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«Slamizik»

Julio Pierre Louis de Rodrigues, champion de l’édition 2026

28 septembre 2026, 20:00

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Julio Pierre Louis de Rodrigues, champion de l’édition 2026

Un silence. Quelques secondes suspendues au Café du Vieux Conseil à Port-Louis. Puis le nom du gagnant résonne dans la salle. Les applaudissements éclatent. Julio Pierre Louis, originaire de Rodrigues, baisse la tête, sourit, encaisse l’émotion. À quelques mètres de lui, les neuf autres finalistes. Le verdict est tombé : avec Zoli ti pei saz?, le Rodriguais remporte la première édition de Slamizik et les Rs 25 000 du premier prix.

Le vendredi 25 septembre au soir, ils sont dix sur scène. Dix voix, dix univers et dix manières de raconter leur époque. Sur place, le public suit chaque prestation. Les textes prennent appui sur les sonorités du Conservatoire national de musique François-Mitterrand, donnant à cette finale une atmosphère particulière. Slam et musique classique se rencontrent, tandis que les candidats défendent leurs mots devant le jury composé de l’écrivaine et journaliste Shenaz Patel, de l’enseignante et slameuse Zainab Soyfoo et du chanteur, slameur et poète Lionkklash.

Mais lorsque Julio Pierre Louis, de son nom de scène Ninja, prend le micro, c’est surtout son regard sur la société qui s’impose. Zoli ti pei saz? n’est pas une simple déclaration d’amour à son île. Le texte aborde les souffrances, les faits de société, les non-dits et le fléau de la drogue. «Il faut vraiment planter pour comprendre la joie de la récolte»

Quelques instants après sa victoire, Julio Pierre Louis mesure le chemin parcouru. «Quand vous avez semé et que vous récoltez, c’est une joie inexplicable. Il faut vraiment planter pour comprendre la joie de la récolte. J’ai travaillé pour ça et je pense que je l’ai mérité», confie-t-il. Pour lui, le slam doit partir du réel. Il revendique une écriture de terrain, nourrie par ce qu’il observe et ressent. «Slam enn lar vivan. Mo enn boug lor koltar. Mo trouv soufrans dimounn. Mo kapte lemosion. Antan ki enn slamer mo resanti li», explique-t-il. La drogue occupe une place importante dans son texte. Le slameur raconte avoir vu des amis avec lesquels il a grandi, autrefois de grands sportifs, sombrer dans ce fléau. «Notre société souffre et notre île aussi. Je devais parler avec mon peuple pour dire des vérités et éveiller les consciences», dit-il.

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Des mots pour frapper

Julio Pierre Louis ne veut pas parler d’une réalité qu’il ne connaît pas. «Mo pa kapav vinn koz lamour, zame monn amoure. Mo bizin kapav vinn koz seki monn viv ou trouve. Se sa slam. Enn lar vivan ek imin», lance-t-il. Son nom de scène, Ninja, traduit cette philosophie. Il compare ses mots aux shurikens de Naruto : «Mes mots sont comme des shurikens. Tranchants et qui percutent.»

Derrière lui, Ivans Lafleur, dit Lafleur Malade, décroche le deuxième prix, Rs 15 000. Mathieu Loic Charles termine troisième avec Rs 10 000. Kelly Darnelle Ang-Ting Hone reçoit le prix spécial du jury de Rs 5 000.

Une deuxième édition déjà annoncée

Projet de la délégation de l’Union européenne à Maurice, en collaboration avec Culture Events & Productions, Slamizik a bénéficié du soutien du Conservatoire national de musique François-Mitterrand, de la Commission des arts et de la culture de Rodrigues et de SlamUp Poésie.

Présent à la finale, l’ambassadeur de l’Union européenne à Maurice, Oskar Benedikt, s’est dit satisfait de cette première édition et a annoncé qu’une deuxième devrait prochainement voir le jour.

Pour Julio Pierre Louis, la soirée se termine avec un trophée, Rs 25 000 et la confirmation que ses mots peuvent traverser les frontières de Rodrigues.

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