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Dans la province du Jiangsu, en Chine
Dans les coulisses du «Hwawood», l’aciérie devenue studio
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Dans la province du Jiangsu, en Chine
Dans les coulisses du «Hwawood», l’aciérie devenue studio
«Action !» À Wuxi, dans la province du Jiangsu, les bâtiments d’une ancienne aciérie au bord du lac Taihu ont changé de vocation. Les structures métalliques qui abritaient autrefois une activité industrielle accueillent désormais des studios de tournage, des écrans LED géants et des équipements de capture de mouvement. Surnommé Hwawood ou Wuxiwood, le Wuxi National Digital Film Industrial Park s’est développé sur ce site autour du cinéma numérique et de la production audiovisuelle.
Présentée par les responsables du parc lors d’un événement organisé le lundi 14 septembre, cette reconversion illustre l’évolution d’une partie de l’activité économique de cette région de la province du Jiangsu vers les secteurs de l’image, des effets visuels et du numérique. Selon Ma Jian, représentant du département publicité du Wuxi Municipal Committee du Parti communiste chinois (CPC), le complexe s’inscrit dans le développement du cinéma numérique. Hu Liansheng, représentant du département publicité du Jiangsu Provincial Committee du CPC, a pour sa part décrit le parc comme un espace industriel reposant sur une forte concentration de technologies.
Quand l’usine devient studio
Installé dans le district de Binhu sur 38,6 hectares, le parc a été développé en partenariat avec le National Radio and Television Administration. Une partie des structures et des volumes des anciens bâtiments industriels a été conservée pour accueillir 15 studios de tournage.
À l’intérieur, le contraste avec l’ancienne vocation du site est frappant. Entre décors d’époque et créatures animatroniques – comme ce T-Rex grandeur nature installé sous les passerelles métalliques d’origine (voir photo) –, le parc dévoile toute sa palette technique. Un plateau immersif équipé d’un écran LED courbe permet d’afficher des environnements numériques en temps réel, face à une caméra portée par un bras robotisé de haute précision. Le parc dispose également d’un bassin destiné aux prises de vues sousmarines, de systèmes de capture de mouvement et d’équipements consacrés au montage et aux effets visuels. Une partie des outils utilisés dans la production fait également appel à l’intelligence artificielle.
■ Le studio de tournage virtuel : un écran LED géant courbé projette un décor 3D en temps réel face à une caméra sur bras robotisé.
L’intérêt de ces installations réside notamment dans la possibilité de modifier virtuellement l’environnement dans lequel évoluent les acteurs, sans devoir construire chaque décor physiquement. Le principe permet de produire différents univers visuels à partir d’un même espace de tournage.
Une filière qui pèse plusieurs milliards
La capture de mouvement constitue une autre composante du dispositif. Les déplacements des acteurs peuvent être enregistrés puis utilisés pour créer ou animer des personnages numériques. Le parc dispose également d’un réseau 5G dédié à certaines activités de production.
Cette concentration d’équipements s’accompagne d’un écosystème d’entreprises. Selon les données présentées lors de la visite, plus de 1 200 entreprises liées à la chaîne de création numérique sont aujourd’hui présentes dans le parc, pour une valeur de production annuelle estimée entre six et huit milliards de yuans (entre Rs 42 630 millions et Rs 56 840 millions).
■ Le Wuxi National Digital Film Industrial Park est situé dans la province du Jiangsu.
Plus de 2 100 projets y auraient été accueillis. Parmi les productions citées figurent notamment The Wandering Earth, The Captain et La Création des Dieux I : Le Royaume des Tempêtes, ainsi que des séries et programmes télévisés.
Au-delà des studios, le parc cherche à réunir différentes étapes de la production audiovisuelle sur un même site. Les autorités locales ont notamment mis en place un guichet administratif destiné à faciliter les démarches liées aux tournages ainsi qu’un fonds de soutien de 300 millions de yuans.
Un incubateur, le Laichuang OPC Intelligent Film Workshop - dédié aux créateurs indépendants -, accompagne également des projets liés à l’industrie cinématographique et aux nouvelles technologies.
■ Un T-Rex grandeur nature installé sous des passerelles métalliques.
La transformation du site ne se limite toutefois pas à la production. L’ancien espace industriel est progressivement intégré à une offre culturelle et touristique. Des décors reconstitués, des espaces de visite et une librairie consacrée au cinéma permettent ainsi de prolonger l’activité au-delà des studios.
Derrière les écrans et les effets numériques, le parc raconte finalement une autre histoire : celle d’un site industriel qui a changé de fonction. Les grandes structures métalliques de l’ancienne aciérie n’ont pas disparu. Elles servent désormais de cadre à une industrie où la matière première n’est plus l’acier, mais l’image et la donnée.
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