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Éducation alternative

Christabelle Panier : «Chaque enfant mérite qu’on se batte pour lui»

22 septembre 2026, 22:00

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Christabelle Panier : «Chaque enfant mérite qu’on se batte pour lui»

Christabelle Panier a co-fondé le Centre de formation ANFEN To Rev Nu Vision, à Beau-Bassin, pour apporter un soutien individualisé à une vingtaine d’adolescents aux bases académiques fragiles. Cette enseignante passionnée lance un appel aux sponsors et aux donateurs individuels pour pérenniser son rêve d’accompagner encore davantage de jeunes en 2027.

Qu’est-ce qui vous a motivé à quitter votre emploi pour fonder une association et une école ?

Lors de mes dix années d’expérience comme enseignante dans une école privée, j’ai toujours eu à cœur de travailler avec les élèves les plus en difficulté. Alors je me suis demandé pourquoi ne pas me spécialiser pour transmettre des connaissances spécifiquement pour ce public d’enfants. J’avais déjà conscience que leur manière d’apprendre était différente. Mary Joyce Philippe, enseignante au centre de formation Espérance 2000, m’a alors référée auprès du réseau Adolescent Non Formal Education Network (ANFEN) pour m’équiper davantage. L’idée est alors née de créer To Rev Nu Vision avec Mary Joyce et d’autres femmes défendant le droit à l’éducation pour tous.

Enseigner pour les enfants en échec dans le cycle primaire demande une approche spécialisée. Qu’estce qui diffère ?

Chaque notion du programme doit être abordée de manière concrète, tangible, en s’appuyant sur des thématiques de la vie quotidienne, des objets, des visuels… Par exemple, les unités de mesure sont introduites à partir d’exercices pratiques pour que les élèves visualisent puis retiennent la différence entre un centimètre et un mètre, puis soient à l’aise avec les conversions. Décortiquer le programme prend donc plus de temps. En moyenne, un élève qui entrerait à To Rev Nu Vision à l’âge de 12 ans mettrait quatre ans pour se préparer à l’examen du NC1 (passé avec le Mauritius Institute of Training and Development – MITD).

D’ailleurs, cinq de nos élèves vont se présenter aux épreuves en fin d’année. Et même avec des classes à effectif réduit (dix enfants maximum), nous devons travailler avec eux, en dehors des heures, pour nous assurer de la meilleure préparation possible à l’examen. En parallèle du travail académique, l’équipe pédagogique œuvre à rebâtir leur estime d’euxmêmes. Le fait d’être en échec scolaire est vraiment une souffrance terrible pour l’enfant.

Un gros travail plus qu’à temps plein que vous abattez de manière volontaire…

Oui. Nous aurions souhaité lever suffisamment de fonds pour être rémunérés comme le sont tous les enseignants. Mais notre priorité est déjà de lever des fonds pour le loyer, les fournitures… Idéalement, nous envisageons trois classes de dix élèves chacune à la rentrée de janvier 2027. Nous avons donc l’espace pour accueillir dix adolescents supplémentaires et nous formons des enseignants supplémentaires actuellement. Mais si nous n’avons pas de salaire à leur proposer, nous ne pourrons pas les retenir, malheureusement. Nous devons respecter le droit du travail.

En créant l’association, vous attendiez-vous à autant de difficultés ?

Disons que nous savions qu’il fallait deux ans d’existence pour pouvoir s’enregistrer auprès de la National Social Inclusion Foundation (NSIF). Heureusement que nous sommes récipiendaires des campagnes de levée de fonds Small Step Matters (plateforme reconnue comme institution charitable par la MRA). Notre nouvelle campagne sur la plateforme vise notamment à trouver les moyens financiers pour fonctionner sur toute l’année scolaire 2027. Nous avons également des projets spécifiques qui requièrent des compétences additionnelles.

Par exemple, nous avons aménagé un jardin et un salon de coiffure pour la formation sur place. Si des personnes ressources sérieuses et expérimentées souhaitent nous rejoindre sur une base volontaire, elles seront les bienvenues. Ou si des entreprises ont un intérêt particulier pour les projets en lien avec l’employabilité des jeunes, nous sommes ouverts à des collaborations, pour rémunérer des formateurs en freelance et équiper d’autres ateliers vocationnels sur place.

Tous vos élèves ont le potentiel de poursuivre des études professionnelles ?

Peut-être pas tous au MITD, mais nous aspirons à ce qu’aucun jeune qui passe notre porte ne quitte l’école les mains vides, d’où les cours d’initiation à l’agriculture, la coiffure, la couture, la pâtisserie, la cuisine (confection d’achards), l’artisanat (pyrogravure, fabrication de bougies…). Tous ces jeunes devront être en mesure de devenir des adultes responsables demain, avec des connaissances de base d’un métier manuel générateur de revenus. Après, bien sûr, certains ont déjà une passion et une vocation en tête : la couture, l’hôtellerie, la coiffure… Nous les encourageons à poursuivre leurs rêves avec des cours plus poussés au MITD ou à la Fondation Espoir et Développement ou encore à L’École culinaire Aline Leal d’ANFEN…

Mais pour dire vrai, les plus âgés sont déjà tristes de quitter l’école, à la fin de cette année scolaire. La preuve qu’ils s’y sentent bien ! Et pour les plus jeunes, âgés de 12 ans, l’équipe a la responsabilité de les encadrer au moins pendant les quatre prochaines années, alors j’espère que notre appel sera entendu des citoyens et des entreprises pour nous accompagner dans notre mission, avec les fonds nécessaires pour pérenniser ce centre.

D’où viennent les élèves ?

Barkly, Chebel, Bambous, Albion, mais aussi de plus loin comme Floréal, Curepipe, Batterie-Cassée…

Les parents ne pourraient-ils pas participer aux frais de fonctionnement de l’association ?

La plupart non. Voilà pourquoi nous avons pris la décision par exemple de fournir les uniformes grâce à la première campagne organisée sur www.smallstepmatters.org. Certains jeunes ont même besoin de chaussettes ! Une situation alarmante que beaucoup de nos concitoyens ne s’imaginent même pas. Or, chaque enfant mérite qu’on se batte pour lui !

Pour soutenir To Rev Nu Vision, contact: manager@ smallstepmatters.org


Main Vertes

Dans un espace restreint sur le parking, les jeunes de To Rev Nu Vision ont aménagé un havre de paix et de verdure, avec le soutien de la Fondation I61 et d’un donateur individuel du réseau solidaire Small Step Matters. Dans le jardin luxuriant, une profusion de fines herbes, de laitues, de bringelles, de concombres, de margoze… Et lors de leur première récolte, les élèves avaient les yeux brillants de fierté ! «Chaque enfant est reparti avec un panier bien garni pour sa famille. Certains parents n’en revenaient même pas que leur enfant ait contribué à cette belle récolte !», s’amuse Mary Joyce Philippe, co-fondatrice de ce centre ANFEN de Beau-Bassin.

Photo pour l'encadré N°1 (1)

Photo 3 pour l'encadré N°1 (1)

Photo 2 pour l'encadré N°1 (1)


Mobilisation en ligne

Les droits de l’enfant et en particulier, le droit à l’éducation, nous concernent tous pour construire une société plus équitable demain. Pour que chaque élève puisse atteindre le meilleur de son potentiel, il nécessite parfois un soutien scolaire individuel et une méthode alternative, comme le propose l’équipe pédagogique de l’association To Rev Nu Vision.

• Citoyens et entreprises sont invités à soutenir cette association pour financer les frais de fonctionnement à travers www.smallstepmatters.org.

• Avec une donation par Juice : Small Step Matters est accessible facilement via Pay a Merchant. Merci de spécifier un mot-clé comme référence avec le virement : Vision

• No de compte MCB - Small Step Matters : 000444289887. Référence :Vision

• No de compte IBAN pour les donations depuis l’étranger : MU59MCBL0944000444289887000

• Pour les contributions CSR, contact:[email protected] Chaque roupie compte pour soutenir ces adolescents dans leur scolarité. Et l’année scolaire 2027 se prépare dès maintenant !

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