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Goodlands
Le dossier des haut-parleurs doit rester une affaire de décibels
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Le dossier des haut-parleurs doit rester une affaire de décibels
Photo d'illustration.
Faut-il transformer une plainte pour nuisance sonore en affrontement communautaire ? À Goodlands, certains semblent vouloir présenter le différend autour des hautparleurs d’une mosquée comme une opposition entre hindous et musulmans. Les documents disponibles racontent pourtant une histoire sensiblement différente.
Un groupe d’habitants demande aux autorités non pas d’interdire les haut-parleurs, encore moins de remettre en cause le droit de prier, mais simplement de faire respecter les normes de bruit prévues par la loi. Dans un courrier adressé aux autorités, les riverains expliquent avoir entrepris depuis l’an dernier plusieurs démarches auprès des services compétents afin de trouver une solution amiable. Une note de l’Environmental Health Engineering Unit, datée du 20 mai 2026, confirme le caractère récurrent des plaintes et rappelle que le système sonore avait déjà fait l’objet d’un calibrage. Le dossier s’est toutefois poursuivi. Selon les habitants, des relevés effectués les 10 et 17 août ont enregistré respectivement 72 et 73 décibels.
Or, les Environment Protection (Environmental Standards for Noise) Regulations 2022 fixent des seuils pour les nuisances sonores de voisinage : 60 dB(A) Leq entre 7 heures et 18 heures, 55 entre 18 heures et 21 heures et 50 entre 21 heures et 7 heures. C’est là que se trouve le véritable sujet. Il ne s’agit pas de hautparleurs contre une religion. Il s’agit de décibels et de droit.
Les habitants le disent d’ailleurs explicitement : leur demande n’est pas de supprimer les haut-parleurs, mais de ramener leur volume dans les limites prévues par la législation et de garantir le respect de ces limites dans la durée.
Le dossier présente une autre particularité, difficile à ignorer. L’Attorney General actuel, Mᵉ Gavin Glover, est précisément l’avocat qui avait engagé en 2007 une action concernant l’utilisation de haut-parleurs par une mosquée à Quatre-Bornes. La presse avait alors rapporté que le jugement de la Cour suprême lui avait donné raison dans son action contre la municipalité de Quatre-Bornes.
Dix-neuf ans plus tard, le même Gavin Glover, devenu Attorney General en novembre 2024, se retrouve donc face à un dossier qui présente une étonnante similitude de fond.
La question n’est pas de savoir quelle communauté doit avoir raison. Elle est de savoir si la règle est la même pour tous.
À Goodlands, la voie de l’apaisement passe précisément par là : sortir le dossier du terrain identitaire, mesurer, constater et, lorsque les limites légales sont dépassées, appliquer la loi. Le droit de pratiquer sa religion et le droit des riverains à un environnement paisible n’ont pas besoin d’être présentés comme incompatibles.
Le débat mérite mieux qu’une fracture communautaire : il mérite une règle claire, mesurable et appliquée sans distinction.
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