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Condamnés à 15 ans de prison à Madagascar

La FCC remontera-t-elle jusqu’aux allégations de ces détenus mauriciens ?

5 octobre 2026, 11:00

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La FCC remontera-t-elle jusqu’aux allégations de ces détenus mauriciens ?

■ Neuf individus, dont les trois Mauriciens, ont été arrêtés lors d’une opération antidrogue en janvier 2025 à Madagascar où 16,45 kg de cocaïne ont été saisis.

La condamnation de Jean Benjamin Albert, Jean Marc Édouard et Jean-Noël Ferry à 15 années de réclusion criminelle par la justice malgache jeudi dernier ouvre un nouveau chapitre dans une affaire de trafic de cocaïne qui, depuis près de deux ans, nourrit les interrogations des enquêteurs des deux côtés du canal du Mozambique. Si le verdict rendu le 1er octobre constitue une avancée majeure pour les autorités malgaches, il ne met pas un terme aux nombreuses questions soulevées par ce dossier aux ramifications internationales. Bien au contraire. À Maurice, l’attention se tourne désormais vers les suites que pourraient donner les autorités locales, notamment la Financial Crimes Commission (FCC) et l’unité antidrogue (ADSU).

Tout porte à croire que les trois condamnés interjetteront appel. Depuis le début de la procédure, les principaux accusés ont toujours contesté leur implication dans un trafic organisé. Jean Benjamin Albert avait notamment diffusé plusieurs vidéos dans lesquelles il mettait en cause d’autres protagonistes présumés du réseau, citant nommément Wendip Appaya ainsi que d’autres individus qu’il présentait comme les véritables commanditaires. Des affirmations qui n’ont toutefois pas convaincu la justice malgache. 9caaa515-7d51-4945-b67b-7feb34ddbdaf (1) ■ Jean-Noël Ferry aurait indiqué avoir été l’informateur de l’ADSU dans cette affaire.

Pour les enquêteurs mauriciens, la question essentielle demeure celle du réseau qui aurait permis l’organisation de l’opération. Les investigations menées à Madagascar ont mis en lumière une filière présumée reliant Toamasina, Fort Dauphin, Antananarivo et Maurice. Plusieurs noms sont apparus au fil des enquêtes, sans que toutes les responsabilités n’aient encore été clairement établies. Le dossier soulève également des interrogations sur le sort d’une partie de la cargaison. Selon des éléments versés au dossier, près de 60 kg de cocaïne auraient quitté Madagascar à destination de Maurice. Or, seuls 16,45 kg ont été saisis par les autorités malgaches. Plus de 40 kg demeurent toujours sans explication officielle.

Infiltration et collaboration

Dans ce contexte, une coopération judiciaire renforcée entre Maurice et Madagascar pourrait prendre une importance particulière dans les mois à venir. Les mécanismes de Mutual Legal Assistance, déjà utilisés dans plusieurs enquêtes transfrontalières, pourraient permettre de partager davantage d’informations entre les deux juridictions et d’exploiter les éléments recueillis lors du procès malgache. La FCC pourrait notamment s’intéresser aux éventuels flux financiers liés à l’opération, ainsi qu’aux personnes citées au cours des investigations. Une mission d’enquête à Madagascar n’est pas à exclure si les autorités mauriciennes estiment que certains témoignages ou documents doivent être examinés sur place.

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Reste enfin le cas de Jean-Noël Ferry. Depuis son arrestation en janvier 2025, il affirme avoir infiltré le réseau afin de transmettre des renseignements aux autorités mauriciennes. Selon plusieurs sources, des informations, vidéos et enregistrements auraient effectivement été communiqués à un membre de l’ADSU avant son arrestation. La question de savoir si ces démarches relevaient d’une véritable collaboration avec les autorités ou constituaient une ligne de défense demeure aujourd’hui l’une des zones les plus sensibles du dossier. Le verdict malgache a donc refermé une première séquence judiciaire. Mais pour les enquêteurs mauriciens, l’affaire semble encore loin d’avoir livré tous ses secrets.

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