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Rodrigues

La parole aux récipiendaires de Small Step Matters

29 septembre 2026, 18:00

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La parole aux récipiendaires de Small Step Matters

Grâce à la générosité cumulée des entreprises et des citoyens sur la plateforme Small Step Matters, sportifs, étudiants et associations peuvent bénéficier de fonds pour se rapprocher de leurs rêves et de leurs ambitions. Tour d’horizon des projets porteurs d’espoir à Rodrigues.

⚫ Jean Nicodeme Flore, athlète, 21 ans

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«Quand j’ai pris contact avec l’équipe de Small Step Matters peu après le début de l’année scolaire, ma situation était très précaire. Je dormais sur un lit en béton, je n’avais pas d’eau courante à la maison et surtout mon environnement familial était peu propice à la réussite de mes études. Ma mère, qui a des problèmes de santé, faisait de son mieux avec ma grand-mère pour subvenir à l’alimentation et aux frais liés à mes fournitures scolaires, mais c’était insuffisant. Et sans paix et sécurité à la maison à cause de mauvaises relations avec un proche, j’étais de plus en plus pessimiste pour l’examen du Higher School Certificate (HSC). Je suis orphelin de père. Ce dernier, qui était laboureur et pêcheur, a disparu en mer. Grâce à l’équipe de Small Step Matters, tout s’est enchaîné assez rapidement, la soumission de mon dossier de demande de fonds, avec le soutien de mon coach sportif, l’arrivée des premiers dons en ligne venant de citoyens puis l’identification de mon premier parrain, le Groupe APTIS, dont la raison d’être est d’inspirer le progrès, ce qui est en accord avec mes valeurs. Aujourd’hui, je vis dans un petit studio et j’ai retrouvé ma tranquillité d’esprit. J’apprécie cette vie autonome et ce n’est pas un problème pour moi de cuisiner ou de m’occuper de mes vêtements. Grâce à l’argent recueilli, j’ai pu mieux me nourrir, acquérir des équipements nécessaires à mes entraînements, financer mes déplacements à Maurice pour les compétitions, et mieux me concentrer sur mes apprentissages. Présélectionné pour les Jeux des Îles de 2027, j’entamerai prochainement la dernière phase des qualifications pour le 400 m haies. Et après le HSC, j’espère me tourner vers des cours sur le tourisme ou dans l’enseignement du sport à Maurice. Grâce à Small Step Matters et au Groupe APTIS, mes perspectives de vie ont changé du tout au tout en quelques mois. Et depuis, un second parrain a également pris contact avec moi, c’est Kalexius, une compagnie située à Ebène.»

⚫ Susan Auguste, manager volontaire de l’école spécialisée Gonzague Pierre Louis Special Learning Centre

Express.mu (620 x 330) (63) Susan Auguste et Marie-Laure Ziss-Phokeer.

«Notre école a déjà porté trois campagnes de levée de fonds sur Small Step Matters. Cette plateforme et ses stratégies de relation presse et digitale, associées à chaque campagne, constituent vraiment un appui considérable pour la visibilité de notre école jusqu’à Maurice et même à l’étranger. Bien entendu, les donations, quel que soit leur montant, sont importantes pour faire avancer nos projets, mais ce que nos élèves apprécient en particulier ce sont les visites. Chaque contact, chaque discussion permet d’enrichir leurs connaissances générales. Et puis parfois, les enfants reçoivent de petits cadeaux des touristes ou des entreprises, qu’ils savent apprécier à leur juste valeur : des fournitures scolaires, du matériel créatif ou encore des livres. Pour le projet de jardin pédagogique, lors de la dernière mission de Small Step Matters à Rodrigues, à part l’argent recueilli, nous avons reçu des outils et des plantes: deux plants de limon, trois palmistes de Noël et un graptophyllum. De quoi faire le bonheur de nos jardiniers en herbe! Nous avons immédiatement décidé d’organiser un atelier jardinage, encadré par nos enseignantes spécialisées. Chacun a pu participer, du plus jeune au plus grand,avec enthousiasme: désherbage, mise en terre, arrosage… Il y a seulement nos élèves autistes qui n’apprécient pas forcément de se salir les mains. Il est primordial pour nous de détecter les centres d’intérêt de chacun. Ainsi, certains de nos élèves rejoindront ensuite le Centre agricole Frère Remy pour poursuivre leur formation. Small Step Matters est aussi un pont entre notre école et d’autres associations ou personnes-ressources basées à Maurice. Par exemple, en décembre, nous allons bénéficier d’un temps d’échange créatif à Rodrigues, animé par l’association Future Hope.»

⚫ Verlaine St Pierre, directrice du Centre agricole Frère Remy (Centre ANFEN)

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Je suis très reconnaissante à Small Step Matters, qui a trouvé des donateurs pour les repas de nos élèves pour l’année scolaire et financé deux nouvelles enseignantes à temps partiel. D’abord, offrir un service de cantine avec des menus nourrissants et équilibrés, c’était primordial. Un repas, cela ne sert pas seulement à remplir l’estomac : cela ouvre sur des échanges constructifs avec nos jeunes! Par la façon dont nos élèves se comportent, nous avons fini par comprendre qu’au sein des foyers, différentes générations ont cessé de vivre en commun. Je veux dire par là que les parents ne dînent même plus à la même table, aux mêmes horaires que ceux de leurs enfants. Dans ces conditions, la transmission de certaines valeurs se perd. Au Centre Frère Remy, adultes et adolescents cuisinent ensemble, puis nous leur donnons la parole. Nous leur apprenons aussi à se tenir à table, nous leur apprenons un maximum de choses utiles à leur entrée dans la vie active de demain ! Et c’est certain que sans ce service de cantine, nous aurions eu beaucoup d’abandons en cours d’année scolaire. Certains élèves viennent en courant sur le chemin de l’école le matin. Pourquoi ? Parce que nous avons également pu servir un petit-déjeuner. Et le midi, certains mangent deux grosses assiettes. Nous savons malheureusement que rien ne les attendra sur la table du dîner à la maison. C’est une triste réalité pour certains de nos élèves issus de familles très précaires. Grâce à Small Step Matters, avoir pu rémunérer deux enseignantes supplémentaires nous permet aussi de mieux assurer le suivi des élèves, dans leur cursus, qui comprend l’élevage, l’agriculture, l’horticulture, l’apiculture, etc., et au-delà, visites en stage, travail de liaison avec les familles, etc. Notre préoccupation, c’est de mieux les préparer de manière holistique aux épreuves théoriques et pratiques du NC2, en collaboration avec le Mauritius Institute of Training and Development. Et franchement, je crois que je suis encore plus stressée qu’eux ! La prise en compte de l’angoisse des enfants à l’approche des examens et la nécessité de prévoir du temps de relaxation entre les épreuves est aussi au cœur de la réflexion de l’équipe pédagogique et psychosociale. Nous envisageons une retraite pour faire baisser la tension liée aux examens. Éventuellement, une retraite incluant les travaux manuels et la transmission des savoir-faire rodriguais, comme les différentes méthodes de tressage du Vacoas… Allons voir !»

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