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Planification économique
Maurice face au défi de l’exécution pour réussir sa prochaine transformation
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Planification économique
Maurice face au défi de l’exécution pour réussir sa prochaine transformation
■ Le lancement du rapport sur la croissance et l’emploi s’est tenu mercredi au «Hennessy Park Hotel», à Ébène. Photos: Beekash Roopun.
La démographie, la transformation de l’administration publique et la capacité à inscrire les réformes dans la durée sont trois défis majeurs auxquels Maurice devra répondre pour réussir sa prochaine phase de développement, a estimé mercredi la ministre des Services financiers et de la Planification économique, Jyoti Jeetun.
Présentant le rapport de la Banque mondiale consacré à la croissance et à l’emploi à Maurice, intitulé Riding the Next Wave, la ministre a souligné que le pays disposait désormais d’un diagnostic relativement clair : ralentissement de la productivité, vieillissement de la population, inadéquation des compétences avec les besoins de l’économie, contraintes croissantes sur le marché du travail et espace budgétaire plus limité.
Trois axes
Le premier défi est démographique. La population mauricienne vieillit et diminue, alors que les jeunes sont de plus en plus mobiles. Selon les estimations citées dans son discours, entre 400 000 et 500 000 travailleurs pourraient être nécessaires pour concrétiser la Vision 2050. La ministre a appelé à «une conversation» nationale sur la migration, qui ne saurait être réduite aux seuls besoins du marché du travail et doit également intégrer les questions de cohésion sociale, de logement, d’infrastructures et d’inclusion.
Deuxième enjeu : l’État lui-même doit se transformer. L’administration publique reste largement fondée sur des processus hérités de plusieurs décennies, avec de nombreux services encore dépendants du papier et de procédures complexes. «Si nous voulons accroître la productivité de l’économie, nous devons commencer par accroître celle du gouvernement», a-t-elle plaidé, appelant à passer du papier au numérique, des processus aux résultats et d’une administration centrée sur l’État à des services centrés sur le citoyen.
Enfin, Jyoti Jeetun a posé la question de la continuité politique. Vision 2050 est un projet sur 25 ans, alors que les gouvernements sont élus pour des périodes beaucoup plus courtes. Citant Singapour et le Rwanda comme exemples de continuité stratégique dans des systèmes politiques différents, elle a estimé que Maurice devait trouver sa propre réponse : faire de cette vision un projet national dépassant les gouvernements, les partis et les cycles électoraux.
«Le test est de savoir si Maurice s’en empare», a-t-elle résumé, appelant à transformer l’ambition en action et l’action en résultats.
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