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Après Pointe-d’Esny
Shakeel Mohamed repart à la chasse aux accès oubliés à La Preneuse, La Mivoie, Tamarin…
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Après Pointe-d’Esny
Shakeel Mohamed repart à la chasse aux accès oubliés à La Preneuse, La Mivoie, Tamarin…
Shakeel Mohamed, accompagné de Ranjiv Woochit, ministre des Collectivités locales, et d’Arvin Babajee, député au no 14, lors de sa visite à La Preneuse, hier, où plusieurs passages publics vers la plage ont été inspectés. Photos: Aurelio Prudence.
Après Pointe-d’Esny, le ministre du Logement et des terres poursuit son offensive sur le littoral. À La Preneuse, La Mivoie et Tamarin, plus de six sites ont été examinés hier.Passages partiellement obstrués, panneaux vandalisés ou devenus illisibles : sur le terrain, certains accès publics semblent avoir été progressivement effacés du paysage.
À La Preneuse, un passage a particulièrement retenu l’attention du ministre. Il mène vers la plage, mais son existence n’était pas immédiatement évidente. Pour Shakeel Mohamed, il ne s’agit pas d’un simple défaut d’entretien. Il soupçonne que certains amé- nagements aient pu être réalisés dans le but de décourager l’utilisation de ce passage public.
Carte interactive du littoral
Les autorités ont donc commencé à rendre ces accès plus visibles, notamment grâce à la signalisation. De nouveaux panneaux ont été installés pour les indiquer depuis la route et, dans l’autre sens, permettre aux usagers de retrouver leur chemin vers la sortie.
Cette opération s’accompagne d’un nouvel outil : une carte interactive du littoral mauricien, lancée mardi par le ministère du Logement et des terres. Disponible sur le site du ministère (https://housing.govmu.org/Pages/Publicbeach-and-Access-to-the-Sea. aspx), elle répertorie, dans sa première phase, les accès publics de La Preneuse, La Mivoie, Tamarin et Flacq. Le dispositif sera progressivement étendu au reste du pays, à mesure que les données seront vérifiées par la section Cartographie du ministère. L’idée est simple : savoir où passer pour atteindre la mer. L’absence d’informations claires a toutefois longtemps laissé place au doute, voire à l’appropriation informelle de certains passages.
Le ministre a également insisté sur une nuance juridique importante. La référence souvent avancée à un accès à la plage tous les 500 m n’est pas une disposition légale contraignante, mais une guideline. Elle constitue néanmoins, selon lui, une piste de travail pour augmenter le nombre d’accès là où cela est possible.
La visite a aussi mis en lumière un autre problème : l’utilisation des plages par les véhicules, notamment pour tirer des bateaux. Une meilleure coordination avec le District Council de Rivière-Noire, la Beach Authority, la police et la National Coast Guard est envisagée afin de limiter les conflits d’usage et de préserver la sécurité.
La question environnementale a également été soulevée. L’Integrated Coastal Zone Management Division, ainsi que des organisations non gouvernementales, dont MRU25, représentée par Carina Gounden, ont attiré l’attention sur certaines structures installées pour se protéger contre la montée des eaux. Or, une protection peut parfois produire l’effet inverse et favoriser l’érosion. Une évaluation technique devra donc déterminer quelles interventions sont compatibles avec la dynamique du littoral.
Le chantier dépasse ainsi la seule question des accès. Des terrains de l’État laissés à l’abandon et certaines propriétés privées mal entretenues ont également été signalés. À proximité de Marina Bay, des lieux décrits comme dégradés et susceptibles de poser des problèmes de sécurité ou de santé font l’objet d’un examen. Le ministre veut des rapports afin de déterminer les responsabilités et les solutions envisageables.
À Pointe-d’Esny, la première descente avait déjà débouché sur des mesures concrètes : quatre panneaux avaient été installés pour identifier les deux accès publics et la végétation qui obstruait l’un d’eux avait été dégagée. Vingt lots avaient ensuite été ciblés par des avis concernant des structures installées sur le domaine public.
Dans l’Ouest, le message de Shakeel Mohamed est désormais plus large : le littoral ne doit pas seulement être public en théorie. Il doit aussi être visible, identifiable et accessible en pratique. Et cette fois, le gouvernement veut en laisser une trace numérique : une carte pour montrer les chemins que le temps, les habitudes ou les constructions ont parfois fini par faire disparaître.
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