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Professeur Mahendra Bhandari : «Ne déléguez pas votre santé»

25 septembre 2026, 18:00

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Professeur Mahendra Bhandari : «Ne déléguez pas votre santé»

Professeur Mahendra Bhandari, spécialiste de l’urologie.

De passage à Maurice dans le cadre d’une conférence, «Mauritius International Urology Conclave 2026», qui se tiendra aujourd’hui à l’«Intercontinental Resorts», à Balaclava, le professeur Mahendra Bhandari répond à nos questions sur les progrès de l’urologie, le dépistage du cancer de la prostate, l’intelligence artificielle et la chirurgie robotique.

■ En tant qu’urologue de renom et directeur d’un centre de recherche, quelles sont actuellement les avancées les plus prometteuses en urologie, particulièrement dans le traitement des cancers de la prostate, du rein et de la vessie ?

L’avancée la plus prometteuse réside dans des traitements de plus en plus précis et personnalisés, adaptés aux besoins de chaque patient. L’IRM et les biopsies ciblées améliorent le diagnostic précoce du cancer de la prostate. Les outils robotiques et les modèles de vision informatique 3D basés sur l’intelligence artificielle permettent de retirer les tissus cancéreux avec précision, tout en limitant au strict minimum l’ablation des tissus sains du rein. L’immunothérapie, les thérapies ciblées et les conjugués anticorpsmédicaments transforment également la prise en charge des cancers avancés de la vessie et du rein.

■ Le cancer de la prostate reste l’un des cancers les plus fréquents chez les hommes. Quels sont les principaux facteurs de risque et à partir de quel âge les hommes devraient-ils commencer un dépistage régulier ou consulter un urologue ?

Les principaux facteurs de risque sont l’âge, les antécédents familiaux de cancer de la prostate ou d’autres cancers, l’ascendance noire ou africaine ainsi que certaines mutations héréditaires, telles que BRCA2. Les hommes devraient discuter du dépistage par PSA à partir de 45 à 50 ans, ou entre 40 et 45 ans s’ils présentent un risque plus élevé. Le traitement de chaque patient doit être individualisé et reposer sur une décision partagée avec le patient et sa famille.

■ L’intelligence artificielle, la chirurgie robotique et d’autres technologies émergentes sont de plus en plus utilisées en médecine. Comment ces innovations transformentelles l’urologie et quel impact ont-elles sur les patients ?

La chirurgie robotique permet de réaliser des interventions précises et mini-invasives, avec une perte de sang minime et une récupération plus rapide. L’intelligence artificielle peut améliorer l’imagerie, le ciblage des biopsies, la prédiction des risques et la formation chirurgicale. Elle doit toutefois être validée cliniquement et rester sous une supervision humaine responsable.

Plus précisément, ces technologies facilitent le diagnostic précoce, permettent une meilleure compréhension du processus pathologique et favorisent des traitements précis ainsi qu’une récupération améliorée. Dans le traitement du cancer, les modèles de simulation et les jumeaux numériques humains peuvent permettre de prédire plus tôt l’échec d’un traitement, d’éviter certains effets secondaires, de sélectionner rapidement d’autres options et de réduire les coûts de traitement.

■ Vous êtes actuellement à Maurice dans le cadre de cette conférence. À la lumière de vos échanges avec les professionnels de santé mauriciens, quels sont, selon vous, les principaux défis pour améliorer la prévention, le diagnostic et le traitement des maladies urologiques à Maurice ?

Maurice dispose de professionnels engagés, mais les priorités sont de renforcer la sensibilisation du public, d’encourager des consultations plus précoces, d’organiser le dépistage des personnes à haut risque, d’assurer un accès rapide aux outils diagnostiques avancés et de renforcer la coordination entre les soins primaires et les centres spécialisés.

La clé d’une bonne santé ne réside pas dans la multiplication des établissements de soins, mais plutôt dans la capacité à donner aux individus les moyens d’agir, à les sensibiliser à leur mode de vie et à les encourager à prendre leur santé en main.

■ La recherche médicale dépend de plus en plus de la collaboration internationale. Voyez-vous des possibilités de renforcer la coopération entre Maurice et les centres internationaux de recherche, surtout en matière de formation des spécialistes, de partage des connaissances et de recherche clinique ?

Absolument. Maurice peut développer des programmes structurés de fellowship, des programmes accueillant des experts internationaux, des réunions multidisciplinaires virtuelles ainsi que des registres cliniques multicentriques. De tels partenariats peuvent renforcer les capacités locales tout en permettant à Maurice de contribuer à des recherches précieuses et spécifiques à sa population.

Le développement des infrastructures de santé devrait être priorisé en fonction des besoins sanitaires de la population. En ce qui concerne l’urologie, Maurice devrait développer un programme solide consacré à l’insuffisance rénale et à la transplantation rénale.

■ Quel message souhaiteriez-vous adresser aux hommes mauriciens qui hésitent à consulter lorsqu’ils présentent des symptômes urologiques ?

Ne laissez ni la gêne ni la peur retarder une consultation. La présence de sang dans les urines, les difficultés à uriner, des changements au niveau des testicules ou des douleurs persistantes ne doivent jamais être ignorés. Une évaluation précoce est simple, et un diagnostic précoce peut préserver aussi bien la qualité de vie que la vie elle-même.

Ne déléguez pas votre santé. Informez-vous sur votre corps et prenez la responsabilité de rester en bonne santé.

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Biodata

Né le 24 décembre 1945 à Jodhpur, dans l’État du Rajasthan, en Inde, le professeur Mahendra Bhandari s’est imposé au fil des décennies comme une figure de l’urologie, de la transplantation rénale et de la chirurgie robotique. Au Sanjay Gandhi Postgraduate Institute of Medical Sciences de Lucknow, il contribue à établir le premier programme de transplantation rénale de l’Uttar Pradesh. Il joue parallèlement un rôle important dans la formation de dizaines d’urologues et de chirurgiens transplanteurs. Le professeur Bhandari s’intéresse également très tôt aux nouvelles technologies appliquées à la médecine. En 2006, il rejoint le Vattikuti Urology Institute du Henry Ford Hospital, à Detroit, où il collabore avec le Dr Mani Menon et contribue au développement de la chirurgie robotique. Devenu CEO de la Vattikuti Foundation en 2010, il participe à l’expansion de cette technologie, en particulier en Inde.

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