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Les clés du rapport de la Banque mondiale
Chute de la croissance potentielle à 1,2% en 2050
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Les clés du rapport de la Banque mondiale
Chute de la croissance potentielle à 1,2% en 2050
Sans réforme de son modèle économique, la croissance potentielle de Maurice pourrait chuter à 1,2 % d’ici 2050. C’est le principal avertissement du Rapport sur la croissance et l’emploi à Maurice 2026, lancé mercredi 7 octobre au Hennessy Park Hotel, à Ébène, par le Groupe de la Banque mondiale et le gouvernement. Selon le document, le modèle de développement bâti depuis cinquante ans atteint progressivement ses limites.
La cérémonie s’est tenue en présence de Sjamsu Rahardja, représentant résident de la Banque mondiale, de Jyoti Jeetun, ministre des Services financiers et de la Planification économique, de Dhaneshwar Damry, junior minister aux Finances, et des économistes Elisa Gamberoni Bucher et Adolf Gaulbert Wayne Nourrice. Arnaud Lagesse (IBL) et Rajah Ramdaursingh (EDB) figuraient parmi les invités.
Fily Sissoko, directeur de division de la Banque mondiale, a rappelé que «le succès de l’île Maurice a toujours reposé sur sa capacité à s’adapter, à innover et à anticiper les changements». Un programme de réformes pourrait toutefois porter la croissance du PIB à 5,2 % d’ici 2035, puis à 6,7 % en 2050, générer environ 4 400 emplois supplémentaires et augmenter les salaires réels de près de 5,7 %. Les gains de productivité amélioreraient aussi les revenus de près de 37 640 emplois. Dhaneshwar Damry a qualifié la période actuelle de «moment décisif» : les choix d’aujourd’hui détermineront la capacité du pays à créer des emplois de qualité, attirer les investissements et relever le niveau de vie.
Le rapport note que les deux longues phases de croissance soutenue, tirées par les exportations, se sont essoufflées : la productivité ralentit, l’investissement recule et se dirige vers des activités moins productives. Le marché du travail souffre d’une pénurie de compétences, du vieillissement démographique, de la faible participation des femmes et du chômage des jeunes. S’y ajoutent une concurrence insuffisante, des contraintes énergétiques et portuaires et une adoption inégale du numérique.
La Banque mondiale propose une troisième phase de transformation autour de trois axes. Le premier concerne les institutions : moderniser le cadre de la concurrence, renforcer la Commission de la concurrence, améliorer la gouvernance des entreprises publiques et adapter la réglementation du travail sans sacrifier les protections fondamentales. Pour les femmes, elle recommande des services de garde subventionnés, des horaires flexibles et une transparence salariale accrue.
Le deuxième axe mise sur les compétences – intelligence artificielle, cybersécurité, science des données, compétences comportementales – et sur une meilleure adéquation entre formations et besoins des employeurs, ainsi que sur l’efficacité des secteurs énergétique et portuaire. Le troisième vise l’innovation et la numérisation des entreprises, avec des aides plus accessibles aux PME, des services de conseil numérique, de meilleures plateformes publiques et un partage sécurisé des données.
Les coûts budgétaires resteraient limités, l’accélération de l’activité devant générer des recettes supplémentaires et renforcer la soutenabilité des finances publiques.
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