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Chagos

Le «temps perdu» au cœur de la bataille politique

27 septembre 2026, 10:30

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Le «temps perdu» au cœur de la bataille politique

Le dossier des Chagos reste suspendu aux discussions entre Maurice, Londres et Washington. Le Conseil des ministres du vendredi 25 septembre a pris note de la conversation téléphonique du 21 septembre entre Navin Ramgoolam et le Premier ministre britannique, Andy Burnham. Ce dernier a assuré son homologue mauricien de son engagement à travailler avec Maurice et les ÉtatsUnis en vue de la ratification de l’accord signé le 22 mai 2025.

Le lendemain, lors de sa rencontre avec Andy Burnham, le président américain Donald Trump a réitéré son opposition à l’accord. À l’issue de ces échanges, le Premier ministre britannique a néanmoins affirmé vouloir rechercher une solution susceptible de satisfaire toutes les parties.

Selon les autorités britanniques, la souveraineté de Maurice sur l’archipel n’est pas remise en question. Le gouvernement mauricien s’appuie notamment sur l’avis consultatif de la Cour internationale de justice du 25 février 2019, la résolution 73/295 de l’Assemblée générale des Nations unies du 22 mai 2019 ainsi que les décisions du Tribunal international du droit de la mer.

Port-Louis rappelle également n’avoir jamais remis en cause la poursuite des opérations de la base militaire de Diego Garcia. L’accord de mai 2025 vise justement à garantir son fonctionnement à long terme, de manière sécurisée et efficace.

Ces développements interviennent alors que plusieurs voix de l’opposition reprochent au gouvernement d’avoir perdu du temps. Une source proche du dossier Chagos rejette cette lecture. Elle rappelle que l’accord politique annoncé par le gouvernement MSM le 3 octobre 2024, après 13 rounds de négociations, restait «soumis à la finalisation d’un traité» et ne comportait aucun montant.

Le traité signé le 22 mai 2025 prévoit, selon Londres, un coût de 3,4 milliards de livres sur 99 ans. Pour cette source, il n’y avait donc «rien à signer» en novembre 2024. Elle rappelle également que Londres avait décidé, en janvier 2025, d’attendre l’examen du dossier par l’administration Trump.

Les critiques de Paul Bérenger sur le «temps perdu» sont également contestées. La même source souligne qu’il avait lui-même demandé, le 5 octobre 2024, que le traité soit laissé au prochain gouvernement et qu’il a ensuite occupé les fonctions de Deputy Prime Minister du 22 novembre 2024 au 20 mars 2026.

Elle écarte également le parallèle établi par Paul Bérenger avec le Groenland. Selon elle, les deux situations diffèrent fondamentalement : le Danemark exerce déjà une souveraineté incontestée sur le Groenland, tandis que le Royaume-Uni continue d’administrer les Chagos. Seul le traité de 2025 permettrait de mettre fin à cette administration britannique.

Pour cette source, le cœur du blocage se trouve désormais entre Washington et Londres depuis que Donald Trump a attaqué l’accord le 20 janvier 2026. C’est dans ce contexte que Navin Ramgoolam doit rencontrer prochainement au Royaume-Uni Jonathan Powell, conseiller à la sécurité nationale d’Andy Burnham et acteur des négociations depuis 2024. «Le blocage est à Washington et à Westminster ; on ne quémande pas ce que l’ONU a déjà reconnu», résume la source.

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