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Questions à…

Samuel David : «La société inclusive doit être fondée sur l’empathie, pas sur la pitié»

6 octobre 2026, 19:00

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Samuel David : «La société inclusive doit être fondée sur l’empathie, pas sur la pitié»

Samuel David, éducateur dans une école spécialisée et travailleur social.

La Journée mondiale des enseignants, célébrée hier, concerne aussi les éducateurs exerçant au sein des écoles spécialisées. Samuel David, éducateur, travailleur social et «Youth Coordinator» de l’Association pour la protection des droits des handicapés, revient sur les réalités de son métier, entre défis de communication, accompagnement vers l’autonomie et nécessité d’un meilleur soutien aux jeunes en situation de handicap. Pour lui, l’inclusion passe avant tout par la bienveillance et l’empathie.

■ Quels sont les principaux défis auxquels vous êtes confronté au quotidien en tant qu’enseignant dans une école spécialisée ?

Le principal défi concerne la communication. Tous les enfants ne communiquent pas de la même manière. Certains éprouvent beaucoup de difficultés à exprimer ce qu’ils veulent ou ce qu’ils ressentent. Beaucoup ont également du mal à gérer leurs émotions. Il faut donc apprendre à les comprendre, mais, surtout, leur donner la possibilité et le temps de s’exprimer.

■ Avez-vous les moyens d’accompagner chaque élève de manière adaptée ?

Il existe différentes stratégies et plusieurs outils qui peuvent être utilisés pour favoriser une meilleure communication. Certains permettent également d’aider les enfants qui ont un handicap physique, notamment dans leurs déplacements. Il faut toutefois savoir adapter ces outils aux besoins de chaque enfant.

■ Votre rôle va bien au-delà de l’enseignement scolaire. Comment préparez-vous les jeunes à gagner en autonomie et à développer leur confiance en eux ?

C’est justement l’un des objectifs essentiels de notre travail : aider les enfants à devenir progressivement autonomes. Cela passe par une pratique régulière des gestes du quotidien, comme se déplacer, se nourrir, prendre soin de soi ou encore communiquer avec les autres avec confiance et bienveillance en utilisant les mots appropriés. En tant qu’éducateurs, nous sommes là pour semer les graines de la bienveillance afin qu’ils deviennent des citoyens respectueux et engagés.

■ Les enseignants des écoles spécialisées sont-ils suffisamment soutenus par les autorités et les familles ?

La collaboration entre parents, enfants, éducateurs et communauté connaît encore des failles. Nous avons besoin de davantage de dialogue et de soutien. Les autorités sont souvent très présentes sur les démarches administratives, mais notre priorité devrait aussi être le bien-être et l’épanouissement de chaque individu. Lorsque les enfants rencontrent des difficultés au sein de leur famille ou dans la société, nous sommes parfois trop lents à agir ou il n’y a pas suffisamment d’actions concrètes pour les accompagner. Les situations des familles déchirées ont également de lourdes répercussions sur les enfants et les rendent plus vulnérables.

■ Quel message souhaitezvous adresser aux autorités et à la société ?

Je lance un appel à la population pour faire davantage preuve de solidarité et de bienveillance afin de veiller au bien-être de chaque enfant. Donnons-leur les outils nécessaires pour construire eux-mêmes leur avenir. Il ne faut pas seulement leur faciliter la vie, mais aussi leur apprendre à se mettre en mouvement et à prendre leur place dans la société. Je plaide pour une société véritablement inclusive, fondée sur l’empathie et l’action, pas sur la pitié.

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