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Affaire Ravatomanga

La FCC campe sur les risques, la défense attaque le dossier

11 septembre 2026, 12:11

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La FCC campe sur les risques, la défense attaque le dossier

Après plus de dix mois de détention, Mamy Ravatomanga devra encore attendre. Au terme des submissions, hier, jeudi 10 septembre, la Financial Crimes Commission (FCC) a maintenu que les risques de fuite, d’ingérence dans l’enquête et de manipulation des preuves justifient son maintien en détention. La défense, elle, a attaqué la solidité des accusations et plaidé que le temps écoulé, l’état de l’enquête et les garanties désormais proposées changent profondément la donne. La décision de la Bail and Remand Court (BRC) est attendue le 12 octobre.

Le face-à-face final devant la BRC a surtout tourné autour d’une question : les risques identifiés lors du premier refus de remise en liberté sous caution peuvent-ils encore justifier, à eux seuls, que Mamy Ravatomanga reste derrière les barreaux ?

Pour la FCC, la réponse demeure oui. Mᵉ Trishul Naga a soutenu que les objections de la Commission n’avaient pas été véritablement ébranlées lors du contre-interrogatoire de l’Acting Director of Investigations, Paramhans Aleear. Selon la FCC, les éléments avancés pour établir les risques restent donc non réfutés.

Le choix du garant a cristallisé les débats. La défense propose Shakeer Fakeermamode, mais la FCC conteste son aptitude à se porter garant, en particulier en raison de ses liens avec Ravatomanga et d’éléments ressortis de l’enquête. La magistrat Mohammad Nathire a longuement interrogé la FCC à ce sujet : Une caution peut-elle être refusée uniquement parce que le garant proposé est jugé inadéquat ? Et, si tel est le cas, que se passe-t-il lorsqu’il n’existe pas d’autre garant disponible ?

La défense soutient que Fakeermamode est précisément le seul garant qu’elle a pu présenter. Ses submissions rappellent que, malgré l’objection de la FCC formulée depuis le 20 juillet et l’annonce qu’il serait bientôt interrogé, aucune audition sous avertissement n’avait encore eu lieu. Surtout, aucun délit relevant du droit mauricien pour lequel il serait suspecté n’aurait été précisé.

La défense a aussi replacé la demande dans sa chronologie. Arrêté le 24 octobre 2025, Ravatomanga a été provisoirement inculpé le 6 novembre, de deux chefs de blanchiment d’argent et d’un chef de conspiration en vue de trafic d’influence. Il est en détention depuis le 2 décembre.

Son camp s’appuie notamment sur l’arrêt de la Cour suprême du 26 mai 2026. Celle-ci avait confirmé le refus de caution, mais avait estimé que la BRC s’était trompée en qualifiant de «strong» les éléments relatifs aux deux chefs de blanchiment. En revanche, elle avait considéré comme fondée l’appréciation concernant le troisième chef, ainsi que les risques de fuite et de collusion avec les témoins ou manipulation des preuves. La Cour suprême avait néanmoins relevé qu’une caution constituait une condition appropriée, tout en constatant alors l’absence d’une personne disposant des moyens financiers adéquats.

Pour la défense, ces conclusions doivent désormais être replacées dans un dossier qui a évolué. Elle affirme que les contradictions apparues dans les dépositions d’Aleear et entre celles-ci et les déclarations de l’ancien commissaire Rashid Ali Beekun affaiblissent davantage les accusations. Elle conteste également le troisième chef, soulignant qu’une rencontre avec JunaidFakim ne saurait, à elle seule, établir une gratification ou un accord de corruption.

Un autre front concerne les faits reprochés qui auraient été commis à Madagascar. La défense invoque la question de la «dual criminality», la Cour suprême ayant estimé qu’il était impératif de déterminer si les faits présentés comme des infractions à Madagascar auraient également constitué des crimes s’ils avaient été commis à Maurice. Elle relève que la notion de «State Capture», invoquée par la FCC pour englober plusieurs volets de l’enquête, n’est pas une infraction prévue par la législation mauricienne.

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