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Industrie

Le numérique pour conquérir les marchés

21 septembre 2026, 21:00

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Le numérique pour conquérir les marchés

■ Les discussions ont mis l’accent sur la nécessité de développer des compétences dans la robotique, l’analyse de données et l’IA.

Transformation numérique, intelligence artificielle (IA) et accès aux marchés. L’industrie mauricienne cherche à renforcer sa capacité de production, mais aussi à mieux identifier et atteindre les acheteurs étrangers. C’est l’un des principaux enjeux soulevés le 17 septembre, à Ébène, lors d’un atelier organisé par l’Economic Development Board (EDB) en collaboration avec le Human Resource Development Council (HRDC).

Le secteur représente quelque Rs 83,5 milliards de valeur ajoutée brute, soit environ 13 % de la valeur ajoutée brute nationale. Les entreprises mauriciennes exportent quelque 2 262 produits vers près de 140 destinations, selon Geerish Bucktowonsing, directeur de l’Export Promotion and Market Access à l’EDB. Cette recherche de débouchés passe notamment par le numérique. «Aujourd’hui, l’acheteur international recherche ses fournisseurs sur les plateformes numériques.»

Avant même un premier contact, il peut consulter les produits proposés, les capacités de production, les certifications, les références, les engagements en matière de durabilité ou encore les délais de livraison d’une entreprise. «Si l’acheteur ne peut pas vous trouver, comprendre votre offre ou la vérifier en ligne, vous risquez de perdre une occasion de vente», a-t-il ajouté.

L’IA à la prospection. Elle permet d’étudier un marché, d’identifier des importateurs, d’analyser les tendances et les concurrents, de repérer les certifications requises ou encore de préparer une première approche commerciale. Son utilisation doit toutefois rester encadrée. «L’IA ne remplace ni l’entrepreneur, ni le commercial, ni l’ingénieur, ni la relation avec l’acheteur, ni le jugement humain», a rappelé Geerish Bucktowonsing. L’objectif est surtout de permettre aux entreprises de travailler plus rapidement et de disposer de davantage d’informations.

Pour le ministre de l’Industrie, des PME et des coopératives, Aadil Ameer Meea, cette évolution doit aller de pair avec une transformation du modèle industriel. «Maurice a besoin d’une remise à plat de son secteur industriel», a-t-il déclaré, en évoquant la hausse des coûts de production, la concurrence internationale et les difficultés de recrutement.

Automatiser pour mieux recruter

L’automatisation pourrait aussi répondre en partie aux difficultés de recrutement. «La question n’est pas seulement le nombre de personnes disponibles. Elle concerne aussi les compétences, les emplois et la manière dont la production est organisée», a indiqué le ministre. Certaines tâches répétitives pourraient être automatisées, tandis que les employés seraient davantage affectés à des fonctions nécessitant des compétences techniques, du jugement et de la créativité.

La question des compétences reste donc centrale. Aadil Ameer Meea a cité un taux de chômage de 5,7 % au premier trimestre de 2026, contre 19,1 % chez les jeunes. Il estime que l’industrie doit offrir davantage de perspectives dans des domaines comme la robotique, l’analyse de données, l’IA, l’ingénierie industrielle, la conception de produits et la gestion numérique de la production.

À l’export, Maurice ne pourra par ailleurs pas compter uniquement sur ses coûts. «Maurice ne gagnera pas par sa taille ou en étant le producteur offrant la maind’œuvre la moins chère», a soutenu le ministre. Le positionnement devra davantage reposer sur la qualité, la fiabilité, l’agilité, l’innovation et des marchés spécialisés.

Un constat partagé par Sylvan Oxenham, président de Made in Moris. «Avoir un bon produit ne suffit pas», a-t-il déclaré. «Il faut savoir raconter son histoire, le présenter et trouver le bon consommateur.»

Les outils numériques et l’IA peuvent ainsi aider les entreprises, y compris les plus petites, à suivre les marchés étrangers, à identifier des clients potentiels et à adapter leur approche commerciale.

En parallèle, le gouvernement prépare un nouvel Industry Bill et travaille avec l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel à un Industrial Sector Strategic Plan 2026-2030. Le document doit notamment porter sur la valeur ajoutée, la digitalisation, les compétences et la compétitivité à l’export.

Geerish Bucktowonsing a finalement appelé les entreprises à privilégier une démarche concrète. «Prenez une idée. Testez-la. Mesurez le résultat. Puis développez-la», a-t-il lancé aux participants. L’objectif, selon lui, est de «produire mieux, commercialiser plus intelligemment et vendre plus loin».

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