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Le collège Saint Bartholomew’s demande une dernière chance

30 septembre 2026, 21:11

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Le collège Saint Bartholomew’s demande une dernière chance

Bijaye Kumar Chukowry, manager de Saint Bartholomew’s College, souhaite obtenir un moratoire de deux ans afin de permettre à l’établissement de retrouver un nombre d’élèves suffisant et de poursuivre ses activités.

La direction du Saint Bartholomew’s College ne veut pas baisser les bras. Alors que la fermeture de ce collège est prévue pour 2027, le manager de cet établissement de Port-Louis, Bijaye Kumar Chukowry, entend encore convaincre les autorités de lui accorder un sursis. Lors d’une conférence de presse hier, il a notamment réclamé un moratoire de deux ans et une révision du critère des 150 élèves, qui conditionne le maintien de la subvention publique.

Cette décision de fermeture prise lors du Conseil des ministres de vendredi dernier concerne deux collèges privés : le Saint Bartholomew’s College dans la capitale et le Royal Holloway College à Montagne-Blanche. Ils rejoindront l’Alpha College à Port-Louis, dont la fermeture est prévue en janvier prochain.

Au Saint Bartholomew’s College toutefois, la direction veut encore croire à une solution. Bijaye Kumar Chukowry est revenu sur les 49 années d’existence de l’établissement et les difficultés rencontrées depuis ses débuts. «Quand j’ai acheté l’école, elle n’avait que 79 élèves», raconte-t-il. Avec une trentaine de pupitres et des moyens matériels limités, l’établissement a progressivement grandi, jusqu’à atteindre, selon lui, près de 500 élèves.

En 2005, le collège avait obtenu une reconnaissance lui permettant d’accueillir des élèves jusqu’au Higher School Certificate. L’établissement s’est également impliqué dans l’accompagnement d’enfants issus de milieux défavorisés ou ayant connu des difficultés dans leur parcours scolaire.

Pour Bijaye Kumar Chukowry, cette dimension sociale fait partie intégrante de l’identité de Saint Bartholomew’s College. Il affirme que plusieurs anciens élèves sont devenus avocats, médecins, comptables ou ingénieurs. «Pour moi, cet établissement n’est pas un busine**ss. J’ai tout fait par vocation», insiste-t-il.

Le seuil des 150 élèves contesté

Au fil des années, des investissements ont également été réalisés dans les infrastructures, notamment une bibliothèque et une salle informatique. Le manager affirme que certaines dépenses ont été financées par ses fonds personnels, lui et sa famille ayant contribué au fonctionnement du collège durant des périodes difficiles.

Aujourd’hui, c’est surtout le critère des 150 élèves qui est remis en question. Selon Bijaye Kumar Chukowry, la baisse du nombre d’enfants dans le pays doit pousser les autorités à revoir ce seuil. Il cite notamment la diminution importante du nombre d’élèves entrant dans le secondaire au fil des années. Pour lui, maintenir le même critère alors que la population scolaire diminue crée inévitablement des difficultés pour certains établissements.

Sa proposition : accorder un moratoire de deux ans au Saint Bartholomew’s College, revoir certaines conditions et permettre notamment le retour de classes jusqu’en Form VI. «Donnez-nous un moratoire de deux ans. Je pense que nous allons pouvoir atteindre l’objectif fixé», affirme-t-il. Si celui-ci n’est pas atteint au terme de cette période, il dit accepter que les autorités prennent alors une décision. «Chaque être humain a droit à une dernière chance dans la vie», plaide-t-il, tout en lançant un appel au Premier ministre, Navin Ramgoolam, et au ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad.

Neuf collèges concernés en trois ans

La situation du Saint Bartholomew’s College s’inscrit dans une tendance plus large. Depuis 2024, plusieurs collèges privés subventionnés ont dû fermer, notamment les Mauritius College, Merton College, Lycée de Beau-Bassin, MEDCO Cassis et Renascence College. Avec Saint Bartholomew’s College, Royal Holloway et Alpha, le nombre d’établissements concernés atteindra huit en trois ans.

Ces fermetures auront également un impact sur les dépenses publiques. Selon les chiffres avancés dans ce dossier, le gouvernement économiserait au moins Rs 1 million par mois avec la fermeture de ces trois collèges dont la subvention sera supprimée. Lorsqu’un collège ferme, les élèves sont redirigés vers d’autres établissements, tandis que le personnel concerné peut être transféré sous la responsabilité de la MEDCO et redéployé dans des collèges d’État.

Pour le Saint Bartholomew’s College, le combat se poursuit donc autour d’une question centrale : faut-il appliquer strictement le seuil des 150 élèves ou adapter les critères à la nouvelle réalité démographique du pays ? La direction espère encore convaincre les autorités de lui laisser deux années supplémentaires pour tenter de sauver l’établissement.

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