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L’affaire de la FCC - Des Rs 30 millions à Vallée-des-Prêtres

Les trafiquants faisaient changer l’argent via des cambistes

7 septembre 2026, 11:00

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Les trafiquants faisaient changer l’argent via des cambistes

Photo d'illustration.

Derrière des opérations de change en apparence ordinaires, la Financial Crimes Commission (FCC) soupçonne l’existence d’un mécanisme permettant à des trafiquants de faire circuler d’importantes sommes d’argent sans apparaître directement dans les transactions. Selon les informations recueillies dans le cadre de l’enquête, les enquêteurs seraient remontés jusqu’à une filière dont le modus operandi repose notamment sur l’utilisation de connaissances et d’amis.

Le procédé serait relativement simple. Des trafiquants, qui ne souhaitent pas se présenter eux-mêmes auprès des cambistes, solliciteraient des personnes de leur entourage pour effectuer les opérations de change à leur place. Ces intermédiaires se rendraient chez les cambistes munis de leur pièce d’identité et procéderaient à l’échange des devises. En contrepartie, ils percevraient une commission pour ce service.

Pour les enquêteurs, cette méthode permettrait surtout de distancier le donneur d’ordre de la transaction financière. Le nom apparaissant dans les documents du cambiste serait celui de l’intermédiaire, et non celui de la personne soupçonnée d’être à l’origine des fonds. C’est précisément ce type de chaîne que la FCC chercherait désormais à reconstituer : qui remet l’argent, qui mandate l’intermédiaire, quel cambiste effectue l’opération et, surtout, quelle est la destination finale des fonds. Les investigations portent sur un circuit financier beaucoup plus large. D’après les éléments évoqués dans l’enquête, entre Rs 540 millions et Rs 720 millions auraient transité à travers différents mécanismes d’échange et de transfert de devises. Plusieurs catégories d’acteurs seraient dans le viseur des enquêteurs, notamment des trafiquants de drogue, des intermédiaires et des employés de bureaux de change soupçonnés d’avoir pu faciliter certaines opérations.

La FCC s’intéresserait également à l’utilisation présumée du système «hawala», décrit comme un autre moyen de déplacer des fonds sans passer par les circuits bancaires traditionnels. Des contacts avec des réseaux situés notamment à Dubaï, en Thaïlande et au RoyaumeUni seraient examinés.

Un autre volet concerne les transactions en espèces. Selon les éléments de l’enquête, des opérations portant sur plusieurs millions de roupies auraient été réalisées, tandis qu’une intervention aurait permis de découvrir près de Rs 30 millions en espèces et Rs 4 millions en diverses devises.

Au-delà des montants, les enquêteurs cherchent désormais à comprendre l’architecture du réseau : les donneurs d’ordre, les intermédiaires, les cambistes et les bénéficiaires finaux. Le recours systématique à des personnes tierces pour effectuer les échanges pourrait constituer l’une des pièces centrales du puzzle que la FCC tente actuellement de reconstituer.

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