Publicité

Kronik KC Ranze

Constatons les faits !

4 octobre 2026, 10:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Constatons les faits !

Le ministre Pentiah, que je ne connais ni d’Eve, ni d’Adam, ni de Cain, ni d’Abel, a tout à fait raison d’intervenir sur le double emploi des fonctionnaires, tant que ce règlement s’applique à tout le monde, selon les mêmes protocoles.

Commençons par le commencement : la fonction publique offre de gros avantages et c’est pour cela que de nombreux citoyens veulent y trouver un emploi ! Quelqu’un qui travaille dans le secteur public a un emploi fortement structuré, avec des horaires fixes, des congés généreux sous forme de vacation leaves, de sick leaves accumulés, de passage benefits et profite d’avantages financiers, comme des taux préférentiels sur des emprunts ou du soutien au Public Officers Welfare Council. D’autre part, leurs syndicats réussissent bien, car le service civil est un vote bank qui compte !

De plus, certains bénéficient, quand ils sont qualifiés, du privilège extraordinaire de voitures duty free, ce qui n’est pas négligeable et qui est même discriminatoire. Pour bien comprendre à quel point, il faut se poser la question : ou s’arrête ce «principe» bancal ? Si on peut défendre le principe de voiture duty free, pourrait-on demain allouer aux employés du secteur public le privilège d’électricité gratuite ? Ou mieux, de salaires totalement income tax free aux dépens du contribuable ?

Mais avant tout, un emploi gouvernemental est un emploi permanent et bénéficiant d’une pension de retraite généreuse financée par le contribuable, en sus de la pension universelle (BRP) non contributive. En effet, dans le secteur privé, tous les employés ne sont pas aussi chanceux et n’ont pas un employeur qui contribue 12 % du salaire pour l’employé… D’autre part, quasiment personne ne perd son emploi dans le service civil et nous connaissons tous des cas de fonctionnaires suspendus qui touchent des salaires, pendant des années entières, le temps que leurs cas soient «considérés» (*). Le fait est qu’alors qu’un employé du secteur privé (ou un self-employed) peut à tout moment perdre son emploi parce que sa compagnie ne peut plus joindre les deux bouts ou qu’elle fait carrément faillite, l’employé du service civil, lui, ne court aucun risque réel de perdre le sien ! Nous ne sommes pas en Argentine, que diable ! Ni ne bénéficions des attentions DOGéS de l’homme le plus riche du monde… Pensez à nos célèbres casinos, par exemple !

L’argument syndical est que la réalité économique impose aujourd’hui à certains employés de chercher à compléter leurs revenus «pendant leur temps libre». Arrondir ses fins de mois relève, à première vue, de la logique. Cependant, il est bon de souligner que, ce faisant, l’employé public est alors en compétition directe avec un employé du privé qui veut aussi arrondir ses fins de mois et que cette compétition est inégale !

En effet, si l’employé public peut effectuer un travail privé, l’employé du privé, quant à lui, ne peut pas, d’aucune manière, postuler pour l’équivalent dans le secteur public…

Le ministre Pentiah a raison de réguler les emplois rémunérés qui se pratiquent pendant les heures de travail. Quand on a la chance d’être employé du gouvernement, on doit priorité absolue à cet emploi et encore plus aux «clients» de son employeur, qui sont les citoyens du pays! Là-dessus, point de doute !

Mais les syndicalistes ont eux aussi raison de souligner que cette règle doit s’appliquer à tous et qu’être Officer in charge dans une autre fonction ne peut pas vouloir dire deux salaires, à moins, théoriquement, de faire le double des heures… Si, par extraordinaire, on pouvait faire deux boulots de responsables pendant les mêmes heures de bureau, ne faudrait-il pas logiquement conclure que ces deux emplois sont «surpayés» au départ, pour ce qu’il y a à faire ?

De la même manière, il se pose la question des hauts gradés de la fonction publique – nommés à des conseils d’administration ou comme Chairman – si ces responsabilités s’exercent pendant les heures de travail, ce qui est souvent le cas. On se souviendra sans doute du travail d’Hercule qu’assumait l’ancien chef de cabinet et chef de service civil Nayen Koomar Balla, qui était aussi Chairman de la MRA, Chairman de MT (jusqu’en 2022), Chairman de Metro Express, Chairman de SBM Bank, Chairman de Multi Carrier, *Chairman et Board member d’Air Mauritius, et Chairman de Mauritius Duty Free Paradise. Je ne le connais pas non plus, mais comment faisait-il ? Est-il un surhomme ou négligeait-il certaines responsabilités même si grassement rémunéré ?

****** 

Le litre d’essence coûte Rs 77,70. Celui du diesel, Rs 78,35. Personne n’est content évidemment. Moi non plus, pour diverses raisons.

Mais il y a une guerre stupide au Moyen-Orient qui en est responsable, Trump ayant attaqué l’Iran, qui a fermé le détroit d’Ormuz, etc. Que fait-on dans ce cas ? On téléphone à l’ayatollah, qu’on ne voit toujours pas depuis que son père a été assassiné, pour le raisonner ? On menace Trump de saisir Diego Garcia en y débarquant la Special Mobile Force, s’il ne décrète pas la paix ? On exige du gouvernement qu’il augmente le déficit du Price Stabilisation Account qui est déjà à –Rs 3,6 milliards (déjà à –Rs 3,4 milliards en novembre 2024) ?

On demande que le gouvernement baisse la TVA sur l’essence pour créer un petit «trou» supplémentaire au Budget (le «trou» de Rs 67 milliards de 2024-2025 ayant été ramené à Rs 46 Mds en 2025-2026, alors que le déficit de 2026-2027 estimé à Rs 31 Mds menace de remonter à… Rs 48 Mds après les «développements» sur les Chagos et le Means test) ? On imprime encore quelques dizaines de milliards de billets à la Banque Centrale pour augmenter les subventions ? Et ainsi forcer la roupie à déprécier encore plus ? (Le dollar s’échangeait à Rs 31,90 en décembre 2014, à Rs 47,20 en décembre 2024, et à Rs 48,30 fin septembre 2026…). Choisirons-nous de vivre dans La-La-Land ?

Quel choix véritable avons-nous à part celui d’être réaliste et logique et «manger notre coup», rouler moins et brûler moins d’essence si on peut ? En attendant… la paix et bien plus de solaire (ce qui diminuera, bien sûr, la demande pour le pétrole polluant !). D’ailleurs, il faut rappeler que, si les choses ne s’arrangent pas, il y a possiblement pire à l’horizon ! Un communiqué du CEB parle de la même réalité pour l’électricité, puisque l’huile lourde qui alimente «une partie importante» de la production d’électricité, a augmenté d’environ 57 % entre janvier et septembre 2026, nous rappelle-t-on ! La petite hausse de 15% du KWh de mai dernier risque donc de ne pas suffire. Pour le charbon, la hausse sur la même période dépasse les 35 %. Fautil répéter à nouveau que le prix du soleil est reste bloqué à 0 % d’augmentation ? Alors que l’objectif de 60% d’énergie renouvelable à l’horizon 2030 se révéla être un leurre et une impossibilité criminelle, arrivé à fin 2024 ? Qu’attendons-nous donc pour «solariser» beaucoup plus rapidement ?

Pour continuer dans la voie du réalisme que les gueulards ne veulent pas (ou refusent d’) accepter: un tableau crédible des prix du litre de diesel dans le monde (**) à fin septembre 2026 révèle que 77 des 168 pays listés vendaient leur diesel au litre à plus cher que les Rs 78,35 de Maurice (USD 1,622). La plupart des pays du monde, comme le nôtre taxent leurs carburants. Généralement parlant, les pays où le diesel coûte bien moins cher sont soit des pays producteurs, soit des pays pauvres qui subventionnent, dans une logique illusoire, les produits pétroliers. Le prix moyen mondial du litre de diesel (NdlR : taux de conversion arrêtés au samedi 3 octobre) est de Rs 79,88. Le litre de diesel est à Rs 233,85 à Hong Kong, Rs 136,17 à Singapour, Rs 126,18 en France, Rs 128,06 en Grande-Bretagne, Rs 92,16 en Afrique du Sud, Rs 86,69 en Australie, Rs 88,50 aux Seychelles et… Rs 3,29 en Iran ! Google/ Gemini en fait foi aussi !

Qui veut émigrer chez les ayatollahs d’Iran, avant que le billet d’avion n’augmente aussi ?

(*) Le rapport de l’Audit souligne que Rs 409,4 millions ont été payés, comme salaires, à des employés suspendus ou «interdicted» entre 2020 et 2025.

(**) Diesel prices, liter, 28-Sep-2026

Publicité