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Société
Écoles spécialisées : après un accident, la question de la sécurité relancée
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Écoles spécialisées : après un accident, la question de la sécurité relancée
■ La «Special Education Needs Authority» est sollicitée au sujet des moyens humains et de l’encadrement nécessaires pour assurer la sécurité des élèves en situation de handicap.
Après qu’un enfant a été blessé dans un établissement spécialisé, des voix s’élèvent pour réclamer davantage de vigilance sur l’encadrement, les ratios élèves-personnel et les conditions de prise en charge des enfants en situation de handicap.
Un accident dans un établissement spécialisé et une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux. Au-delà de l’émotion, une question revient avec insistance : les structures accueillant des enfants en situation de handicap disposent-elles des moyens humains et de l’encadrement nécessaires pour assurer la sécurité au quotidien ?
La mère de l’enfant blessé a demandé qu’une enquête soit menée pour faire la lumière sur les circonstances de l’incident. Pour Ali Jookhun, président du Conseil exécutif de l’African Down Syndrome Network, cet épisode doit surtout servir à tirer des enseignements. «Pour un enfant en situation de handicap, le handicap n’est pas une affaire de one size fits all. C’est du cas par cas», souligne-t-il.
Selon lui, les besoins de chaque enfant doivent être évalués avec une attention particulière dès son admission. Il s’interroge sur les ressources disponibles pour réaliser ces évaluations et adapter ensuite l’encadrement.
Le ratio entre enfants et adultes présents est, à ses yeux, un autre élément essentiel. «On peut avoir un ratio d’un enseignant pour cinq enfants, mais quelquefois, dans des cas spécifiques, il faut un enfant et un enseignant seulement», avance-t-il. La question d’un accompagnement individuel, lorsque la situation de l’enfant l’exige, mérite donc d’être posée.
Ali Jookhun met aussi en garde contre une compréhension trop simplifiée de l’inclusion. «C’est facile de parler de l’inclusion sans vouloir comprendre le fond même de l’inclusion», affirme-t-il, estimant qu’elle doit aussi être pensée à l’intérieur des structures spécialisées, selon les besoins et l’épanouissement de l’enfant. Pour lui, l’incident récent devrait constituer un cas d’étude pour identifier d’éventuelles failles et éviter qu’une situation similaire ne se reproduise.
Des classes surchargées ?
Il estime également qu’une question doit être posée sur la place des parents, dont certains hésiteraient à faire part de leurs inquiétudes par peur de conséquences pour leur enfant. «Le prix de la sécurité d’un enfant est le plus important», insiste-t-il, appelant à ne pas banaliser les préoccupations des familles.
Reeaz Chuttoo, président de la CTSP et engagé sur les questions de handicap, soulève pour sa part la question du fonctionnement de certaines structures. Selon lui, les établissements doivent être correctement enregistrés et encadrés, notamment lorsqu’ils bénéficient d’un financement public à travers la Special Education Needs Authority (SENA).
Il affirme avoir attiré l’attention de la SENA, depuis plusieurs mois, sur des situations où le nombre d’élèves par classe serait particulièrement élevé. Il évoque une classe comptant, selon ses informations, 19 enfants pour un seul enseignant, ainsi qu’un établissement de la région de Port-Louis où il n’y aurait pas d’assistant-enseignant. Ces affirmations mériteraient d’être vérifiées établissement par établissement, mais elles soulèvent la question plus générale des ressources humaines dans les écoles spécialisées.
Reeaz Chuttoo estime que la SENA doit jouer pleinement son rôle dans le suivi et la protection des enfants. Il s’interroge aussi sur l’attractivité du métier d’enseignant dans le secteur spécialisé, au regard des qualifications requises et des perspectives offertes aux jeunes.
Des réponses attendues
Contactée sur ces points, la SENA n’était pas revenue vers nous au moment de mettre sous presse. Au-delà du cas de l’enfant blessé, les interrogations des acteurs du secteur appellent des réponses factuelles : quels sont les ratios appliqués dans les établissements spécialisés ? Comment les besoins individuels des enfants sont-ils évalués ? Quel encadrement est-il prévu pour les situations nécessitant un accompagnement renforcé ?
Dans ces structures, où chaque enfant a des besoins différents, l’encadrement ne peut être pensé uniquement en chiffres. Il doit aussi tenir compte de la réalité de chaque enfant.
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Surdité : faire tomber les barrières de la communication
À travers une discussion consacrée à la surdité et aux personnes malentendantes, l’Association pour la Protection des Droits des Handicapés (APDH) a voulu remettre la question de l’accessibilité et de la communication au cœur du débat. La parole, justement. Celle qui manque parfois à ceux qui vivent avec une déficience auditive.
La semaine dernière, l’APDH a organisé une discussion autour de la surdité, l’occasion de faire le point sur la situation à Maurice et sur les combats qui restent à mener. Pour Ashvin Gudday, vice-président de l’association, l’un des principaux obstacles demeure la communication. D’où l’importance, selon lui, de rendre la langue des signes davantage visible et accessible. Il évoque également la possibilité d’introduire la langue des signes au Parlement, afin de permettre aux personnes sourdes et malentendantes de mieux suivre les débats et les décisions qui les concernent. Les médias devraient également, estime-t-il, renforcer leur accessibilité.
La technologie a aussi été au centre des échanges, notamment concernant les jeunes porteurs d’implants cochléaires. L’association souhaite qu’une solution puisse être trouvée pour mieux accompagner les 53 enfants concernés. Derrière ces revendications, il y a surtout des vies, des familles et des enfants qui veulent simplement pouvoir communiquer, apprendre, s’informer et prendre leur place dans la société. «Il faut écouter les cris des personnes sourdes, malentendantes et portant un implant cochléaire», lance Ashvin Gudday. Un appel qui rappelle une évidence : l’accessibilité ne consiste pas seulement à ouvrir des portes, mais à permettre à chacun de pouvoir réellement entrer et être entendu.
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Dossier Aarthi Burtony André : la CCM ouvre la voie, la sena appelée à montrer l’exemple
À l’approche de la Journée mondiale de la vue, le 8 octobre, le dossier d’Aarthi Burtony André remet au centre du débat l’emploi des personnes non voyantes et la reconnaissance de leurs compétences. Les recommandations de la Commission de conciliation et de médiation (CCM) ouvrent une piste pour assurer à cette professionnelle une plus grande stabilité.
Depuis décembre 2023, Aarthi Burtony André travaille comme personne-ressource à la SENA. Son dossier a été examiné par la CCM qui, le 30 septembre 2026, a formulé plusieurs recommandations. Naushad Paurobally, vice-président de la CCM, agissant comme président par intérim, y reconnaît ses compétences et propose une démarche vers davantage de stabilité. Aarthi était accompagnée du syndicaliste Reeaz Chuttoo lors de leur déposition.
La CCM relève les qualifications d’Aarthi. Son expérience de personne non voyante constitue, dans ses fonctions, une compétence particulière pour accompagner des élèves ayant des besoins éducatifs spéciaux, notamment ceux ayant une déficience visuelle.
Au-delà de son cas, le dossier pose une question plus large : comment garantir aux personnes en situation de handicap un accès durable à l’emploi et la possibilité de mettre pleinement leurs compétences à profit ?
La Commission rappelle que la SENA ne pouvait modifier unilatéralement les conditions du contrat de travail et que le contrat initial demeurait en vigueur après la lettre du 2 mai 2025 relative à la cessation d’emploi. Autre avancée : le conseil de la SENA a accepté de rétablir les facilités de transport dont bénéficiait initialement Aarthi.
Une piste vers la stabilité
Selon la CCM, les fonctions d’Aarthi s’inscrivent dans les activités continues de la SENA. Elle recommande que l’organisme demande formellement au ministère de l’Éducation d’examiner la création d’un grade de personne-ressource, puis de le soumettre éventuellement au Conseil des ministres. Elle pourrait ainsi intégrer ce grade et bénéficier d’une situation plus stable. Le ministère de tutelle aura un rôle important dans l’examen de cette proposition.
Maurice est partie à la Convention des Nations unies relative aux droits des personnes handicapées. Son article 27 porte sur le droit au travail : accès à l’emploi, maintien dans l’emploi, évolution professionnelle et aménagements raisonnables.
L’inclusion ne peut donc se limiter aux principes. Elle suppose des décisions concrètes, des adaptations et un accompagnement permettant aux personnes concernées d’exercer leurs responsabilités dans de bonnes conditions.
La Journée mondiale de la vue offre l’occasion de rappeler ces enjeux. Derrière la campagne «Love Your Eyes», consacrée à la santé visuelle, se trouve une réalité sociale : les personnes vivant avec une déficience visuelle doivent pouvoir accéder à l’éducation, à l’emploi et participer pleinement à la société.
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