique d’intensité modérée par semaine, ou entre 75 et 150 minutes d’activité d’intensité soutenue. La marche et le vélo peuvent notamment être intégrés aux déplacements quotidiens. L’OMS souligne également les bénéfices sanitaires et environnementaux de la marche et du vélo comme formes de mobilité active. Lorsqu’ils remplacent certains déplacements motorisés, ces modes peuvent contribuer à réduire les émissions liées aux transports tout en favorisant l’activité physique.

La question de la sécurité reste toutefois présente. Dans un communiqué publié en mai 2025, l’OMS a appelé à rendre la marche et le vélo plus sûrs et a souligné l’importance d’infrastructures adaptées, comme les pistes cyclables protégées. L’organisation rappelle que près de 1,2 million de personnes meurent chaque année sur les routes dans le monde et que plus d’un quart des victimes sont des piétons ou des cyclistes. À Beijing, comme pour les autres usagers de la route, la prudence reste donc nécessaire. Même lorsqu’une piste cyclable est disponible, le cycliste doit composer avec les voitures, les autobus, les véhicules électriques et les piétons. Lorsqu’un véhicule bloque momentanément la voie ou que plusieurs usagers se retrouvent dans un même espace, il faut adapter sa trajectoire et rester attentif.

Au quotidien, le vélo partagé apparaît ainsi comme une solution intermédiaire pour les courtes distances. Il permet de gagner du temps par rapport à la marche, reste peu coûteux et ajoute une part d’activité physique au déplacement. Une solution simple, mais qui repose aussi sur des infrastructures adaptées et un partage de la route entre les différents usagers.

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