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Saisie de 155,7 kg de cannabis à La Réunion
Le faisceau d’indices qui maintient Gulshan Govind en détention
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Saisie de 155,7 kg de cannabis à La Réunion
Le faisceau d’indices qui maintient Gulshan Govind en détention
Gulshan Govind lors de son passage au tribunal de Bambous, hier. © Aurelio Prudence
Le soupçon demeure, sans constituer encore une preuve de culpabilité. C’est l’essentiel du ruling rendu hier, par la cour de district de Rivière-Noire dans l’affaire des 155,7 kg de cannabis saisis à La Réunion. Le magistrat Irfaan Mittoo a rejeté la demande de radiation de la charge provisoire formulée par Gulshan Govind, estimant que les éléments réunis à ce stade suffisent à établir un reasonable suspicion. Arrêté le 31 juillet, Govind fait face à une accusation provisoire de complot en vue d’importer du cannabis à Maurice, avec circonstance de trafic. Selon la charge, il aurait convenu avec Kris Chimajee et d’autres protagonistes d’acheminer environ 156 kg de cannabis depuis La Réunion à bord du hors-bord PCL200T-PC, pour une valeur estimée à Rs 234 millions.
Le raisonnement judiciaire s’appuie d’abord sur ce hors-bord. Les autorités réunionnaises l’avaient repéré le 26 juillet alors qu’il se dirigeait vers Maurice, avant d’en perdre la trace. Deux hommes avaient été arrêtés à La Réunion et les dix sacs noirs contenant les 155,7 kg de cannabis saisis. Aux premières heures du 27 juillet, le même bateau était retrouvé dans le lagon du Morne, près du Paradis Hotel. Des matières végétales et graines suspectées d’être du cannabis ainsi que quatre fioles contenant un liquide soupçonné d’être de la méthadone, y auraient été découvertes.
C’est ensuite que le nom de Govind apparaît dans le faisceau d’indices. Les images CCTV le montrent, selon la police, conduisant un individu près du Paradis Hotel le 25 juillet vers 13 heures. Cet homme aurait ensuite rejoint le bateau. L’ADSU affirme également que Govind a été vu avec d’autres protagonistes avant et après les faits allégués, principalement sur la côte Ouest. Autre élément : le véhicule utilisé pour ce déplacement, appartenant à son épouse, aurait contenu des traces de matière végétale et une graine suspectées d’être du cannabis. Au domicile de Govind, des plants de cannabis et une quantité de liquide suspecté d’être de la méthadone ont aussi été saisis. Le magistrat note que ce liquide présentait, lors d’un examen visuel, une similarité avec celui retrouvé sur le hors-bord.
La défense a contesté la chronologie, la portée des éléments policiers et certaines incohérences, rappelant que le véhicule avait été restitué et que Govind avait volontairement remis son téléphone aux enquêteurs. Mais ces arguments n’ont pas suffi à faire tomber le seuil juridique requis. Le magistrat souligne que la cour n’a pas, à ce stade, à déterminer si les éléments permettraient une condamnation. La crédibilité des témoins, la chaîne de possession et les contradictions relèvent d’un procès, si une accusation formelle est ultérieurement portée.
L’enquête reste ouverte. Elle implique deux territoires et une demande de Mutual Legal Assistance de La Réunion. Le tribunal estime que cette dimension internationale, ainsi que la manière dont les protagonistes auraient échappé à la surveillance, justifient que les enquêteurs disposent encore de temps. Mais le magistrat fixe une limite : les autorités doivent parvenir à une décision sur l’issue de l’enquête dans les meilleurs délais, rappelant qu’une personne détenue doit connaître les faits justifiant sa détention et que le judiciaire doit en surveiller la durée.
Pour Govind, le verrou judiciaire reste donc fermé. Le dossier n’est pas jugé, mais le soupçon tient toujours. Déjà libéré sous caution dans le volet concernant les plants de cannabis et la méthadone saisis chez lui, il demeure en détention pour la charge provisoire de complot. Son prochain passage en cour est fixé au 21 octobre.
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