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Condamnés à 15 ans de prison à Madagascar

L’entraide judiciaire en quête de nouvelles preuves

7 octobre 2026, 15:30

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L’entraide judiciaire en quête de nouvelles preuves

Jean Benjamin Albert fait partie des Mauriciens qui ont écopé de 15 ans de prison.

La condamnation à 15 ans de réclusion de Jean Benjamin Albert, Jean Marc Édouard et Jean-Noël Ferry par la cour criminelle ordinaire de Madagascar n’a pas refermé le dossier. Bien au contraire. Si le verdict est désormais connu, les motivations détaillées de la décision judiciaire ne sont pas encore disponibles. La copie intégrale de l’arrêt ne devrait être obtenue qu’une fois le factum rédigé par le président de la cour. Une étape qui pourrait nécessiter encore plusieurs semaines, voire davantage.

En attendant, les enquêteurs mauriciens poursuivent leurs propres démarches. Selon les informations recueillies, une procédure d’entraide judiciaire internationale est en cours entre Maurice et Madagascar. La Financial Crimes Commission cherche notamment à obtenir des précisions supplémentaires sur certains éléments apparus au cours du procès et sur les déclarations de plusieurs protagonistes de l’affaire.

L’objectif serait double : comprendre plus précisément le rôle des différentes personnes citées dans le dossier et vérifier la véracité des informations fournies par les suspects mauriciens afin de déterminer dans quelle direction orienter la suite des investigations à Maurice. Les autorités s’intéresseraient particulièrement aux déplacements, communications et liens entre plusieurs individus mentionnés au cours de l’enquête.

Parmi les zones d’ombre qui continuent d’alimenter les débats figure la version défendue depuis le début par Jean-Noël Ferry. Le Mauricien de 47 ans soutient qu’il n’était pas un trafiquant agissant pour son propre compte, mais qu’il avait infiltré le réseau afin de transmettre des renseignements aux autorités mauriciennes. Cette ligne de défense demeure au cœur des discussions après le prononcé de la peine.

Par ailleurs, les proches du condamné dénoncent ce qu’ils considèrent comme une profonde injustice. Selon eux, Jean-Noël Ferry aurait effectivement communiqué des informations à un sergent affecté à l’ADSU de Grand-Baie avant son arrestation à Madagascar. Ils affirment que des vidéos, enregistrements et divers renseignements sur le réseau auraient été transmis aux autorités mauriciennes. Pourtant, aucune interven- tion décisive n’aurait suivi. «Personne n’a levé le petit doigt», déplorent-ils, estimant que les informations fournies auraient dû permettre une action plus rapide ou, tout au moins, être officiellement portées à la connaissance des autorités malgaches.

Voyage suspect d’Appaya

Une autre question continue également d’intriguer les enquêteurs : celle du déplacement de Wendy Appaya à Madagascar en janvier 2025. Selon plusieurs éléments examinés dans le cadre des investigations, ce voyage aurait eu lieu quelques jours avant les premières arrestations. Les suspects avancent l’hypothèse qu’elle aurait effectué le déplacement pour récupérer le colis lié à l’opération. Cette piste fait toujours partie des vérifications en cours et devra être confrontée aux informations obtenues auprès des autorités malgaches.

L’enquête mauricienne ne se limite d’ailleurs plus uniquement à la saisie de cocaïne ayant conduit aux condamnations. Les autorités examinent également les aspects financiers du dossier, les mouvements d’argent présumés, les voyages effectués par plusieurs protagonistes ainsi que les relations existant entre les différents acteurs mentionnés au fil de l’enquête.

Pour Jean-Noël Ferry, l’espoir repose désormais sur l’appel et sur l’émergence de nouveaux éléments susceptibles d’éclairer son rôle exact. Mais même après le verdict, une certitude s’impose : l’affaire est loin d’avoir livré tous ses secrets et les investigations continuent.

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