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Portrait

Sean Persand : «Mon but... gardien du Club M un jour»

2 septembre 2026, 14:10

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Sean Persand : «Mon but... gardien du Club M un jour»

À 20 ans, Sean Persand, Etudiant en informatique et gardien de but à l’US Maubeuge (Régional 1, France), poursuit son double rêve en France : devenir ingénieur en cybersécurité tout en se faisant une place dans le football.

Fan de Liverpool depuis son plus jeune âge, Sean Persand a longtemps pris pour modèle Hugo Lloris. Le gardien de l’équipe de France, qu’il a attentivement observé, lui a beaucoup appris et inspiré dans son parcours.

Arrivé en France il y a trois ans pour poursuivre des études en ingénierie informatique et cybersécurité à l’INSA de Valenciennes, le Mauricien vient, également, de franchir une nouvelle étape sur le terrain. Il a décroché un poste de gardien de but à l’US Maubeuge, qui évolue en Régional 1, un niveau comparable à la D1 réunionnaise.

Son ambition est claire : réussir à mener de front une carrière d’ingénieur et, pourquoi pas, devenir footballeur professionnel. Avec, en ligne de mire, un rêve ultime : porter un jour le maillot de la sélection mauricienne.

Allier grandes études et sport de haut niveau : sacré programme en perspective ! Mais Sean Persand n’a pas froid aux yeux. Ambitieux et fonceur, il aime les challenges. «En France, tu as une vie d’opportunités, même si ce n’est pas la même vie qu’à Maurice, on prend des risques et on peut faire des choses qu’on n’aurait pas pu au pays», nous a-t-il confié récemment, lors de ses dernières vacances chez nous.

A 20 ans, ce dernier a déjà des idées bien arrêtées sur ce qu’il veut dans la vie. Et fait tout pour s’en donner les moyens. «J’ai toujours voulu représenter mon pays un jour. Être en sélection, comme gardien du Club M, c’est ça l’objectif. Mais j’aimerais déjà être un sportif professionnel», nous dit ce grand gaillard d’1m85, au physique imposant.

Issu d’une famille de sportifs, dont la maman, Neeta Persand, a été championne de badminton (elle a notamment participé aux JO de Barcelone en 1992 et glané trois fois l’or aux JIOI), et dont le père, me énormément le foot», Sean prend goût à courir avec toute la famille dès l’âge de 7 ans. Et à taper dans le ballon à l’école. «J’y passais toutes mes récrés ! J’ai été inspiré par Neymar aussi. Quand tu es petit et que tu le regardes, tu as juste envie de jouer…»

Après avoir débuté à l’Academy Football Nord (AFN), où il côtoie notamment Antoine Belcourt (qui évoluera plus tard en équipe de jeunes au Paris FC), il opte pour l’Ibiscus FC de Grand-Baie (à 13 ans), un petit club près de chez lui. Plus pratique pour lui. Mais c’est grâce à la Liverpool Football Academy qu’il va franchir un palier (de 15 à 18 ans) et comprendre qu’il est fait pour être footballeur.

Apprentissage du futsal dans un club de Ligue 2

«A la Liverpool Academy c’était un truc de dingue ! Attends, tu as une équipe qui propose de venir chercher les joueurs à l’école. Tu t’entraines régulièrement. Tu as de très bons coachs, surtout Neil Murphy avec qui je m’entendais bien. Tu es très bien formé. Là, j’ai beaucoup appris. Et à Liverpool, si tu n’avais pas le niveau, bein tu ne jouais pas ! Quand tu grandis, les équipes changent mais si tu n’es pas sérieux, tu ne peux pas aller plus haut. J’ai pris ça vraiment au sérieux à partir de 16 ans. A titre de comparaison, je pense que les meilleurs de cette Liverpool Football Academy sont meilleurs que ceux formés au même âge dans les écoles de foot du LOSC ou du RC Lens», analyse-t-il.

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A 18 ans, il doit toutefois arrêter sa saison en plein milieu après son baccalauréat : c’est le grand départ en France pour poursuivre ses études. Sa sœur aînée est dans le sud, il choisit le nord ! Et c’est parti pour 5 ans d’études en ingénierie informatique à l’INSA de Valenciennes. Après avoir fait une prépa intégrée, notre ami a de bonnes notes et peut se spécialiser en cybersécurité informatique. Il se trouve qu’il va attaquer sa 4e année cette semaine.

Et le foot dans tout ça me direz-vous ? «J’ai tout de suite trouvé un club près de chez moi. J’ai découvert le monde senior, à Aulnoy-lez-Valenciennes, un club de district (niveau départemental)». Mais tout ne se passe pas comme prévu. «Je n’ai pas trop aimé. Je ne me suis pas très bien adapté au groupe», glisse-t-il. C’est finalement à l’AS Summer Valenciennes que le jeune portier mauricien va se relancer et s’aguerrir comme gardien de but.

Mais avant cela, il découvre le futsal à l’université ! Une autre facette du football. Un monde carrément à part, avec des spécificités et des exigences complètement différentes du foot sur gazon. «Dès que je suis arrivé à l’INSA, le pôle d’excellence sportive universitaire me permettait d’avoir des entraînements de futsal. Là, j’ai passé des détections, moi j’étais gardien et polyvalent, donc je m’entraînais 2 fois par semaine, avec en plus de la musculation. Ensuite, j’ai fait des championnats universitaires et on avait de très bons joueurs dans l’équipe», explique Sean Persand. Et là, coup de chance, à travers une connaissance, il décroche un club en Ligue 2, Ascali, où il effectue une saison (2025-2026).

Il n’avait jamais fait de futsal avant mais apprend le métier sur le tas. D’abord remplaçant, il se dit qu’il est là pour apprendre, se tait et bosse en silence, conscient de ressortir gagnant de cette expérience. «J’ai énormément progressé, appris, j’ai grandi ; j’ai découvert le monde senior.» Le futsal c’est bien, mais l’appel du football sur le rectangle vert était quand même plus fort !

image (1) Son passage à l’ex-Liverpool Academy de Côte-d’Or a révélé ses talents de footballeur. En France, il évolue dans l’antichambre du football pro (ici en futsal).

Après avoir énormément cherché, prospectant à droite et à gauche tout seul, il vient juste d’obtenir enfin son graal : un contrat à l’US Maubeuge (en régional 1), avec qui il va débuter cette saison. Une nouvelle aventure qui commence. Un nouvel objectif pour le fan d’Hugo Lloris.

Le temps a passé depuis ses débuts à Maurice. Petit Sean est devenu grand (au sens propre comme au figuré !) et a gravi les échelons. Le plan, c’est toujours d’être ingénieur, bien sûr. Mais, désormais, le rêve d’être un jour footballeur pro n’a plus rien de farfelu. Et prend forme un peu plus chaque jour. En attendant un essai en sélection de jeunes ou avec le Club M un de ces quatre, qui sait ?

*INSA : Institut National des Sciences Appliquées

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