Publicité
Portrait croisé
Foo Kune – Giraud : l’envie de gagner ne disparaît jamais
Par
Partager cet article
Portrait croisé
Foo Kune – Giraud : l’envie de gagner ne disparaît jamais
■ Kate Foo Kune et Marinne Giraud ont changé de raquette, pas de tempérament : à La Réunion, les deux anciennes athlètes de haut niveau retrouveront le maillot mauricien.
Kate Foo Kune a connu les Jeux olympiques et les titres africains avec le badminton. Marinne Giraud a parcouru le circuit professionnel de tennis jusqu’à la 233e place mondiale. Deux carrières de haut niveau que l’une comme l’autre pensaient avoir laissées derrière elles. Puis le padel est arrivé, presque sans prévenir. D’abord pour le plaisir. Ensuite avec cette petite musique familière : progresser, se mesurer aux autres, gagner. À La Réunion, elles retrouveront toutes les deux le maillot mauricien dans une nouvelle discipline.
Pendant des années, elles ont vécu avec ce que le sport de haut niveau comporte de grisant et d’exigeant. Pour Kate, le badminton a signifié entraînements, voyages, sacrifices, titres africains et Jeux olympiques. Pour Marinne, le tennis a commencé très jeune avant de devenir une carrière professionnelle, avec les tournois internationaux et une 233e place mondiale au classement WTA.

Puis les carrières se sont arrêtées.
«Je pensais que cette partie de ma vie était derrière moi», raconte Kate. Marinne utilise presque les mêmes mots : «Quand j’ai arrêté le tennis professionnel, je pensais que cette période de ma vie était derrière moi.»
Le padel allait leur prouver le contraire.
D’abord, simplement jouer
Aucune des deux n’y arrive avec un plan de carrière.
■ Réflexes, explosivité et anticipation : Kate Foo Kune a transporté sur le court de padel une partie des armes qui ont marqué sa carrière de badiste. Marine Giraud a conservé de ses années de tennis la lecture de balle et le goût du jeu vers l’avant, tout en apprenant à composer avec les exigences du padel.
Kate est d’abord séduite par le côté social du padel. Retrouver une raquette, être compétitive, mais aussi prendre du plaisir avec les personnes qui l’entourent.
Marinne, elle, est poussée sur le terrain par sa sœur aînée il y a environ deux ans. Elle vient par curiosité, sans ambition particulière, heureuse de retrouver le plaisir de jouer sans la pression qui avait accompagné ses années de tennis professionnel.
Cela ne dure pas très longtemps.
Chez Kate, l’envie revient progressivement. Jusqu’à cette question : «Et si j’essayais vraiment de voir jusqu’où je peux aller au padel ?»
Chez Marinne, le déclic possède une date et une image. L’année dernière, elle assiste à l’Island Padel Cup à Urban Rivière Noire. Elle regarde les rencontres, voit évoluer l’équipe mauricienne et se dit : «L’année prochaine, je veux en être.»

Un an plus tard, elle en est.
Réapprendre la patience
Le passé ne disparaît pas pour autant.
Sur un court de padel, Kate retrouve les réflexes, l’explosivité, les changements de direction et l’anticipation développés pendant toutes ces années de badminton. Marinne conserve sa lecture de balle, sa volée, ses déplacements vers l’avant et l’expérience de ces moments où un match peut basculer.
Mais leurs anciennes disciplines leur ont aussi laissé quelques habitudes à corriger. Kate avait appris à créer rapidement l’ouverture pour terminer le point. Marinne avait tendance à prendre la balle tôt, avancer et imposer son jeu. Le padel leur demande parfois exactement le contraire.
«Le padel m’a obligée à être beaucoup plus patiente», reconnaît Kate. Construire, défendre, accepter de jouer encore une balle plutôt que chercher immédiatement le coup gagnant. Marinne doit elle aussi attendre. Laisser passer une balle qu’elle aurait autrefois cherchée à prendre tôt, utiliser la vitre, défendre avant de repartir vers l’avant. Le badminton et le tennis leur avaient appris à attaquer. Le padel leur apprend aussi quand ne pas le faire.
Quand leurs différences se complètent
Le récent M500 de Terres Brunes les a justement réunies du même côté du filet. L’association était ponctuelle. Marinne évolue habituellement avec Magaly Schaffo, absente de Maurice lors du tournoi. Elle s’est donc associée à Kate. Elles ont gagné.
Le temps d’un tournoi, les qualités de l’une ont répondu à celles de l’autre : qualité de balle et volée côté tennis ; vitesse, réflexes et aisance au-dessus de la tête côté badminton.
Kate y ajoute un ingrédient essentiel : la confiance. «Une bonne paire, ce n’est pas forcément deux joueurs qui jouent exactement de la même manière. C’est justement deux personnes qui arrivent à utiliser leurs différences comme une force.»
Une victoire qui, finalement, racontait assez bien leurs deux parcours.
Le même maillot, autrement
À La Réunion, un autre souvenir reviendra : celui de représenter Maurice. Kate connaît parfaitement cette sensation. Elle l’a vécue pendant sa carrière de badiste et ne pensait pas nécessairement la retrouver dans une autre discipline. Elle voit aujourd’hui dans cette nouvelle sélection une manière de montrer qu’un athlète peut se réinventer et continuer à porter les couleurs de son pays autrement.
Marinne les a elle aussi déjà portées en tennis. Mais le padel lui offre quelque chose de différent. Après les années d’un sport essentiellement individuel, elle apprécie de partager les matches, les victoires, les défaites et même les moments de tension avec une partenaire. Communiquer, s’adapter à l’autre et parfois mettre son ego de côté font désormais partie du jeu.
Elles retrouveront donc une émotion connue, sans vraiment revivre la même histoire.
La compétition, sans le même poids
Leur rapport au résultat a lui aussi changé. Kate reconnaît qu’une défaite pouvait autrefois prendre des proportions énormes. L’expérience lui a appris à analyser, relativiser et passer plus rapidement à la suite. Pas à vouloir moins gagner.
Marinne mesure encore mieux la différence. Lorsqu’elle était professionnelle, une victoire ou une défaite influençait son classement, ses prochains tournois et ses revenus. Aujourd’hui, la compétitrice est toujours là, mais le résultat n’emporte plus tout avec lui. «Avec le tennis, c’était mon métier ; avec le padel, c’est avant tout du plaisir.»
Kate pose des mots différents sur la même évolution : «Je ne joue plus pour prouver quelque chose aux autres. Je joue parce que j’aime encore profondément la compétition et parce que je veux voir jusqu’où je peux aller.»
À La Réunion, elles retrouveront donc quelque chose de leur première vie sportive : le maillot mauricien, l’adrénaline d’un match et cette nécessité de trouver une solution lorsque le score se resserre.
Mais cette fois, elles savent ce que vaut une victoire. Et surtout tout ce qu’il reste lorsque le match est terminé.

******
Kate Foo Kune
N°7 dames · 3 440 pts
5 victoires · 13 podiums
Marinne Giraud
N°2 dames · 4 570 pts
9 victoires · 12 podiums
******
Cap sur La Réunion : les 12 autres visages de Team Mauritius
Aux côtés de Kate Foo Kune et Marine Giraud, les douze autres sélectionnés prennent eux aussi la direction de La Réunion ce mercredi. Du n°1 mauricien aux associations les plus rodées du circuit, tour d’horizon de ceux qui défendront les couleurs de Maurice à l’Island Padel Cup.
Les hommes
Mathieu Vallet

N°1 hommes · 5 450 pts
Le patron du classement. Avec 31 victoires et 44 podiums en 52 résultats, le n°1 mauricien possède l’un des palmarès les plus fournis de la sélection.
Olivier Couacaud

N°2 hommes · 5 225 pts
La régularité aux avant-postes. Huit victoires et surtout 29 podiums en 38 résultats pour un joueur qui arrive également à La Réunion sur une dynamique positive.
Amaury de Beer

N°3 hommes · 4 950 pts
Un redoutable ratio. 27 victoires et 33 podiums en seulement 36 résultats. Mathieu Vallet, avec 28 associations, a été de très loin son partenaire le plus fréquent.
Jake Lam Hau Ching

N°4 hommes · 4 625 pts
Un habitué de la compétition. Avec 76 résultats recensés, 24 victoires et 45 podiums, il affiche le plus gros volume de compétition parmi les sept hommes sélectionnés.
Nicolas Legros

N°5 hommes · 4 320 pts
La force des habitudes. 24 podiums en 35 résultats et une association particulièrement fidèle avec Josselin Cotin, son partenaire sur 26 d’entre eux.
Ryan Wong

N°6 hommes · 4 085 pts
Un visage bien installé du circuit. 45 résultats, cinq victoires et 15 podiums depuis 2023, avec Jake Lam Hau Ching comme partenaire le plus fréquent.
Simon Koenig

N°7 hommes · 4 055 pts
La montée en puissance. Ses premiers résultats recensés datent de 2024 et il pointe déjà au 7e rang national, avec trois victoires et neuf podiums.
Les dames
Magaly Schaffo

N°1 dames · 4 770 pts
Une ascension express. Arrivée sur le circuit mauricien en 2025, elle en occupe déjà la première place : neuf victoires et 12 podiums en seulement 20 résultats.
Laura koenig

N°3 dames · 4 550 pts
Une régularité remarquable. 21 victoires et 30 podiums en 36 résultats, dont 29 disputés aux côtés d’Alice Danjoux.
Alice Danjoux

N°4 dames · 3 825 pts
Une gagnante régulière. 25 victoires en 45 résultats depuis 2023. Avec Laura Koenig, elle forme l’une des associations les plus établies du circuit.
Cécile Park

N°5 dames · 3 690 pts
Souvent dans le dernier carré. Trois victoires mais surtout 26 podiums en 34 résultats, avec Céline Desvaux de Marigny comme partenaire privilégiée.
Céline Desvaux de Marigny

N°6 dames · 3 465 pts
La constance comme marque de fabrique. 27 podiums en 35 résultats et 28 tournois disputés avec Cécile Park : un tandem particulièrement rodé.
Publicité
Publicité
Les plus récents