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Chiffres du ministère de l’Agro-industrie
Poisson Capitaine : 800 tonnes, 35 bénéficiaires
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Chiffres du ministère de l’Agro-industrie
Poisson Capitaine : 800 tonnes, 35 bénéficiaires
■ Karl Elysée ne souhaite pas faire de déclaration à la presse pour le moment.
Les éléments du dossier d’importation de poisson Capitaine en 2026 permettent de reconstituer le processus d’attribution des quotas. Parmi les bénéficiaires figure Eco-Tropic Co Ltd, dirigée par Karl Elysée, ancien Senior Advisor au PMO. Le ministère de l’Agro-industrie, qui a joué la carte de la transparence face à nos questions, et les interrogations du grand public, affirme que les règles établies ont été appliquées sans traitement de faveur.
L’affaire avait suscité des interrogations autour de l’allocation d’un quota de poisson Capitaine à Eco-Tropic Co Ltd, dont le directeur est Karl Elysée. Les explications fournies par des sources autorisées au ministère permettent aujourd’hui de retracer les différentes étapes du processus et d’identifier les opérateurs qui ont obtenu une part du quota disponible.
Jusqu’en 2026, l’importation de 800 tonnes de poisson Capitaine était organisée en deux temps : 400 tonnes pendant la période hivernale et 400 tonnes durant la période festive. Les quotas étaient attribués aux opérateurs ayant soumis une demande au ministère, afin de répondre aux pénuries anticipées sur le marché local.
Ce dispositif s’était toutefois heurté à des difficultés opérationnelles. Contraintes logistiques, retards dans le transport maritime et limitations d’approvisionnement dans les pays exportateurs empêchaient certains importateurs de respecter les délais prescrits. C’est dans ce contexte qu’une nouvelle formule a été arrêtée en avril 2026. Les 800 tonnes ne seraient plus importées en deux périodes distinctes, mais tout au long de l’année.
Le 16 avril, le ministère adressait ainsi une lettre à 99 opérateurs, les invitant à manifester leur intérêt pour l’importation de poisson Capitaine en 2026. Selon les sources ministérielles, cette démarche visait précisément à renforcer la transparence du processus et à permettre à un plus grand nombre d’opérateurs de participer à l’approvisionnement du marché.
39 demandes, 35 dossiers examinés
Sur les 99 opérateurs sollicités, 39 demandes ont finalement été reçues. Parmi celles-ci, 35 dossiers ont été effectivement examinés par le comité d’évaluation présidé par la Deputy Permanent Secretary et l’Assistant Director of Fisheries.
Le comité comptait également un Divisional Scientific Officer, un Acting Divisional Scientific Officer, un Scientific Officer, un Technical Officer et un Office Management Assistant.
L’évaluation a porté sur une demande cumulée de 4 739 tonnes, alors que le quota disponible était initialement de 800 tonnes.
Pour procéder à une répartition du volume disponible, le comité a appliqué plusieurs critères. Les entreprises introduisant une première demande d’inscription comme importateur obtenaient 15 tonnes, soit l’équivalent d’un conteneur de 20 pieds. Les entreprises ayant fait l’objet d’une contravention pour une infraction obtenaient 15 % du quota demandé. Les autres entreprises enregistrées pouvaient, elles, obtenir 25 % de la quantité sollicitée. C’est dans cette dernière catégorie que se retrouve Eco-Tropic Co Ltd.
Selon les informations communiquées, la société figurait parmi les 22 entreprises auxquelles le comité d’évaluation avait recommandé l’attribution de 25 % de la quantité demandée.
Le ministère soutient ainsi que le quota accordé à EcoTropic ne relevait d’aucune procédure particulière. Il résultait, selon ses sources, de l’application du même critère aux entreprises placées dans la même catégorie.
Des quotas répartis entre les opérateurs
Le comité avait recommandé l’importation d’un total de 834,75 tonnes de poisson Capitaine par une trentaine de sociétés, soit 34,75 tonnes de plus que le quota initial de 800 tonnes. Cette quantité supplémentaire devait, selon les explications fournies, contribuer à la sécurité alimentaire et à une répartition équitable.
Après évaluation, une approbation portant sur 822,25 tonnes, réparties entre 35 entreprises, a finalement été obtenue le 17 juillet 2026.
Les lettres informant les opérateurs de leur allocation ont été émises le 30 juillet. Les bénéficiaires étaient informés qu’ils devaient solliciter un Import Permit et que toutes les cargaisons devaient parvenir à Maurice au plus tard le 31 décembre 2026.
Le cas d’Eco-Tropic Co Ltd s’inscrit donc, selon le ministère, dans ce mécanisme général. La demande de l’entreprise a été examinée par le comité et son quota calculé selon les critères appliqués aux autres entreprises concernées.
Contacté à ce sujet, le ministre de l’Agro-industrie, Arvin Boolell, se veut catégorique : «Le ministère réaffirme ainsi que le processus mis en place en 2026 avait pour objectif d’assurer une procédure transparente, équitable et conforme aux critères établis, tout en garantissant un approvisionnement adéquat du marché mauricien en poisson Capitaine.»
Reste que la publication des données relatives aux demandes, aux allocations individuelles et aux critères appliqués permettrait de mesurer concrètement comment les 800 tonnes initialement disponibles ont été réparties entre les différents opérateurs.
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Terrains agricoles : 311 allocations depuis janvier 2025, le cas Karl Elysée interpelle
La polémique ne se limite pas au poisson Capitaine. L’octroi à Karl Elysée d’un terrain agricole de près de trois arpents à Pointeaux-Piments soulève également des questions. Selon des sources au ministère de l’Agro-industrie, de la sécurité alimentaire, de l’économie bleue et de la pêche, 311 demandes de terrains agricoles ont été traitées et allouées depuis janvier 2025, représentant au total 661,91 arpents. Celle de Karl Elysée figure parmi ces allocations. Selon ces mêmes sources, l’ancien «Senior Advisor» au PMO avait introduit sa demande le 11 juin 2025. Une visite du site avait été effectuée le 10 novembre 2025, à la suite de laquelle il avait accepté le terrain situé à Pointe-aux-Piments. Le 28 novembre 2025, il avait signé le «lease agreement», valable jusqu’en 2032. «Tout a encore une fois été fait dans la transparence. Il a fait sa demande en bonne et due forme», soutiennent les sources ministérielles. Le contrat comporte toutefois une condition importante : tout bénéficiaire d’un terrain loué par le ministère dispose d’un délai d’un an pour le développer. À défaut, le terrain peut être repris par le ministère de tutelle. Dans le cas du terrain attribué à Karl Elysée, des officiers du ministère ont effectué une visite le 24 août 2026. Ils ont constaté qu’aucune culture n’y avait encore été entreprise. «Si le terrain est toujours dans le même état au 28 novembre prochain, il sera repris par le ministère», assure-t-on. Selon l’avocat Akil Bissessur, qui représente Karl Elysée, celui-ci ne compte pas faire de déclaration à la presse, «à ce stade».
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