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Air Mauritius

Sherry Singh n’aurait jamais reçu le rapport de «consultancy» de Grant Thornton

3 octobre 2026, 13:15

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Sherry Singh n’aurait jamais reçu le rapport de «consultancy» de Grant Thornton

■ Sherry Singh à la FCC hier. Photos: Aurelio Prudence.

Sherry Singh , ancien directeur général de Mauritius Telecom, qui siégeait à l’époque sur le Transfor mation Steering Committee (TSC) d’Air Mauritius, a été entendu hier, vendredi 2 octobre, à titre de témoin par la Financial Crimes Commission (FCC) à Réduit. Interrogé, il devait apporter des précisions sur son rôle au sein de ce comité d’Air Mauritius qu’il a présidé au début de l’année 2020.

Son audition intervient dans le prolongement d’une enquête de la FCC sur un contrat de consultancy attribué à Grant Thornton Advisory Services, firme alors dirigée par Sattar Hajee Abdoula, et ce, sans que ce contrat n’ait fait l’objet d’un appel d’offres. Le directeur de cette firme a été arrêté en novembre 2025 dans le cadre de cette enquête portant sur un paiement de Rs 3,7 millions effectué par Air Mauritius à Grant Thornton Advisory Services.

À la fin de janvier 2020, lorsque Sherry Singh était chargé de superviser les travaux du TSC, Sattar Hajee Abdoula ne siégeait pas encore sur le conseil d’administration d’Air Mauritius. Il y a été nommé quelques mois plus tard, soit en avril 2020. Cette chronologie intéresse par ticulièrement les enquêteurs, qui cherchent à établir les circonstances exactes dans lesquelles le contrat à l’intention de Grant Thornton a été préparé, approuvé et payé.

Restructuration

Le TSC a été institué afin d’accompagner la restructuration de la compagnie. Ce comité devait examiner les propositions de consultants, formuler des recommandations au conseil d’administration et suivre la mise en œuvre des décisions arrêtées.

C’est donc sur ce point que Sherry Singh a été appelé à s’expliquer. Selon les éléments qu’il aurait communiqués aux enquêteurs, il n’aurait pas eu connaissance, lorsqu’il assumait cette responsabilité, d’un rapport de consultancy correspondant au contrat attribué à Grant Thornton. La FCC cherche parallèlement à déterminer qui a pris la décision d’octroyer ce contrat et qui a autorisé le paiement. Le montant en jeu, tel que susmentionné, est examiné à la lumière de la situation financière particulièrement difficile dans laquelle se trouvait alors Air Mauritius.

Chaîne de décision

L’enquête pourrait également s’intéresser aux autres membres du conseil d’administration et aux responsables impliqués dans les décisions prises durant cette période qui devraient être à nouveau entendus. L’objectif est de reconstituer la chaîne de décision, depuis la sélection du consultant jusqu’à la validation du contrat et le décaissement des fonds.

Le dossier avait déjà connu un développement judiciaire important. Dans l’affaire concernant Sattar Hajee Abdoula, la charge provisoire de blanchiment d’argent a été rayée, la magistrate ayant estimé que les éléments présentés ne permettaient pas, à ce stade, d’établir le seuil requis de «reasonable suspicion», tout en laissant la possibilité à la FCC de poursuivre son enquête.

Le rôle de chacun reste donc à préciser. Le témoignage de Sherry Singh devrait toutefois permettre aux enquêteurs de mieux comprendre le fonctionnement du comité de transformation et les décisions prises autour des prestations de consultancy au moment où Air Mauritius traversait une crise majeure.

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