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Une gestion sous le signe du cafouillage !

24 septembre 2026, 10:51

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Une gestion sous le signe du cafouillage !

Faut-il en rire, en pleurer ou se désespérer des défaillances au sommet de l’État ? La nomination de Soborun à l’Equal Opportunities Commission (EOC), suivie de sa démission seulement quatre jours plus tard, aura surtout révélé un nouveau dysfonctionnement que le grand public a du mal à saisir ! Voilà donc un ancien ambassadeur de Maurice qui, après avoir plaidé coupable aux États Unis, avait été condamné à payer une amende et à faire acte de réparation financière dans une affaire de maltraitance de son employée de maison, et qui se voit nommé à l’EOC !

De toutes les institutions, Soborun avait donc été choisi pour siéger au sein d’un organisme dont la mission est de favoriser la justice à travers l’égalité des chances et la lutte contre les discriminations ! Y avait-il plus incompétent pour ce poste ? Au coeur de l’État, il y avait donc des personnes pouvant croire que ce profil était compatible avec cette fonction !

Est-ce parce qu’il n’avait pas été rappelé en 2012 – alors que Ramgoolam était Premier ministre – de son poste d’ambassadeur (malgré la sanction subie) que le pouvoir a trouvé cette nomination envisageable ? Le fait même d’avoir fait ce choix – avec, de surcroît, la bénédiction du président de la République, posant fièrement aux côtés de l’ancien nominé – donne une indication de la considération accordée à l’EOC et laisse deviner un certain mépris envers le grand public, appelé à croire (avant la démission de l’intéressé) qu’une telle farce (de mauvais goût) pouvait être acceptable !

Au-delà de cette polémique, dont le pouvoir aurait pu faire l’économie s’il avait fait preuve de clairvoyance, cette affaire ne fait que confirmer le fonctionnement d’un Ramgoolam devenu amnésique sur ses engagements de méritocratie, de transparence et la création d’un Appointments Committee indépendant qui figure dans son programme.

En faisant le contraire de ce qu’il avait promis, en nommant ici et là des personnes dont le critère reste une proximité politique – et qu’importe si elles ont atteint l’âge de la retraite depuis une décennie –, le Premier ministre ne donne aucun espoir aux jeunes diplômés et lauréats auxquels il demande de revenir mettre leurs compétences au service du pays. Officiellement, on fait appel aux jeunes cerveaux alors que c’est le copinage qui l’emporte dans les coulisses.

Le coup de projecteur sur Karl Elysée, au centre d’une polémique et qui a soumis sa démission, n’est non seulement une autre source de malaise pour le Premier ministre, mais illustre encore un exemple d’une nomination loin des critères vantés pendant la campagne électorale. Cet ancien Senior Advisor, dont les qualifications n’avaient pas été mentionnées dans la liste fournie par le Premier ministre à la suite d’une question parlementaire, se retrouve au centre d’une affaire d’allégations de corruption après la diffusion d’une bande sonore dont l’une des voix lui est attribuée (ce qu’il nie).

Cet épisode, qui éclabousse le pouvoir, n’est pas sans rappeler les déclarations de Bérenger, qui avait publiquement évoqué l’existence de cette bande sonore. À l’époque, l’ancien no 2 du gouvernement dénonçait les agissements d’un «gang» dans l’entourage du Premier ministre et affirmait avoir évoqué cette affaire de bande sonore avec Ramgoolam, qui, selon lui, avait parlé d’absence de preuves. Ce qui avait suscité un commentaire lapidaire de l’ancien leader du MMM : «Kan dimounn kokin li pa donn resi…»

Si le Premier ministre a confirmé qu’une conversation avait effectivement eu lieu entre lui et Bérenger à ce sujet, Ramgoolam s’attarde sur le «timing» de la sortie de cette bande sonore et entrevoit une méthode de la «mafia», qu’il met sur le compte du MSM, tout en accusant ses adversaires de vouloir discréditer et intimider les enquêteurs de la FCC.

Même s’il existe des tentatives de mettre des bâtons dans les roues de la FCC, la réaction de Ramgoolam suscite des interrogations, surtout lorsqu’il affirme qu’après avoir pris connaissance de cette bande sonore, il a parlé à Karl Elysée, qui lui a dit que c’était faux. Dans une affaire aussi grave portant sur des allégations de corruption, d’un éventuel enregistrement faisant semble-t-il état d’un pot-de-vin de quelques centaines de millions de roupies, une telle attitude de la part d’un chef du gouvernement paraît plutôt légère. Faut-il en rire, en pleurer ou se désespérer des défaillances au sommet de l’État ?

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