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Fron Militan Progresis
Paul Bérenger : «Gouvernman pe zwe avek dife»
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Paul Bérenger : «Gouvernman pe zwe avek dife»
■ Paul Bérenger lors de la conférence de presse du Fron Militan Progresis, hier, à l’hôtel «Hennessy Park», à Ébène.
La National Crime Agency (NCA), le prix des carburants et la succession du Commissaire électoral. Trois dossiers, une même inquiétude : pour Paul Bérenger, le gouvernement avance trop vite sur des réformes qui touchent directement aux institutions et au quotidien des Mauriciens. Face à la presse, hier à l’hôtel Hennessy Park, à Ébène, le leader du Fron Militan Progresis( FMP) a également étrillé la gestion de la Financial Crimes Commission (FCC) et de la State Trading Corporation.
«Nous ne sommes pas en faveur du statu quo. Nous sommes contre la Financial Crimes Commission. Nous voulons remplacer la FCC, mais pas par pire.» D’emblée, Paul Bérenger plante le décor. Pour lui, la réforme du dispositif de lutte contre la criminalité financière est nécessaire, mais le projet de NCA, sous sa forme actuelle, soulève de sérieuses interrogations.
Au cœur de sa contestation : le pouvoir qui serait accordé à la future agence de reprendre une enquête menée par la police. Une disposition qu’il juge «très dangereuse», particulièrement si elle est inscrite dans la Constitution.
«Zot realize ki sa vedir pou lotorite komiser de polis ?» lance-t-il, estimant qu’une telle disposition pourrait affaiblir l’autorité constitutionnelle du commissaire de police et, plus largement, l’organisation de la force policière.
Paul Bérenger ne réclame pas le maintien du système actuel. Il propose plutôt la création d’un National Police Service, avec une NCA intégrée à cette structure et placée sous l’autorité d’un commissaire de police disposant de ses prérogatives constitutionnelles.
Le leader du FMP demande surtout au gouvernement de prendre le temps nécessaire avant de légiférer. Il cite le modèle britannique, où, selon lui, des travaux sont toujours en cours autour de l’organisation du service national de police. «Take time et dialoguer», martèle-t-il.
Même ton sur la FCC. Paul Bérenger critique le recrutement de son directeur et le recours prolongé à un intérim. «Ti met li Acting parski ti trouv li pa kalifye. Me acting se zis pou 9 mwa. Kan so 9 mwa inn fini, zot inn fer li ale enn de-trwa zour pou apre refer li vini pou 9 mwa. Zot ti trouv li pa kalifye, apre zot inn met li mem direkter», affirme-t-il, en référence au processus de nomination. Il dénonce également ce qu’il considère comme une concentration de pouvoirs et réclame davantage de garanties institutionnelles.
Un commissaire électoral «capable et honnête»
La succession du Commissaire électoral constitue son deuxième grand sujet. Paul Bérenger rappelle que le contrat de l’actuel titulaire arrive à échéance au début de l’année prochaine et que la Judicial and Legal Service Commission a lancé un appel à candidatures.
Pour lui, le choix du prochain titulaire ne peut être considéré comme une nomination ordinaire. «Le Commissaire électoral est le cœur de la démocratie», soutient-il, en plaidant pour un candidat «qualifié, capable et honnête». Le leader du FMP ouvre également une réflexion sur le système mauricien, notamment sur la question de savoir s’il faut conserver un seul Commissaire électoral ou évoluer vers une structure à plusieurs membres, à l’image de l’Inde. Mais il se garde de remettre en cause l’actuel titulaire. Si les circonstances l’exigent, il dit pouvoir lui faire confiance pour continuer à assurer ses fonctions temporairement. Une position qu’il justifie par son expérience et son rôle dans la crédibilité du processus électoral, alors que Rodrigues doit organiser des élections régionales l’année prochaine.
Des taxes pétrolières à réduire ou supprimer
Le troisième dossier fait directement écho au portefeuille des Mauriciens : la hausse des prix de l’essence et du diesel. Pour Paul Bérenger, le gouvernement aurait dû anticiper davantage cette hausse dans le dernier Budget. Il pointe notamment les taxes appliquées aux produits pétroliers, estimant qu’elles auraient pu être réduites ou supprimées.
Le leader du FMP reconnaît toutefois que toute baisse de recettes aurait un effet sur le déficit budgétaire et la dette publique. C’est précisément pour cette raison, dit-il, que la question aurait dû être étudiée lors de la préparation du budget.
Il remet également en question le mécanisme de fixation des prix des carburants, qu’il juge dépassé.
La State Trading Corporation (STC) se retrouve, elle aussi, dans son viseur. Après la révocation de son conseil d’administration et la nomination d’un nouveau Board, Paul Bérenger dénonce une gestion qu’il qualifie de «cirque». Il estime que la société d’État est aujourd’hui utilisée comme «bouc émissaire».
Il réclame enfin davantage de transparence sur les «premiums» et les commissions entrant dans le prix final des carburants. Selon les chiffres qu’il dit avoir entendus, les hausses de premiums représenteraient une part importante de l’augmentation récente.
Face à ces différents dossiers, le leader du FMP appelle le gouvernement à davantage de transparence et de concertation. Sur la NCA comme sur les carburants, son message tient en quelques mots : «Gouvernman pe zwe ar dife.»
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