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Jérémie et Samuel Augustin, «frwi transmision ek lodas»
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Jérémie et Samuel Augustin, «frwi transmision ek lodas»
«Rezonans» sera la première prestation sur scène de Jérémie, 19 ans, et Samuel, 17 ans, le samedi 26 septembre au Caudan Arts Centre. Le sous-titre du spectacle est Frwi transmision ek lodas, un choix de leur père, passionné de musique, qui leur a offert leur première guitare dès leur plus jeune âge. Il avait ressenti leur besoin d’apprendre.
Aiguillés par le bassiste Linley Marthe, de passage à Maurice, nous leur faisons une surprise en débarquant chez eux, à Résidence Vallijee. Nous empruntons un étroit escalier qui débouche au troisième étage du bâtiment sur un appartement très coquet et bien entretenu. Suivent l’accueil de la famille et la présentation des deux jeunes, pas très bavards.
Jérémie termine le Higher School Certificate et Samuel le School Certificate. Contrairement aux parents classiques, leur père les encourage à suivre la voie musicale en parallèle de leurs études.
Épanouissement
Leur cadre de vie et l’encadrement paternel jouent un rôle primordial dans leur parcours. Sérieux dans leurs études, ils suivent dès leur plus jeune âge les cours de l’atelier Mo’Zar Espace Artistic. Âgés d’une dizaine d’années, ils s’y rendent trois fois par semaine et parfois plus pour assimiler la partie théorique. C’est là qu’ils découvrent le jazz.
Samuel est impressionné par le trompettiste Philippe Thomas, d’où son choix pour cet instrument. Jérémie est attiré par la batterie, mais les files d’attente sont longues. Il finira par opter pour la guitare basse, choisie par moins de jeunes. Sous la houlette de leur père, ils s’avèrent si doués qu’ils sont sélectionnés pour des stages courts à l’étranger.
Coup de chapeau au passage aux sponsors qui participent aux frais de déplacement ; à leurs professeurs ; aux musiciens qui les coachent ; et aux volontaires comme Géraldine Hennequin pour les aspects artistiques.
Jérémie passera deux semaines à Cuba où il note surtout qu’à chaque coin de rue, on pratique naturellement la musique. À dix ans, Samuel aura l’occasion de participer à un festival de jazz et de blues à Rio, au Brésil. Les deux frères seront aussi accueillis en Italie pendant deux semaines aux Umbria Jazz Classics, à Pérouse. Ils voyageront aussi en Belgique et en France pour une tournée de lancement dans plusieurs villes du documentaire que Canal Plus a réalisé sur l’atelier Mo’Zar.
Ils s’enrichissent de rencontres, mais surtout d’une certaine expérience. En 2022, Jérémie suit un stage à Boston, aux États-Unis, au prestigieux Berklee College of Music, avant d’y entreprendre une formation d’Undergraduate Performer and Arranger pendant trois ans. Samuel empruntera peut-être le même parcours après ses études secondaires.
Le baptême de feu
Nous sommes frappés par l’encadrement du père, bientôt suivi par la mère et la petite dernière de la famille. Ils encouragent vivement les deux garçons à ne pas s’arrêter en si bon chemin. C’est d’ailleurs leur père qui les a poussés à entreprendre une première prestation au Caudan Arts Centre. Ils seront entourés de musiciens aguerris comme Patrick Desveaux (guitare), Samuel Laval (saxophone), Jocelyn Armandine (clavier) et Fabien Gourdin (batterie).
Les répétitions s’enchaînent, pendant lesquelles ils bénéficient du coaching de Philippe Thomas, Linley Marthe et Dario Ramdeal. Ce sera la découverte de la scène, mais aussi des spectateurs qui seront, à n’en pas douter, ravis. Le concert, d’une durée de 1 h 45 en deux parties, comprendra des morceaux de jazz arrangés, mais aussi deux de leurs compositions.
Bien que peu loquaces, Jérémie et Samuel sont conscients du poids musical qui pèse sur leurs jeunes épaules. Ils n’expriment aucune crainte. Leur père les a motivés en leur demandant d’oser. Non, le soir venu, ils n’iront pas flâner au bas de leur rue où des marchands vendent leur poison devenu un fléau national pour la jeunesse.
C’est dans la joie musicale et la perspective du concert que nous quittons cette famille unie qui s’est fixé des objectifs précis. Bien conseillés, Jérémie et Samuel sont prêts et assez mûrs pour relever le défi. On n’a pas fini d’entendre parler d’eux.
Et répétons, pour la énième fois, qu’on devrait implanter d’autres «ateliers» dans d’autres banlieues, où de jeunes talents ne demandent qu’à éclore.
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