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Lutte contre les crimes financiers

Les coopératives appelées à renforcer leur vigilance

2 octobre 2026, 15:30

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Les coopératives appelées à renforcer leur vigilance

■ Le ministre des Coopératives, Aadil Ameer Meea, et la gouverneure de la Banque de Maurice, Priscilla Muthoora Thakoor, ont appelé les coopératives de crédit à renforcer leur vigilance. Photos: Kiranchand Sookrah.

À deux mois de l’évaluation régionale menée par l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG), les autorités veulent renforcer la culture de conformité au sein du secteur coopératif. Un atelier consacré à la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme, le financement de la prolifération et au signalement des transactions suspectes s’est tenu hier à l’auditorium Aunauth Beejadhur de la Banque de Maurice.

Cette démarche intervient également à l’approche du US-Africa Business Summit, qui se tiendra à Maurice en décembre 2026. Pour les autorités, la solidité du dispositif de lutte contre les crimes financiers constitue un enjeu important pour la réputation du pays comme centre financier et plateforme d’investissement.

Organisé par le ministère des Coopératives en collaboration avec la Financial Intelligence Unit (FIU), la Banque de Maurice et l’Attorney General’s Office, l’atelier a réuni plusieurs personnalités, dont le ministre des Coopératives, Aadil Ameer Meea, la Registrar of Cooperative Societies, Geeta Beegoo, et la gouverneure de la Banque de Maurice, Priscilla Muthoora Thakoor.

Le secteur concerné représente un réseau important. Maurice compte actuellement 146 coopératives de crédit regroupant plus de 70 000 membres et affichant un chiffre d’affaires annuel d’environ Rs 1,4 milliard. Ces institutions jouent également un rôle social, notamment en facilitant l’épargne et l’accès au crédit, ainsi qu’en contribuant au développement des communautés à Maurice et à Rodrigues.

Dans son discours d’ouverture, Aadil Ameer Meea a estimé que Maurice se trouvait à une étape cruciale dans le renforcement de son dispositif de lutte contre les crimes financiers. «Beaucoup de travail a déjà été accompli. Les lois ont été renforcées, les institutions ont reçu davantage de responsabilités et les systèmes nécessaires ont été mis en place. Mais il faut maintenant démontrer que ces mécanismes fonctionnent réellement sur le terrain», a-t-il déclaré.

Le ministre a également évoqué les conséquences de l’inscription de Maurice sur la liste grise de la surveillance financière internationale et insisté sur la nécessité d’éviter une situation similaire à l’avenir. Il a rappelé que la prochaine évaluation de l’ESAAMLG portera notamment sur l’efficacité du dispositif mauricien de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. «Nous devons aller au-delà de la conformité sur papier. Chaque coopérative doit comprendre les risques auxquels elle est exposée et être capable de démontrer qu’elle applique effectivement les mesures prévues par la loi», a-t-il insisté.

Le ministre a par ailleurs souligné l’importance du US-Africa Business Summit, qui réunira en décembre des investisseurs, des entreprises et des décideurs économiques américains et africains. «Maurice veut continuer à être perçue comme une plateforme financière crédible pour les investissements vers l’Afrique. Notre réputation est un atout qu’il faut protéger», a-t-il affirmé.

De son côté, la gouverneure de la Banque de Maurice, Priscilla Muthoora Thakoor, a rappelé que les coopératives de crédit constituent un maillon important du système financier national. Elle a particulièrement insisté sur le rôle des Suspicious Transaction Reports, qui permettent de signaler les opérations susceptibles d’être liées à des activités illicites. «Les rapports de transactions suspectes permettent souvent de détecter les premières indications d’activités criminelles. Les institutions doivent développer une véritable culture de vigilance afin que tout comportement inhabituel soit identifié et signalé rapidement», a-t-elle déclaré.

Les intervenants ont également rappelé l’obligation faite aux coopératives de transmettre à la FIU toute déclaration de transaction suspecte dans un délai maximal de cinq jours ouvrables à compter de l’apparition de motifs raisonnables de suspicion. Le non-respect de cette obligation peut entraîner des sanctions financières et pénales.

À travers cet atelier, les autorités cherchent ainsi à s’assurer que les 146 coopératives de crédit disposent des connaissances et des outils nécessaires pour répondre aux exigences réglementaires. Au-delà de leur fonctionnement interne, leur niveau de conformité participe à la solidité du dispositif national de lutte contre les crimes financiers et, plus largement, à la crédibilité internationale de Maurice.

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