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Nations unies

Ritish Ramful réclame la fin de «l’injustice historique» des Chagos

27 septembre 2026, 19:00

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Ritish Ramful réclame la fin de «l’injustice historique» des Chagos

Ritish Ramful a porté la voix de Maurice à la tribune des Nations unies, à New York.

La souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos est «non négociable». Le ministre des Affaires étrangères, Ritish Ramful, a choisi des mots sans ambiguïté, le vendredi 25 septembre, à la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, à New York. Son intervention a balayé plusieurs enjeux internationaux, de la réforme de l’ONU à la Palestine, en passant par le climat, l’intelligence artificielle (IA), les océans et le financement du développement.

Sur le dossier Chagos, Ritish Ramful a rappelé l’accord signé entre Maurice et le RoyaumeUni en mai 2025, le présentant comme la démonstration que le multilatéralisme et les organes judiciaires des Nations unies peuvent contribuer au règlement pacifique des différends et à l’achèvement du processus de décolonisation de Maurice. Il a également insisté sur le respect des résolutions de l’Assemblée générale, de la décision du Tribunal international du droit de la mer et de l’avis consultatif de la Cour internationale de justice.

Le ministre a appelé les États ayant contribué à établir l’ordre juridique international d’après-guerre à respecter pleinement le droit international et à corriger ce qu’il qualifie d’«injustice historique» sans délai. Il a, dans le même temps, réaffirmé la revendication mauricienne sur Tromelin. «L’île de Tromelin fait partie intégrante du territoire de la République de Maurice», a-t-il déclaré, avant d’appeler la France à s’engager de manière constructive afin de régler ce différend dans un esprit d’amitié.

Sortir des réalités de 1945

Une large partie du discours a été consacrée à la réforme des Nations unies. Pour Ritish Ramful, l’organisation doit se demander si elle est toujours adaptée aux réalités du XXIᵉ siècle. Les pays en développement, a-t-il souligné, risquent notamment d’être laissés en marge des décisions entourant les nouvelles technologies et restent insuffisamment représentés dans l’architecture financière internationale.

Maurice réclame ainsi une réforme du Conseil de sécurité et soutient la position africaine commune exprimée dans le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte. Celle-ci prévoit notamment au moins deux sièges permanents et cinq sièges non permanents pour l’Afrique. Port-Louis soutient également l’octroi d’un siège aux petits États insulaires en développement dans un Conseil réformé, ainsi que la candidature de l’Inde à un siège permanent.

Cette position avait déjà été défendue par Ritish Ramful le 23 septembre lors d’une réunion ministérielle entre le C-10 et le groupe L.69. Il avait insisté sur l’urgence d’une réforme d’un Conseil qui reflète encore, selon lui, les réalités géopolitiques de 1945. Il avait également plaidé pour davantage de transparence dans les méthodes de travail, une interaction renforcée avec les États non membres, les organisations régionales et l’Assemblée générale.

Le droit à un État palestinien

Le dossier palestinien a également occupé une place dans l’intervention mauricienne. Ritish Ramful a réaffirmé le soutien de Maurice au droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à un État indépendant et souverain, avec Jérusalem-Est comme capitale, vivant en paix et en sécurité aux côtés de ses voisins. Il a aussi exprimé la préoccupation de Maurice concernant les colonies qualifiées d’illégales, considérées comme un obstacle majeur à la paix.

Trois jours plus tôt, lors de la Conférence internationale de haut niveau sur le règlement pacifique de la question de Palestine et la mise en œuvre de la solution à deux États, le ministre avait réaffirmé le soutien de Maurice à une paix juste, globale et durable au Moyen-Orient. Il avait soutenu que la reconnaissance mutuelle de deux États vivant côte à côte à l’intérieur de frontières sûres et reconnues demeure la voie vers une paix durable.

Financer la transition climatique

Autre axe fort : le changement climatique et son financement. Maurice réclame des financements climatiques plus accessibles et prévisibles ainsi qu’un renforcement des capacités des pays les plus vulnérables. Ritish Ramful a également annoncé que l’exercice de révision constitutionnelle en cours à Maurice prévoit d’inclure une protection constitutionnelle des «droits de la nature».

Lors d’une réunion de haut niveau sur l’action climatique et la transition juste, le 23 septembre, il avait présenté quatre piliers pour mobiliser davantage le secteur privé : des mécanismes souverains de réduction des risques, la mobilisation des actifs institutionnels, le développement des marchés de capitaux durables et la modernisation des partenariats public-privé.

Le ministre a aussi plaidé pour que les partenaires internationaux dépassent les modèles traditionnels d’aide au profit de financements hautement concessionnels, de garanties de crédit à long terme et de subventions ciblées permettant notamment d’absorber les coûts initiaux élevés de l’adaptation.

Le défi de l’IA

Les nouvelles technologies ont également trouvé leur place dans le message mauricien. Le ministre a rappelé que Maurice dispose d’une National Artificial Intelligence Strategy 2025-2029 et d’une National Fintech Strategy 2026-2030. Il a appelé à un dialogue ouvert, transparent et inclusif sur la gouvernance des technologies émergentes afin que leurs bénéfices soient partagés équitablement et leurs risques gérés collectivement.

Cette orientation s’est aussi traduite, le 23 septembre, par la signature de Ritish Ramful du «Seizing the AI Opportunity – AI Opportunity Statement», une initiative portée par les États-Unis. Pour Maurice, cette participation doit ouvrir des possibilités de coopération dans les infrastructures liées à l’IA, la connectivité, l’investissement, la recherche et le développement, la formation, la cybersécurité et le développement des start-up.

La semaine new-yorkaise a parallèlement été marquée par plusieurs rencontres diplomatiques. Le 22 septembre, Ritish Ramful s’est entretenu avec le Foreign Secretary britannique, Ed Miliband. Les discussions ont porté sur le commerce, l’accès au financement climatique, les projets économiques et de développement ainsi que la coopération dans l’enseignement supérieur. Les deux responsables ont exprimé leur volonté de renforcer les relations bilatérales.

Avec Frank Garcia, Assistant Secretary for African Affairs au Département d’État américain, les discussions ont concerné le commerce, la sécurité énergétique et la sécurité maritime régionale. Le prochain US-Africa Business Summit, prévu du 6 au 9 décembre 2026 à Maurice, a également figuré à l’agenda.

Dans son discours devant l’Assemblée générale, Ritish Ramful a enfin rappelé la vulnérabilité particulière de l’économie mauricienne aux crises internationales. Plus de 90 % des importations d’énergie primaire et plus de 70 % des besoins alimentaires du pays dépendent des routes commerciales maritimes, a-t-il souligné, en appelant à la retenue, au dialogue et à une solution diplomatique durable face aux tensions régionales.

Maurice accueillera par ailleurs, avec le soutien de l’Union européenne et de la Commission de l’océan Indien, une conférence ministérielle consacrée à la cybercriminalité et à la sécurité des câbles sous-marins dans l’océan Indien occidental au premier trimestre 2027.

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