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Directrice de MJ Holidays

Isabelle Descroizilles : «Le leadership commence par l’envie d’aller quelque part et la décision de se mettre en mouvement»

2 septembre 2026, 18:00

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Isabelle Descroizilles : «Le leadership commence par l’envie d’aller quelque part et la décision de se mettre en mouvement»

Forte d’un parcours de près de 30 ans dans le secteur du tourisme et de l’hôtellerie, Isabelle Descroizilles a gravi les échelons avec détermination : responsable commerciale en hôtellerie à 24 ans, directrice générale d’un touropérateur à la tête de 225 collaborateurs à 30 ans, avant de choisir de mettre son expertise au service de structures plus agiles. Aujourd’hui à la tête d’une société de gestion dynamique, elle développe des projets dans la location de vacances de luxe, tout en nourrissant un intérêt marqué pour les énergies renouvelables et la protection de l’environnement. Leader engagée et fédératrice, elle place la loyauté, l’engagement et la sincérité au cœur de sa philosophie managériale. Une inspiration à elle seule.

«Au moment de prendre mon destin en main, j’avais un immense rêve : avoir l’occasion de marcher sur toute la surface de la Terre. En d’autres termes, j’avais une grande soif de découverte, d’aventure et une curiosité infinie pour notre monde. Pour aller dans le sens de ce rêve, il me fallait obtenir la bourse d’excellence du Lycée Labourdonnais, qui me permettrait de partir faire mes études en France. Avoir de l’ambition, c’est capital, mais un rêve sans travail et sans volonté, reste vain.

De retour à Maurice, j’ai rejoint l’industrie touristique, où j’évolue depuis une trentaine d’années avec une passion sans cesse renouvelée. Ce choix m’a donné l’occasion de voyager sur les cinq continents et surtout de découvrir de nombreuses cultures.

Il m’est souvent arrivé de dire oui à des défis alors que je n’avais pas d’idée précise de la manière dont j’allais m’y prendre. Je pense même n’avoir jamais refusé de prendre le lead par peur de ne pas avoir, à cet instant précis, toutes les compétences requises. La compétence se construit ainsi, dans l’action.

À l’aube de mes 30 ans, j’ai participé à la fusion de deux sociétés. J’aurais pu regarder faire, considérant que je n’avais pas l’expérience nécessaire. J’ai choisi de faire exactement l’inverse : m’impliquer, apprendre, aller chercher en moi la rigueur, le courage, mais aussi l’humanité qu’impose un exercice aussi délicat. Cette expérience a certainement forgé mon style de leadership.

Formée initialement en marketing, j’ai accédé très jeune à un poste de General Manager. Il m’a alors fallu apprendre sur le tas les ressources humaines, la finance, les opérations, la relation clientèle, tout en développant mon approche personnelle et, surtout, en gagnant la confiance et le respect des équipes.

Apprendre en faisant est resté une de mes devises. Et je continue d’apprendre, notamment à l’ère de l’intelligence artificielle.

Avec les années, j’ai également compris que le leadership ne se joue pas uniquement dans les grandes décisions. Il se construit surtout au quotidien et dans la relation à l’autre. Être leader, c’est être présente lorsque les choses vont mal, savoir trancher lorsque cela est nécessaire, reconnaître ses erreurs, expliquer les décisions difficiles et donner aux autres suffisamment de confiance pour qu’ils prennent eux aussi leurs responsabilités.

Si vous souhaitez que l’on vous fasse confiance, il faut d’abord commencer par vous faire confiance à vous-même. Et, pour une femme, cela reste parfois plus subtil qu’il n’y paraît. Dans un univers où de nombreux conseils d’administration restent très masculins, l’autorité demeure parfois plus spontanément comprise ou acceptée lorsqu’elle est incarnée par un homme.

Dans les relations hiérarchiques, certains réflexes persistent encore. Une femme à la tête d’un service technique ? On peut encore lui demander d’où lui viennent ses compétences. Une femme exigeante sera parfois qualifiée de «bossy», là où un homme exigeant sera simplement considéré comme professionnel. Une femme qui maîtrise son sujet doit encore, dans certaines situations, démontrer qu’elle le maîtrise.

«The odd one»

Alors oui, être une femme leader ou entrepreneure implique parfois de faire le choix d’être «the odd one», de ne pas occuper le rôle traditionnel que l’on attend de vous, de jouer des coudes ou d’avoir le sentiment de devoir en faire davantage pour obtenir la même légitimité.

Cela demande aussi d’accepter une forme d’exposition supplémentaire : ses décisions, son caractère, sa façon de diriger et parfois même ses priorités sont davantage commentés. Cela exige une certaine résilience et, à certains moments, la capacité d’assumer une forme de solitude. Pour autant, je n’ai jamais considéré cela comme une raison de renoncer. Bien au contraire. J’encourage les femmes à prendre des responsabilités, à entreprendre et à prendre leur place dans les entreprises, les associations et la société civile. Nous avons beaucoup à apporter. La diversité des parcours et des sensibilités enrichit les décisions et permet souvent une approche plus transversale, plus nuancée et plus inclusive.

Le regard porté sur ces formes de leadership évolue progressivement, et c’est une excellente nouvelle. Plus les femmes seront nombreuses à prendre des responsabilités, plus cela deviendra naturel pour celles qui arrivent après elles.

Trente ans plus tard, je reste finalement convaincue que le leadership commence au même endroit que mes rêves de jeunesse : par l’envie d’aller quelque part, puis par la décision de se mettre en mouvement.

Il faut du travail, de la curiosité, de l’audace, de la persévérance et une bonne dose d’humilité. Mais surtout, il faut apprendre à ne pas attendre que quelqu’un d’autre vous donne la permission d’avancer.»

«L’express», en partenariat avec Bloom – The Heart of Business, vous propose deux fois par mois de mettre en valeur l’entrepreneuriat au féminin et de faire évoluer les clichés et les non-dits dans ce domaine.

bloomtheheartofbusiness.com | @bloom_lifebiz_mentor

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