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«Road Traffic (Amendment) Bill»
Chetan Baboolall : «punir sans prévenir ne constitue pas une politique de sécurité»
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«Road Traffic (Amendment) Bill»
Chetan Baboolall : «punir sans prévenir ne constitue pas une politique de sécurité»
Dans son premier discours en tant que leader de l’opposition à l’Assemblée nationale, Chetan Baboolall a exhorté la Chambre à prendre conscience du danger que pourrait représenter une interprétation erronée des dispositions relatives à la sécurité routière. Selon lui, assimiler la violence routière à des manifestations légales risque d’ouvrir la voie à des représailles juridiques contre ceux qui exercent leurs droits.
Chetan Baboolall s’est notamment attardé sur l’article 11 du projet de loi, qui introduit une nouvelle section, la 123AN, consacrée au Road Rage. Celle-ci comprend les sous-sections A à F, qui portent notamment sur les menaces, l’utilisation d’armes offensives, l’intrusion forcée dans des véhicules et les dommages matériels.
En revanche, l’alinéa J instaure une infraction visant tout usager de la route qui bloque ou entrave le passage d’autrui. Celui-ci serait passible d’une amende pouvant atteindre Rs 100 000 et jusqu’à 12 mois d’emprisonnement. Cette disposition s’applique notamment aux rassemblements illégaux, aux manifestations ou encore à l’érection de barricades. Le leader de l’opposition a souligné que les manifestations relèvent de droits constitutionnels fondamentaux et ne sauraient être assimilées à des actes d’agressivité routière.
Le nombre inquiétant de motocyclistes victimes d’accidents de la route a également été soulevé par Chetan Baboolall. Il a déploré l’absence, dans le projet de loi, de toute mention des modalités d’obtention du permis de conduire une motocyclette, estimant qu’il s’agit d’un oubli flagrant.
Il a également souligné que l’éducation à la sécurité routière constitue un autre aspect essentiel qui fait défaut au projet de loi. Selon lui, la modernisation de l’apprentissage, notamment à travers l’intégration de technologies de simulation dans la formation, permettrait de mieux préparer les nouveaux conducteurs et motocyclistes aux situations dangereuses qu’ils pourraient rencontrer.
Par ailleurs, Chetan Baboolall s’est prononcé en faveur de l’instauration d’une limite d’alcoolémie plus stricte pour les conducteurs professionnels, estimant que celleci refléterait la responsabilité inhérente à leur métier. Abaisser le taux d’alcoolémie autorisé pour ceux dont le gagne-pain dépend de la conduite contribuerait, selon lui, à renforcer la sécurité routière, compte tenu notamment des conséquences potentielles pour les passagers et les marchandises transportées.
Le leader de l’opposition a également évoqué des localités comme Deep-River, où plusieurs accidents mortels se sont produits. Il a jugé inacceptable que des dispositifs de sécurité essentiels, tels que des ralentisseurs et une signalisation d’avertissement appropriée, n’y aient toujours pas été mis en place.
«La prise de conscience des risques au sein de la communauté aurait dû imposer une intervention immédiate. Lorsque l’on durcit les sanctions sans s’attaquer à ces facteurs évitables, on donne l’impression que les mesures punitives priment sur les vies qui auraient pu être sauvées grâce à des initiatives proactives. Punir sans prévenir ne constitue pas une politique de sécurité. C’est une taxe perçue après que le pays a déjà manqué à son devoir d’agir», a déclaré Chetan Baboolall avec conviction.
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