Publicité
Écoutes téléphoniques
Pravind Jugnauth entendu au CCID sur l’acquisition d’équipements
Par
Partager cet article
Écoutes téléphoniques
Pravind Jugnauth entendu au CCID sur l’acquisition d’équipements
■ Me Ivan Collendavelloo, Me Raouf Gulbul et Pravind Jugnauth, au CCID hier. Photo: Tony Fine.
Le face-à-face est désormais engagé. L’ancien Premier ministre et leader du Mouvement socialiste militant, Pravind Jugnauth, a été convoqué au Central Crime Investigation Department (CCID) hier pour s’expliquer sur l’acquisition d’équipements liés à l’interception des communications durant son mandat. Une audition qui intervient près de deux ans après que le dossier de la surveillance des communications a été porté au Parlement. C’est dans ce contexte que Pravind Jugnauth a été entendu hier au CCID.
Arrivé accompagné de ses hommes de loi, dont Me Ivan Collendavelloo, Senior Counsel, et Me Raouf Gulbul, l’ancien Premier ministre a répondu aux questions des enquêteurs portant notamment sur l’acquisition et le fonctionnement du matériel de surveillance. Selon les informations disponibles, l’audition s’est déroulée sans incident. Cependant, l’affaire est loin d’être terminée. Pravind Jugnauth devra se rendre à nouveau au CCID dans environ deux semaines pour la suite de son interrogatoire, afin de compléter sa déposition. Les enquêteurs devraient notamment chercher à approfondir certains aspects techniques, financiers et administratifs entourant le système.
Le dossier reste donc à un stade préliminaire. Mais entre la question parlementaire de février 2024, les Moustass Leaks, les équipements sophistiqués, les sommes engagées et les données potentiellement effacées, une question demeure : jusqu’où remontera l’enquête et qui devra finalement répondre de la mise en place et de l’utilisation de ce dispositif ? Une chose est désormais certaine : Missie Moustass est passé du terrain politique au terrain d’enquête.
Chronologie
En février 2025, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a répondu à une question parlementaire concernant le système de surveillance et les capacités d’interception des communications détenues par l’État. Cette question intervenait déjà dans un contexte où les interrogations étaient nombreuses autour des moyens techniques utilisés pour surveiller certaines communications. Après les élections générales et l’arrivée au pouvoir de Navin Ramgoolam, le dossier a connu un nouveau tournant. C’est lui, en tant que nouveau Premier ministre, qui a fourni des explications sur les premières conclusions d’une enquête menée avec la participation d’experts internationaux et de hauts responsables de la police devant l’Assemblée nationale.
Selon les éléments présentés au Parlement, les investigations ont révélé l’existence d’un système particulièrement sophistiqué permettant l’interception et l’analyse de communications. Les enquêteurs du CCID cherchent désormais à déterminer l’étendue exacte de ce dispositif, les personnes qui pouvaient y avoir accès ainsi que la nature des informations collectées.
Les révélations ont pris une ampleur considérable avec les Moustass Leaks, marqués par la diffusion d’enregistrements de conversations privées impliquant des personnalités politiques, des membres du corps judiciaire, des diplomates, des journalistes et d’autres acteurs de la vie publique. Navin Ramgoolam avait alors fait état de conclusions qualifiées de préoccupantes. Il avait également affirmé que des membres de l’ancien gouvernement et même certaines personnes proches du pouvoir auraient pu être concernés par le système de surveillance.
Autre volet qui intéresse fortement les enquêteurs du CCID : le coût du dispositif. Les chiffres communiqués font état d’investissements de Rs 5,2 milliards, avec notamment des sommes importantes consacrées à l’entretien et à la maintenance des équipements. Une société basée à Dubaï aurait ainsi bénéficié d’un contrat annuel évalué à USD 7,5 millions.
Mais l’enquête ne porte pas uniquement sur les équipements. Les experts internationaux et les enquêteurs mauriciens avaient également cherché à établir ce qui s’était passé au moment du changement de gouvernement. Des éléments auraient été effacés ou certaines installations auraient été «nettoyées». La question centrale est désormais de savoir si des données ou des preuves ont été volontairement détruites.
Les spécialistes travaillent toujours sur la possibilité de récupérer des informations supprimées. Si une destruction intentionnelle de preuves venait à être établie, les responsabilités pourraient être recherchées et les personnes concernées traduites en justice.
Publicité
Publicité
Les plus récents