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Éducation secondaire
Des collégiens réclament une réforme profonde du système
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Éducation secondaire
Des collégiens réclament une réforme profonde du système
La contestation vient cette fois directement des bancs de l’école. Près de 200 collégiens membres de la National Union of Secondary School Students (NAFCO) ont signé une lettre ouverte au ministre de l’Éducation, Mahend Gungapersad. L’organisation, qui revendique 1 500 membres à travers le pays, appelle à une transformation en profondeur du système éducatif et lance une pétition en ligne. La NAFCO, qui représente les collégiens mauriciens depuis 2019, demande au gouvernement de revoir plusieurs aspects du système éducatif, qu’elle juge trop compétitif et générateur de stress chez les jeunes. Elle réclame aussi une plus grande implication des élèves dans les décisions qui concernent leur avenir.
L’organisation a également lancé une pétition en ligne le 21 septembre, invitant les Mauriciens à soutenir ses revendications. Cinq demandes sont au cœur de la pétition : une plus grande participation des élèves aux décisions concernant le système éducatif ; une révision du système des bourses d’État en tenant compte de la situation financière des familles, tout en valorisant les compétences interdisciplinaires, l’esprit critique et l’engagement civique ; l’introduction d’heures d’activités extrascolaires obligatoires à partir du Grade 7 ; l’interdiction des leçons particulières des Grades 1 à 9 et leur limitation à cinq heures par semaine pour les élèves plus âgés, avec un système de registre national numérique ; et une étude sérieuse sur la mixité des Grades 7 à 13, dans les collèges publics, parallèlement à un renforcement de l’éducation civique et sexuelle ainsi que du soutien en matière de santé mentale.
Sortir de «la rat race»
Pour la NAFCO, le problème dépasse largement les examens et les résultats scolaires. L’organisation dénonce depuis plusieurs années une «rat race» qui place les élèves dans une compétition permanente. Elle affirme avoir adressé plusieurs communications au ministère de l’Éducation depuis 2019 pour réclamer des réformes plaçant davantage les élèves au centre des décisions.
La santé mentale constitue un volet important de leur démarche. La NAFCO estime que renforcer uniquement les services de soutien psychologique dans les écoles ne suffit pas et qu’il faut s’attaquer aux causes structurelles du stress scolaire. Elle affirme avoir demandé des données sur les tentatives de suicide chez les collégiens à Maurice, sans avoir obtenu les informations recherchées.
La NAFCO défend également une conception plus large de l’éducation. Selon l’organisation, le système actuel accorde trop d’importance à la mémorisation et à la performance aux examens, au détriment de la créativité, de l’esprit critique et de la capacité des jeunes à comprendre la société qui les entoure. L’école ne devrait pas uniquement préparer les élèves à réussir des examens ou à intégrer le marché du travail. Elle devrait contribuer à former des citoyens capables de réfléchir, de questionner, de participer à la vie publique et de comprendre leur place dans la société.
L’organisation met enfin l’accent sur l’empathie et le vivreensemble, estimant que la compétition académique, combinée à l’exposition croissante aux contenus haineux sur les réseaux sociaux, rend nécessaire une éducation davantage axée sur la bienveillance et l’intérêt collectif. Avec cette pétition, les étudiants veulent transformer leurs revendications en mobilisation publique. Le message de la NAFCO est clair : les jeunes ne veulent plus seulement être les bénéficiaires des décisions éducatives, mais veulent aussi participer à leur élaboration.
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